Football: Tholot et Fernandez expliquent comment Zidane a mûri

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FootballTholot et Fernandez expliquent comment Zidane a mûri

Zinédine Zidane, qui vise une troisième Ligue des champions comme coach, fut un jeune homme effacé. Il a su devenir un grand manager. Les témoignages de Didier Tholot et Luis Fernandez.

par
Simon Meier
Zinédine Zidane vise déjà une troisième Ligue des champions en tant que coach du Real Madrid.

Zinédine Zidane vise déjà une troisième Ligue des champions en tant que coach du Real Madrid.

AFP

Coach Zinédine Zidane pourrait bien, si tout ne se passe pas très mal pour le Real Madrid ce mardi soir contre le Bayern Munich (20h45), accéder à sa troisième finale de Ligue des champions consécutive – il en a déjà gagné deux. Ce que tant de grands entraîneurs ont mis une vie à ne pas réussir, lui l'a réalisé en un temps record. La performance du manager s'avère d'autant plus fantastique, si l'on songe au jeune Zinédine, discret voire transparent, taiseux voire muet.

«Ce que fait Zizou à Madrid? Fantastique, exceptionnel, phénoménal», s'emballe Luis Fernandez, joint hier entre deux réunions au PSG. On demande à l'ex-international français de vite ouvrir l'album souvenirs, puisqu'il faisait office de grand frère sur le terrain, le 8 septembre 1990, lorsque Zidane fêtait ses débuts en 1re division avec l'AS Cannes. «C'est vrai qu'on ne parle pas de la même personne, par rapport au gamin que j'ai connu, relance Fernandez. Mais je ne suis pas surpris du tout par sa réussite, parce qu'il a abordé cette carrière d'entraîneur comme tout ce qu'il avait entrepris auparavant: avec humilité, simplicité et sérieux.»

Intelligent

Derrière les mots, il y a les faits. Entre le coup de boule qui avait clos sa carrière de joueur (juillet 2006) et le moment où Zidane a succédé à Rafael Benitez sur le banc du Real (janvier 2016), une décennie a passé. «Parce que c'est quelqu'un d'intelligent, il a fait les choses dans l'ordre. Il a regardé, voyagé, appris, il s'est donné le temps, apprécie Didier Tholot, qui fut son coéquipier lors de la saison 1995-1996 à Bordeaux. À l'époque, je n'aurais pas misé un sou sur le fait que Zidane puisse devenir entraîneur – au Real ou ailleurs. Il était tellement introverti, si peu tourné vers les autres… Mais si vous m'aviez demandé s'il allait avoir du succès lorsqu'il a été nommé à Madrid, je vous aurais dit oui. Parce qu'il était prêt.»

Conseiller du président Florentino Perez dès 2009, directeur sportif en 2011 lorsque Jorge Valdano a été éconduit, Zidane, en plus de parcourir tous les étages du Real, a pu observer Manuel Pellegrini et José Mourinho au travail. Durant la saison 13-14, il a servi de coach assistant à Carlo Ancelotti (victoire en Ligue des champions), tout en validant son diplôme de manager général dans un institut spécialisé à Limoges. Dix-huit mois comme coach de la réserve du Real (3e division), durant lesquels il valide son sésame UEFA Pro, et l'oiseau peut s'envoler.

Sérénité, calme et confiance

Qui aurait imaginé le voir atteindre de telles altitudes, si vite? Personne. Mais à bien y réfléchir, le destin de Zizou coule de source: «Vu le niveau qu'il avait joueur, il n'est forcément pas trop mauvais question tactique, rigole Tholot. Il transmet sérénité, calme et confiance, y compris dans les moments difficiles, comme au match aller contre le PSG en 8e de finale. C'est le premier à avoir su gérer Cristiano Ronaldo en lui faisant comprendre que, s'il renonçait à quelques matches en début de saison, il serait meilleur à la fin. Il savait exactement où il voulait aller et il a tout mis en œuvre pour y parvenir.»

Voilà, à peu près, la définition d'un grand homme et d'un immense entraîneur.

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