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Canton de GenèveTenue correcte exigée à l'école primaire

Une enseignante genevoise a envoyé un courrier aux parents pour rappeler quelques règles élémentaires en matière vestimentaire.

par
Valérie Duby
«Le problème des habits en décalage avec la vie scolaire revient chaque année avec les beaux jours», constate Isabelle Vuillemin, directrice du service de l'enseignement à la DGEO.

«Le problème des habits en décalage avec la vie scolaire revient chaque année avec les beaux jours», constate Isabelle Vuillemin, directrice du service de l'enseignement à la DGEO.

Jean-Guy Python/Christian Bonzon (montage)

Les beaux jours sont arrivés et, avec eux, des tenues plus légères. Légères? Oui, mais pas trop. Une enseignante genevoise de l'école des Ouches a écrit récemment aux parents d'élèves de 8P afin de leur rappeler certaines règles élémentaires. La maîtresse de ces enfants de 11 ou 12 ans (en dernière année primaire) a souhaité attirer l'attention des adultes sur le fait qu'un certain code vestimentaire était à respecter. «Ainsi, écrit-elle, je vous demande de bien vouloir contrôler que les vêtements de vos enfants ne soient ni trop courts, ni transparents, ni décolletés, laissant transparaître les sous-vêtements de certaines et de certains au reste de la classe et aux autres élèves de l'établissement.»

«Message positif»

En clair, et même si c'est la mode, les minishorts, les minijupes et les T-shirts transparents sont à proscrire pour les filles. L'avertissement s'adresse également aux garçons qui ont tendance à laisser tomber leur pantalon pour montrer leurs slips ou leurs caleçons. L'institutrice recommande aux parents de «bien vouloir contrôler le besoin éventuel d'une ceinture».

«J'avais le sentiment que ce sujet concernait davantage les élèves plus grands», constate Anne Thorel-Ruegsegger, coordinatrice du GAPP (Groupement des associations de parents d'élèves au primaire). Papa de l'un des élèves de 8P qui a reçu la missive, le conseiller municipal UDC Eric Bertinat reconnaît avoir «bien accueilli» le courrier, même s'il s'est montré surpris. «En réalité, j'ai été surpris par le courage et l'autorité de cette enseignante, explique-t-il. Car aborder la problématique de la décence vestimentaire et de la mode à l'école va plutôt à contre-courant!» poursuit l'un des auteurs d'un projet de loi au Grand Conseil demandant à ce que, à l'intérieur des établissements, les élèves se montrent tête nue.

Le courrier de l'enseignante ne se contente pas de signifier des interdictions. Il rappelle «en bonne intelligence», selon les termes d'Eric Bertinat, qu'adapter sa tenue au cadre scolaire va de pair avec l'adaptation au cadre professionnel auquel les enfants seront confrontés par la suite: pour certains dans trois ans, juste après le Cycle d'orientation. Bref, Eric Bertinat apprécie l'intégralité de ce message «positif qui aborde toutes sortes de problématiques, y compris celles liées à la vie en communauté. On ne peut pas laisser les enfants faire n'importe quoi en primaire. Au Cycle, c'est pire! Je suis sûr aussi que des parents sont contents de pouvoir s'effacer devant un tel message!» Vice-présidente de la commission de l'enseignement, Nathalie Fontanet (PLR) regrette pour sa part que ce soit les enseignants qui doivent rappeler cela aux parents: «Cela fait partie de l'éducation me semble-t-il.»

Tenues négligées

Directrice du service de l'enseignement à la Direction générale de l'enseignement obligatoire primaire, Isabelle Vuillemin constate que le problème des habits revient chaque année. «Certaines tenues, trop négligées ou en décalage avec la vie scolaire, comme les minishorts ou le port de casquettes, peuvent parfois être problématiques. Nous sommes alertés de manière ponctuelle mais, en l'état, on ne peut pas dire que la situation soit particulièrement difficile», rassure la directrice.

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