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Royaume-UniTheresa May reporte le vote sur l'accord de Brexit

La première ministre britannique a annoncé lundi au parlement le report du vote sur l'accord de Brexit. Le vote était prévu ce mardi à la Chambre des communes.

Theresa May a annoncé lundi le report sine die du vote prévu mardi sur l'accord de Brexit à la Chambre des communes. Elle ne disposait pas de majorité en raison d'une conjonction des oppositions au texte entériné par les Européens.

L'une des pierres d'achoppement concerne la clause de sauvegarde («backstop») qui doit empêcher le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, supprimée depuis les accords de paix de 1998.

«Si nous organisions le vote comme prévu demain, l'accord aurait des chances importantes d'être rejeté», a expliqué Mme May aux députés, tout en leur répétant que son texte était le meilleur possible. «Nous allons donc reporter le vote prévu demain et nous n'allons pas diviser la chambre en cette période», a-t-elle poursuivi.

En attendant, la première ministre a annoncé avoir demandé à son gouvernement d'accélérer les préparatifs pour une sortie sans accord de l'Union européenne, redoutée par les milieux économiques.

Nouvelles négociations

Theresa May n'a pas fourni de date pour la consultation des députés, qui pourrait intervenir après Noël selon certaines sources. Mais elle a tenté de se montrer rassurante en annonçant qu'elle allait renégocier certaines dispositions de l'accord avec les Européens.

S'exprimant devant la Chambre des communes, la cheffe du gouvernement a précisé qu'elle avait eu des contacts avec ses partenaires européens et que ceux-ci, a-t-elle affirmé, étaient ouverts à la discussion.

Réagissant sur Twitter, le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé la convocation d'un sommet consacré au Brexit jeudi à Bruxelles, au premier jour du sommet européen pour répondre aux préoccupations des Britanniques. Mais il a exclu toute renégociation de l'accord.

La déclaration de Mme May a aussi été rapidement contredite par Paris et Berlin.

Gouvernement «en plein chaos»

Les partisans du Brexit exigent que la clause de sauvegarde soit limitée dans le temps car dans le cas contraire, font-ils valoir, le Royaume-Uni se trouverait dans une situation de dépendance infinie à l'égard de l'UE.

Commentant l'annonce du report du vote, le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a dénoncé une situation «sans précédent» et un «gouvernent en plein chaos». Il a demandé à Mme May de laisser la place au Labour si elle n'est pas capable de faire modifier l'accord sur le Brexit afin qu'il soit adopté par le Parlement.

«La Première ministre tente de se donner une dernière chance pour sauver cet accord. Si elle ne prend pas en compte les changements fondamentaux qui sont nécessaires, alors qu'elle laisse la place à ceux qui sont capables de le faire», a-t-il dit aux députés.

Le dirigeant du Parti libéral démocrate, Vince Cable, favorable au maintien dans l'Union européenne, a pour sa part estimé qu'«avec le fiasco d'aujourd'hui, le gouvernement a vraiment perdu toute autorité». Il a annoncé que son parti soutiendrait une motion de défiance contre Theresa May si le Parti travailliste en dépose une.

Londres libre de changer d'avis

Plus tôt dans la journée, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait estimé que le Royaume-Uni était libre de revenir unilatéralement sur sa décision de quitter l'UE, sans même consulter les autres pays membres.

Cet arrêt est conforme à l'avis rendu mardi dernier par l'avocat général de la CJUE, dont les propos ont relancé les espoirs des anti-Brexit quant à la possibilité d'organiser un nouveau référendum susceptible d'empêcher une sortie du pays de l'UE. Il contredit la position de la Commission européenne selon laquelle Londres aurait dû demander aux autres Etats membres la permission d'abandonner sa procédure de retrait.

La France organise sa législation en prévision du Brexit

L'assemblée nationale française a voté dans la nuit de lundi à mardi le projet de loi permettant au gouvernement de se prémunir via de futures ordonnances de toute forme que prendrait la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Le texte prévoit notamment un Brexit sans accord. Le projet de loi français, voté par 41 voix pour, aucune voix contre et 6 abstentions, vise notamment à protéger les Français ayant vécu au Royaume-Uni et revenant en France et les Britanniques se trouvant en France pour qu'ils ne se retrouvent pas brutalement en situation irrégulière. Il précise les droits sociaux applicables pour chacun. La reconnaissance des diplômes et des qualifications professionnelles, la validation des droits au chômage et à la retraite sont notamment concernées.

(AFP)

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