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FranceTerreur familiale: «Maman, je ne veux pas mourir!»

Un homme est jugé depuis mercredi à Evry, pour avoir battu sa femme avec un bâton clouté, avant de la poursuivre avec un hachoir et de faire exploser sa maison, à Corbeil-Essonnes, en 2013.

Voilà plus de vingt ans que cette femme se disait victime de l'alcoolisme et des violences de son mari.

Voilà plus de vingt ans que cette femme se disait victime de l'alcoolisme et des violences de son mari.

Photo d'illustration, Keystone

De cette dramatique soirée, la femme de l'accusé ne garde qu'une image: la détresse de son fils. «Mon coeur s'est cassé...»

Les appels à l'aide de son garçon, alors âgé de 13 ans, hantent chaque jour l'esprit de cette petite femme en noir, qui témoigne devant la cour d'assises, à quelques mètres de son ex-mari, 55 ans, jugé pour une double tentative de meurtre et qui reconnaît «une partie» des faits.

«Il criait: Au secours! Aidez-nous! Maman, je ne veux pas mourir!» raconte-t-elle en larmes. A ce moment-là, elle est réfugiée avec lui dans une chambre à l'étage, derrière une porte close, que le père fracasse à coups de hachoir en hurlant qu'il va les tuer.

Ils pleurent l'un et l'autre, terrorisés par cet homme alcoolisé, qui refuse le divorce demandé la veille.

Une idée traverse alors l'esprit du jeune garçon: sauter par la fenêtre. «Sinon, il va nous tuer», sanglote-t-il. Mais un coup de sonnette interrompt son plan: «Police! Ouvrez-nous!» Fin des coups de hachoirs.

Une voix derrière la porte: «Maintenant, je descends ouvrir le gaz pour vous tuer.» Quelques minutes plus tard, l'odeur se répand dans la maison. «Je pensais que j'allais mourir», raconte la mère. «Mais je n'ai rien dit à mon fils.»

Soudain, c'est «comme une bombe très forte». Le mari vient d'allumer un briquet. Le plafond s'effondre en partie. «J'ai entendu crier tout le monde», dit-elle.

Les policiers à l'extérieur sont projetés au sol par le souffle de l'explosion. «C'est comme dans les films: on voit tout au ralenti», témoigne un policier encore marqué psychologiquement. «Quand on voit ça, pour nous, tout le monde est mort dedans. C'est pas possible autrement.»

Scène d'horreur

Au milieu de la fumée pourtant, rien que des blessés légers. Encore sous le choc, la mère et le fils sont tirés hors de la chambre par un pompier, à travers le trou de la porte.

Le père, lui, sort des décombres par la fenêtre de la cuisine, «dans une épaisse fumée, totalement désorienté», raconte un policier, qui se précipite avec des collègues pour le menotter et le transporter, à l'horizontale, dans un véhicule, tandis que son beau-frère, également sur place, lui assène des coups de pieds.

Ce jour-là, l'accusé avait enchaîné les whisky, dans le noir. Il s'était disputé la veille avec son fils et sa femme, qu'il avait prise à la gorge et menacée de mort, selon elle, après une demande de séparation.

«Mais il m'avait envoyé un texto pour dire qu'il acceptait le divorce et qu'il fallait rentrer», explique-t-elle.

Lorsqu'elle arrive le soir, accompagnée de son fils et de son neveu, à qui elle a demandé de l'épauler «par crainte», il est équipé d'un bâton à vis et commence à la frapper.

«J'ai dit aux enfants de s'enfuir», assure-t-elle. «Le sang coulait (...) mais je voulais le coincer pour qu'ils s'enfuient.»

Ces deux derniers le désarment. Il disparaît dans la cuisine pour resurgir avec un hachoir de boucher, dont il se sert pour fracasser la porte de la chambre quelques secondes plus tard, le neveu ayant réussi à prendre la fuite.

Précédents

Voilà plus de vingt ans que cette femme, qui a épousé l'accusé au Vietnam, leur pays natal, en 1992, se disait victime de l'alcoolisme et des violences de son mari. «Il buvait beaucoup d'alcool. Moi, j'étais l'esclave de la maison», assure-t-elle.

Après un premier divorce en 2003 et malgré une haine tenace entre leurs deux familles, elle renoue pourtant le contact avec lui deux ans plus tard, allant même jusqu'à se remarier en 2010.

«Je pensais qu'il allait changer. J'avais encore des sentiments, même si je sais qu'il est méchant. Je voulais une famille...»

Verdict vendredi.

(AFP)

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