05.08.2016 à 14:24

JO 2016Tiffany Géroudet face à une Brésilienne

L'épéiste sédunoise Tiffany Géroudet affrontera samedi Rayssa Costa au 1er tour dans l'épreuve à l'épée des JO de Rio.

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La joie de Nino Schurter avec sa médaille d'or autour du cou sur le podium (21 août 2016).

La joie de Nino Schurter avec sa médaille d'or autour du cou sur le podium (21 août 2016).

Keystone
Avec trois médailles d'or, deux d'argent et deux de bronze, l'objectif minimal a été dépassé pour la Suisse à Rio.

Avec trois médailles d'or, deux d'argent et deux de bronze, l'objectif minimal a été dépassé pour la Suisse à Rio.

Keystone
Après des médailles de bronze et d'argent en 2008 et 2012, Nino Schurter s'est enfin paré d'or en VTT (21 août 2016).

Après des médailles de bronze et d'argent en 2008 et 2012, Nino Schurter s'est enfin paré d'or en VTT (21 août 2016).

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Grâce à son nouvel entraîneur, depuis deux ans, Tiffany Géroudet a retrouvé le plaisir de tirer. L'ancien, Angelo Mazzoni, lui arrachait les larmes par son autoritarisme.

Mais le plaisir sera-t-il suffisant pour permettre à l'épéiste sédunoise de briller samedi à Rio?

«Elle a la rage»

Géroudet affrontera au 1er tour la Brésilienne Rayssa Costa avant de se coltiner, en cas de succès, la Tunisienne Sarra Besbes, une adversaire qu'elle connaît bien depuis ses stages parisiens sous l'égide du maître Daniel Levavasseur.

«Elle a la rage», dit la Valaisanne. Mais pas de quoi l'effrayer, car Géroudet elle aussi a des arguments: «Quand mon jeu sort bien, il m'arrive de m'impressionner moi-même. Mais ce n'est pas toujours le cas.»

La championne du monde juniors 2006 a toujours passé pour une gauchère douée et parfois imprévisible, mais à qui manquent parfois cette «niaque» et cette agressivité qui peuvent faire la différence. Géroudet aime s'imposer à sa manière, plus douce, en se fiant à son instinct. Son titre de championne d'Europe 2011 ne tombait pas du ciel. La jeune femme est bourrée de talent.

Redonné goût à l'escrime

Paradoxalement, elle a obtenu ce sacre sous l'ère Mazzoni, l'entraîneur italien qu'elle a fini par ne plus pouvoir supporter. «Il voulait sans cesse m'imposer les choses, sa façon de voir, Alors que moi, j'ai besoin de suivre mon instinct. Avec le temps, après les JO de Londres, je n'en pouvais plus, je rentrais de l'entraînement en pleurant. J'en avais marre. Je voulais tout arrêter. Mais mes proches et mon club m'ont dit que je ne pouvais pas tout plaquer à cause d'un entraîneur. Heureusement, Mazzoni est parti (au printemps 2014) et Hervé Faget (l'entraîneur français) est arrivé. Il m'a redonné goût à l'escrime. Lui, il est là pour m'encourager, il n'impose pas.»

Angelo Mazzoni est aujourd'hui en charge de l'équipe de Russie. «Cela lui va très bien d'être allé en Russie», glisse Tiffany Géroudet, en référence au style autoritaire de l'entraîneur italien. Du reste, précise-t-elle, Mazzoni et Gianni Muzio, qui autrefois dirigeaient l'équipe de Suisse en tandem, sont brouillés et ne se parlent plus. Par ailleurs, Hervé Faget a l'avantage d'être gaucher, comme Géroudet.

Finir en beauté

La Valaisanne s'entraîne beaucoup avec les hommes de l'équipe de Suisse B, à défaut de partenaires féminines à sa hauteur au pays. Il n'y a guère que la Chaux-de-Fonnière Pauline Brunner, qui du reste l'accompagne à Rio. Sinon, Géroudet compte sur ses stages à Paris ou en Espagne - comme récemment au contact des Chinoises - pour s'affûter.

Rio, comme déjà annoncé, représente son dernier défi. Cette ingénieure en agro-alimentaire est un peu fatiguée de finir ses journées à 21h30, après le travail et l'entraînement. «J'ai envie d'autres choses, dans le sport mais pas seulement. J'ai plein d'inspirations.»

Elle en aura aussi besoin samedi, à Rio, pour finir en beauté. Et elle comptera sur l'avantage psychologique que lui confère, à ses yeux, le fait d'avoir décroché son ticket en dernière minute, grâce à sa victoire au tournoi de zone de Prague, en avril, remporté alors qu'elle était au pied du mur.

(ATs)

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