Actualisé 19.05.2020 à 05:09

Covid-19Tenaillés par la faim, les Chiliens protestent violemment

Après que le président Sebastian Piñera a décrété la mise en quarantaine totale de la capitale Santiago vendredi, les habitants pauvres de la banlieue crient leur désespoir et exigent de la nourriture.

par
NXP
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Dans la commune d’El Bosque, au sud de Santiago, le 18 mai 2020.

Dans la commune d’El Bosque, au sud de Santiago, le 18 mai 2020.

AFP

Des habitants d'une ville pauvre de la banlieue de Santiago du Chili, El Bosque, ont affronté lundi la police pour protester contre les pénuries alimentaires en temps de confinement pour cause de coronavirus. Vingt-et-une personnes ont été interpellées.

Les manifestants, portant pour la plupart une capuche et un masque, ont lancé des slogans hostiles à un gouvernement de droite qui, d'après eux, les délaisse. «Ce n'est pas la quarantaine. C'est de l'aide, de la nourriture: voilà ce que demandent les gens en ce moment», a déclaré une habitante, Veronica Abarca.

Des barricades ont été dressées. La violence a monté jusqu'à des affrontements à coups de bâton et de jets de pierre, du côté des manifestants, et de gaz lacrymogène et de canons à eau, du côté des forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un mois sans travail

Le gouvernement du président Sebastian Piñera avait décrété vendredi le confinement de toute la population de la région de la capitale, qui concentre 80% des cas de coronavirus du pays. Mais depuis des mois déjà, l'activité économique, entre autres celle des commerces, de la construction et de divers services, a été ralentie pour tenter de freiner l'épidémie.

La municipalité d'El Bosque a publié un communiqué où elle a dénoncé la détérioration de «la qualité de vie des habitants» et le manque de considération du pouvoir central pour les plus pauvres. «Ce sont ces habitants qui, après plus d'un mois sans pouvoir travailler, sans avoir vu non plus de mesure concrète de la part de l'Etat, protestent aujourd'hui», a écrit le maire.

Avant même la crise sanitaire, le Chili avait connu de longs mois d'agitation sociale et de violences, partis de l'annonce en octobre d'une hausse du prix du ticket de métro à Santiago.

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