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Proche-OrientTensions après des attaques à l'arme blanche

De nouvelles agressions contre des Israéliens ont eu lieu jeudi, créant un climat de grande nervosité en Israël et dans les territoires occupés.

C'est la huitième attaque au couteau contre des juifs en six jours.

C'est la huitième attaque au couteau contre des juifs en six jours.

Reuters

Au moins sept personnes ont été blessées à Jérusalem, Tel-Aviv et près d'une colonie de Cisjordanie occupée dans quatre attaques à l'arme blanche, ont indiqué la police et l'armée israéliennes. L'un des agresseurs a été abattu, deux autres arrêtés tandis que le troisième est encore en fuite.

Depuis le 3 octobre, neuf attaques de ce genre, principalement de la part de jeunes Palestiniens isolés semblant agir sans coordination pour protester contre l'occupation, ont fait deux morts et douze blessés israéliens ou juifs. Quatre des auteurs présumés ont été tués.

Jeudi, à Tel-Aviv, un homme décrit par la police comme un Arabe (ce qui peut signifier qu'il est Palestinien ou Arabe israélien) a blessé quatre personnes, dont une jeune soldate israélienne, avec un tournevis, a relaté la police. L'homme a été pourchassé et abattu par un soldat.

Affrontements dans un camp

Un autre soldat a été poignardé et «modérément blessé» à Afoula, dans le nord de l'Etat hébreu, a indiqué l'armée sur Twitter. Selon un communiqué de la police, l'assaillant, qui a été arrêté, est un «membre d'une minorité», formulation qui se réfère généralement à un Arabe.

En Cisjordanie, un Palestinien a poignardé et grièvement blessé un civil israélien près de la colonie de Kiryat Arba, à l'est d'Hébron, dans un secteur de tensions permanentes entre Palestiniens et colons, a dit l'armée israélienne. L'armée recherche l'agresseur qui a pris la fuite.

Plus tôt dans la journée, un Palestinien de 19 ans du camp de réfugiés de Chouafat à Jérusalem-Est a grièvement blessé au cou un juif orthodoxe israélien à Jérusalem et a été arrêté, a dit la police. Un Palestinien a en outre été tué par les forces de sécurité israéliennes qui étaient venues dans ce camp pour se rendre à la maison de l'auteur de l'attaque.

Etat d'alerte

Mercredi, qualifié de «jour de terreur» par le quotidien Yedioth Ahronoth, trois attaques avaient déjà eu lieu, poussant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à recommander un «état d'alerte maximale». Beaucoup d'Israéliens recommencent à regarder davantage par-dessus leur épaule.

M. Netanyahu a déclaré jeudi qu'Israël était confronté à une «vague de terrorisme», principalement non organisée mais favorisée par les incitations à la haine de la part de l'Autorité Palestinienne, du mouvement islamiste Hamas ou certains pays régionaux.

Un appel signalant à la police un homme suspect tenant un objet ressemblant à un couteau dans la principale rue commerçante de Jérusalem-Ouest a déclenché jeudi un mouvement de foule et une forte mobilisation policière.

Israël a commencé à installer des détecteurs de métaux dans la Vieille ville de Jérusalem, haut lieu religieux et touristique. Habituellement grouillante, la Vieille ville située à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, n'était arpentée jeudi que par des centaines de policiers ainsi que par des touristes et pèlerins.

Esplanade des Mosquées interdite

Les violences qui secouent Jérusalem et la Cisjordanie suscitent depuis une semaine des comparaisons avec les Intifadas de 1987 et 2000. Les Palestiniens, souvent des jeunes, laissent exploser leur colère contre des décennies d'occupation et d'attente de leur Etat. L'esplanade des Mosquées à Jérusalem sert de cri de ralliement.

Benjamin Netanyahu a interdit aux députés et aux ministres de se rendre sur l'esplanade des Mosquées. Mais de telles visites sont considérées par les Palestiniens comme des provocations. Le contrôle de l'esplanade, lieu saint pour les musulmans et les juifs, constitue un facteur primordial de tensions.

Israël a par ailleurs de nouveau interdit l'accès de l'esplanade des Mosquées aux hommes de moins de 50 ans pour la grande prière hebdomadaire musulmane de vendredi. De telles restrictions d'âge visent à réduire le risque de heurts sur ou aux abords immédiats de l'esplanade.

Les députés arabes du Parlement israélien, solidaires des Palestiniens, ont décidé de défier l'interdit.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a lui aussi paru vouloir empêcher une escalade. Il a prôné une «résistance populaire pacifique» tout en lançant à Israël: «éloignez-vous de nos lieux saints».

(ats)

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