Suisse: TF: les avocats de Sperisen réclament sa libération

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SuisseTF: les avocats de Sperisen réclament sa libération

Après avoir été déboutés à Genève, les avocats de l'ex-chef de la police du Guatemala demandent sa mise en liberté auprès du Tribunal fédéral.

Les avocats d'Erwin Sperisen, Giorgio Campa et Florian Baier, mettent en doute la validité des témoignages. (Mercredi 31 mai 2017)

Les avocats d'Erwin Sperisen, Giorgio Campa et Florian Baier, mettent en doute la validité des témoignages. (Mercredi 31 mai 2017)

Archives, AFP

Les avocats d'Erwin Sperisen ont saisi le Tribunal fédéral (TF) d'une demande de mise en liberté de leur client, après avoir été déboutés par la justice genevoise sur cette question. Ils appuient leur requête en émettant des doutes sur la sincérité des témoins qui ont permis la condamnation de l'ex-chef de la police du Guatemala.

Témoignages contestés

«Nous avons appris incidemment que des témoins guatémaltèques ont bénéficié d'un programme de protection et qu'au moins deux d'entre eux ont déménagé avec leur famille au Canada», ont expliqué mercredi Giorgio Campa et Florian Baier. Pour les avocats, les avantages qu'ont reçus ces personnes jettent une ombre sur leurs déclarations.

S'appuyant sur un avis de droit du professeur et conseiller aux Etats zurichois Daniel Jositsch, les deux hommes de loi estiment que les dépositions de ces témoins protégés sont inexploitables en Suisse. Elles le sont d'autant plus dans la procédure contre Erwin Sperisen, que l'information n'a jamais filtré.

Détails pas connus

Les témoignages ainsi récoltés doivent être examinés avec beaucoup de réserve, ont relevé les défenseurs d'Erwin Sperisen. Ces derniers ont indiqué ignorer la nature exacte du marché qui a été passé avec les témoins pour obtenir leur déposition. Ils considèrent toutefois qu'il y a eu avantage.

C'est fort de ces arguments que Giorgio Campa et Florian Baier se sont adressés au TF. Ils espèrent que la juridiction suprême rende une décision sur leur demande de mise en liberté d'Erwin Sperisen dans les semaines qui viennent. Ils attendent par ailleurs toujours que Mon Repos tranche sur le fond de l'affaire.

Erwin Sperisen a été condamné à la prison à vie par la justice genevoise, en mai 2015. Double national suisse et guatémaltèque, le colosse de 46 ans, surnommé le Viking, a été reconnu coupable d'avoir pris part à l'exécution extrajudiciaire de dix détenus entre 2005 et 2006, alors qu'il dirigeait la police guatémaltèque.

Durée exceptionnelle

Erwin Sperisen a recouru devant le TF contre ce verdict en septembre 2015. La décision des juges se fait attendre depuis presque 22 mois, ont rappelé MM. Campa et Baier. Les avocats ont à nouveau insisté sur le caractère exceptionnel d'une telle durée pour une procédure de recours au Tribunal fédéral.

Voilà 5 ans qu'Erwin Sperisen se trouve à l'isolement, ont rappelé ses défenseurs. Il dispose de deux heures de visite hebdomadaire, dont une qu'il consacre à ses enfants. Son quotidien se résume à passer 23 heures sur 24 dans sa cellule et d'éviter tout contact avec d'autres détenus, vu les faits pour lesquels il a été condamné.

Il perd toute notion d'interaction sociale, a noté M.Baier. Aux yeux de M.Campa, Erwin Sperisen est soumis à un traitement dégradant. Le professeur de droit Christian-Nils Robert, qui assistait à la conférence de presse, a aussi déploré l'extrême longueur de cette détention préventive pour motif de sûreté.

Les défenseurs d'Erwin Sperisen ont saisi le TF d'un autre recours. L'ancien patron de la police du Guatemala avait donné son accord pour un entretien face caméra avec la RTS. Or, cette interview lui a été refusée, car elle pouvait lui porter préjudice. Pour MM. Campa et Baier, il s'agit d'une violation de la liberté d'expression.

(ats)

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