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Nucléaire iranienTéhéran réaffirme ses «lignes rouges»

Le général Mohammad Ali Jafari, chef des Gardiens de la révolution, estime que l'Iran doit maintenir tous ses sites nucléaires.

Le ministre iranien des Affaires étrangères partage ce pessimisme.

Le ministre iranien des Affaires étrangères partage ce pessimisme.

Keystone

L'Iran doit poursuivre l'enrichissement d'uranium, a appelé mercredi depuis Téhéran le chef de son armée d'élite.

Le pays doit aussi maintenir tous ses sites nucléaires, son réacteur à eau lourde d'Arak et refuser de discuter son programme balistique, a-t-il réclamé au deuxième jour de la réunion à Vienne sur le nucléaire iranien.

Problèmes à venir

Le général Mohammad Ali Jafari, chef des Gardiens de la révolution, veut ainsi préserver les «lignes rouges» de la République islamique, selon l'agence Isna. Il a ajouté «qu'on ne peut pas être optimiste à propos des États-Unis et il semble que les négociations vont rencontrer des problèmes», sans se montrer plus précis, selon l'agence Mehr.

Le ministre iranien des Affaires étrangères partage ce pessimisme. Pour Mohammad Javad Zarif, présent à Vienne, certaines déclarations américaines ces derniers mois ont «créé de grandes inquiétudes en Iran» sur le «sérieux» de Washington dans sa volonté d'arriver à un accord définitif.

«Les négociations sont la seule voie pour résoudre le problème», a-t-il réaffirmé mardi lors d'une discussion via internet organisée par le centre d'études sur le Moyen-Orient de l'université américaine de Denver.

Discussions «utiles», selon l'UE

Les diplomates de l'Union européenne (UE) voient les choses d'un autre oeil. «Un bon travail a été accompli» lors des premières discussions, a déclaré mercredi Michael Mann, porte-parole de la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton, qui mène les pourparlers pour les grandes puissances, sans donner plus de détails.

Une Catherine Ashton dont l'emploi du temps s'est trouvé bouleversé par l'escalade de la violence en Ukraine. Ce qui l'a amenée à convoquer une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE jeudi à 14h00 à Bruxelles, qu'elle présidera en personne.

Négociations ambitieuses

Les hauts responsables des grandes puissances et de l'Iran, réunis à Vienne jusqu'à jeudi, ont lancé des négociations ambitieuses. Leur but est de régler définitivement leur conflit sur le programme nucléaire de Téhéran, soupçonné d'avoir un volet militaire.

Le 24 novembre, l'Iran avait conclu avec le groupe des 5 1 - États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne - un plan d'action sur six mois prévoyant un gel de certaines activités nucléaires sensibles, notamment l'enrichissement d'uranium jusqu'à 20%. En échange, l'Etat islamique avait obtenu la levée d'une petite partie des sanctions qui étranglent son économie.

Entré en vigueur le 20 janvier sous la surveillance resserrée de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce plan doit maintenant être transformé en un accord global garantissant sans l'ombre d'un doute la nature pacifique du programme nucléaire iranien. Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique.

Les négociateurs à Vienne veulent s'efforcer de fixer le cadre et les échéances des prochaines rencontres d'ici le 20 juillet, quand le plan d'action arrivera à son terme. Ce dernier peut être prolongé jusqu'à un an, par consentement mutuel.

(ats)

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