Conseil fédéral: Thomas Hurter: un dur en affaires politiques
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Conseil fédéralThomas Hurter: un dur en affaires politiques

Il se dit optimiste et décideur: le candidat de l'UDC préfère parfois faire un mauvais choix plutôt que de n'en faire aucun.

Thomas Hurter né le 1er novembre 1963 à Zurich.

Thomas Hurter né le 1er novembre 1963 à Zurich.

Keystone

L'assurance ne fait pas défaut au conseiller national schaffhousois: il se croit pleinement capable d'assumer la charge de conseiller fédéral, même s'il n'est entré que tardivement dans la politique, à 40 ans.

Outre son mandat sous la Coupole fédérale, Thomas Hurter est député au Parlement schaffhousois, où il a été réélu avec un excellent score en octobre. A cela s'ajoute un pensum de 60% comme pilote de ligne long-courrier chez Swiss. Il serait le premier conseiller fédéral du canton de Schaffhouse.

Thomas Hurter passe pour être ouvert et fiable, des qualités pour lesquelles il est apprécié hors de l'UDC aussi. Ainsi, la conseillère nationale Martina Munz (PS/SH) dit de lui qu'il reste toujours factuel, jamais offensant ou désobligeant.

La carrière politique de cet ancien pilote militaire et pilote de ligne est fulgurante: en 2003, il entre au conseil scolaire municipal. Depuis 2005, il siège au Parlement cantonal, en 2007 il est élu au Conseil national. A peine une année plus tard, il s'avance lorsqu'il s'agit de trouver un successeur à Samuel Schmid au Conseil fédéral.

L'UDC cantonale le place alors sur un double ticket avec le conseiller aux Etats Hannes Germann, mais Thomas Hurter se déclare hors course peu après. Il explique sa précipitation par le fait qu'il n'y avait pas de candidats UDC. Quand Ueli Maurer et Bruno Zuppiger sont sortis du bois, il a préféré se retirer. En 2011, il soutient la candidature de Hannes Germann.

Commission de la politique de sécurité

Entre-temps, Thomas Hurter s'est fait un nom au Conseil national, notamment comme président de la commission de la politique de sécurité et président de la sous-commission pour le remplacement des avions Tiger.

Outre la sécurité et les transports, la politique économique lui tient à coeur, en particulier le soutien aux PME. L'UDC ferait bien de mieux défendre leurs intérêts, critique-t-il son propre parti. Il entend également promouvoir la science et la recherche afin que la Suisse puisse maintenir sa position dans ce domaine.

Thomas Hurter passe pour être un des candidats dont la politique s'aligne sur celle du parti mais qui ne sont pas dogmatiques. Il cherche volontiers le compromis, mais n'entame pas de discussion en adoptant cette attitude, affirme-t-il. Il s'agit de négocier dans une position forte.

Idem pour l'application de l'initiative sur l'immigration de masse. «Tout le monde explique pourquoi elle ne va pas», dit Thomas Hurter. Mais l'Europe trouve aussi son intérêt dans les accords bilatéraux et la Suisse peut faire peser différents sujets dans la balance, comme les transports, les impôts ou la migration.

Pas d'abandon des bilatérales

«Il faut trouver une voie sans abandonner les bilatérales. Ce sujet n'est pas d'actualité en ce moment», souligne-t-il. Concernant la Convention européenne des droits de l'homme, sa position n'est pas boulonnée non plus. Pour lui, il y a des réserves à apporter, mais la résiliation n'est pas la seule solution.

Le Schaffhousois n'hésite pas à s'afficher lorsque ses opinions divergent de la ligne de l'UDC. C'est sans doute le plus clairement le cas dans les questions de société. Ainsi, il est ouvert à l'adoption pour les couples de même sexe. «Le modèle de famille classique est important mais le bien de l'enfant prime», explique-t-il.

Initialement, Thomas Hurter est entré à l'UDC en raison de sa femme, juge à Schaffhouse et juge suppléante au Tribunal fédéral. De 1996 à 2004, elle a été vice-présidente de l'UDC Suisse. Aujourd'hui, elle préside le Parlement de la ville de Schaffhouse.

Un accident mineur est à l'origine de leur relation: lors d'un mariage, le pilote a touché la voiture garée de sa future femme. Le couple a deux filles âgées de 16 et 18 ans.

(ats)

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