Nucléaire iranien: Téhéran rappelle à Biden ses exigences
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Nucléaire iranienTéhéran rappelle à Biden ses exigences

Les autorités iraniennes se disent prêtes à respecter l’accord sur le nucléaire, si les actes du nouveau locataire de la Maison-Blanche démontrent qu’il est «un partenaire fiable pour un effort collectif».

Pour l’Iran, «le nouveau gouvernement à Washington est face à un choix fondamental. Il peut reprendre à son compte la politique faillie du gouvernement Trump choisir une meilleure voie».

Pour l’Iran, «le nouveau gouvernement à Washington est face à un choix fondamental. Il peut reprendre à son compte la politique faillie du gouvernement Trump choisir une meilleure voie».

Anadolu Agency via AFP

L’Iran a rappelé vendredi ses exigences au nouveau président américain Joe Biden en vue d’un sauvetage de l’accord sur le nucléaire iranien : une levée «sans conditions» des sanctions, et que Washington renonce à vouloir «arracher des concessions».

A peine deux jours après l’entrée en fonction de Joe Biden, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif publie une tribune dans la revue diplomatique américaine Foreign Affairs sur la façon dont il convient à ses yeux de sauver ce pacte qui menace de voler en éclats depuis que l’ex-président Donald Trump en a sorti les Etats-Unis en 2018.

Mohammad Javad Zarif prévient néanmoins que le chemin sera ardu et que le temps est compté.

«Le nouveau gouvernement à Washington est face à un choix fondamental. Il peut reprendre à son compte la politique faillie du gouvernement Trump (ou) Biden peut choisir une meilleure voie en mettant un terme à la politique de ‹pression maximale› de Trump, qui a échoué, et revenir à l’accord que son prédécesseur a abandonné», écrit-il.

«Respect complet des engagements»

Dans ce cas, «l’Iran reviendra de même au respect complet de (ses) engagements», ajoute-t-il. Mais «si Washington insiste au contraire pour arracher des concessions, cette occasion sera perdue».

En 2015, la République islamique d’Iran et le Groupe des Six (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont conclu à Vienne un Plan d’action global commun (PAGC) censé régler la question nucléaire iranienne après douze années de tensions.

Ce pacte offre à l’Iran un allègement des sanctions internationales le visant en échange d’une limitation drastique de son programme nucléaire et de garanties prouvant qu’il ne cherche pas à acquérir la bombe atomique.

L’Iran dément depuis toujours vouloir fabriquer une telle bombe.

«Effort collectif»

L’accord de Vienne menace néanmoins de voler en éclats après le retrait des Etats-Unis et le rétablissement du même coup des sanctions américaines que le pacte avait permis de lever.

Le retour des sanctions a plongé l’Iran dans une profonde récession. En riposte, Téhéran s’est affranchie depuis 2019 de la plupart de ses engagements clés pris à Vienne.

Jugeant que la politique iranienne de son prédécesseur était un échec, Joe Biden a fait part de son intention de ramener les Etats-Unis dans le giron de l’accord de Vienne.

Mais il a conditionné cela à un retour préalable de l’Iran au respect strict de ses engagements. Or Téhéran demande avant toute chose la levée des sanctions et le respect par Washington de toutes ses obligations.

«Un effort collectif»

«Le nouveau gouvernement américain peut encore sauver l’accord mais seulement s’il peut agréger à Washington une véritable volonté politique permettant de montrer que les Etats-Unis sont prêts à être un partenaire fiable pour un effort collectif», écrit Mohammad Javad Zarif.

«Le gouvernement (Biden) doit commencer par supprimer sans conditions toutes les sanctions imposées (à l’Iran) depuis l’arrivée au pouvoir de Trump», ajoute-t-il. «En retour, l’Iran annulera toutes les mesures correctives qu’il a prises dans le sillage du retrait (des Etats-Unis) de l’accord».

Mohammad Javad Zarif répète ainsi la position de l’Iran selon laquelle ce pays est prêt à revenir au respect plein et entier de ses engagements si les sanctions sont levées et qu’il peut jouir des bénéfices économiques qu’il escompte du PAGC.

(AFP)

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