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Climat«Time for action» à la COP25

Les négociateurs qui se réuniront à la COP25 à Madrid du 2 au 13 décembre auront pour tâche de trouver des solutions urgentes face au dérèglement climatique.

Quatre rapports scientifiques de l'ONU sur la situation climatique de la planète attestent de l'urgence à agir pour les négociateurs qui se réuniront à Madrid dès le 2 décembre.

Quatre rapports scientifiques de l'ONU sur la situation climatique de la planète attestent de l'urgence à agir pour les négociateurs qui se réuniront à Madrid dès le 2 décembre.

Keystone

«Time for action»: le moment d'agir. Le slogan de cette 25e réunion annuelle de l'ONU sur le climat (COP25) est limpide. Records de chaleur, multiplication des catastrophes météo, fonte des glaces, déclin de la nature: les preuves de l'impact dévastateur des activités humaines sur la planète s'accumulent, attestant de l'urgence à agir, en particulier contre le dérèglement climatique.

En moins d'un an, quatre rapports des scientifiques de l'ONU sur l'état de la planète ont sonné comme des coups de tonnerre réveillant des citoyens du monde entier. Un constat alarmant qui met la pression sur les signataires de l'Accord de Paris sur le climat réunis à partir de lundi à Madrid pour la COP25.

Les négociateurs entendront-ils le cri des jeunes descendus dans la rue par millions ces derniers mois, inspirés par la jeune militante suédoise Greta Thunberg?

Nombre d'observateurs craignent que ce rendez-vous, transféré en urgence à Madrid en raison du mouvement social au Chili, ne soit pas à la hauteur de l'urgence. «Cette COP-là risque de ne pas répondre à ces attentes, parce que sur cette question de l'ambition, la réponse ce sera l'an prochain», prédit Lola Valejo, analyste à l'Institut du développement durable et des relations internationale (IDDRI).

«Aucun signe»

L'accord de Paris de 2015 prévoit que les quelque 200 pays signataires révisent d'ici à la fin de 2020 leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le point de mire de beaucoup d'entre eux est donc pour dans un an.

Pour l'instant, 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements d'ici à 2020. Mais ces États ne représentent que 8% des émissions mondiales, selon les experts, qui doutent que la Chine ou l'UE dévoilent leurs intentions avant le milieu de l'année prochaine. Sans parler des États-Unis, qui viennent de confirmer leur retrait de l'accord de Paris l'an prochain.

Pourtant, la mise en garde lancée mardi par l'ONU n'a jamais été aussi claire - et «sombre» à la fois. Pour que l'espoir de limiter le réchauffement à 1,5°C, ambition idéale de l'Accord de Paris, ne s'envole pas, il faudrait réduire les émissions de CO2 de 7,6% par an, chaque année dès l'an prochain et jusqu'à 2030.

Mais pour l'instant, il n'y a «aucun signe» laissant penser que ces émissions générées en particulier par les énergies fossiles, qui augmentent chaque année, commenceront à baisser dans les prochaines années.

Vu l'ampleur de la tâche, qui passera par une véritable transformation de la société, «nous ne pouvons pas attendre jusqu'à la COP26», insiste auprès de l'AFP Carlos Fuller, négociateur en chef pour le groupe des États insulaires, particulièrement vulnérables au dérèglement climatique.

«Comme des somnambules...»

Hausse du niveau des mers, fonte des glaces, ouragans plus puissants, écosystèmes ravagés, un million d'espèces menacées... Plusieurs rapports de l'ONU particulièrement alarmistes ont mis en lumière ces derniers mois les impacts dévastateurs des activités humaines sur la planète.

Les quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète. Avec notamment le mois le plus chaud de l'histoire en juillet, 2019 devrait rejoindre le top 5 et pourrait même se classer 2e ou 3e, selon l'Agence océanique et atmosphérique américaine NOAA.

Et ce n'est que le début. Le monde a gagné environ 1°C depuis l'ère pré-industrielle. Mais si le mercure continue de grimper au rythme actuel sous l'effet des émissions de gaz à effet de serre, le seuil de 1,5°C, objectif idéal de l'Accord de Paris, devrait être atteint entre 2030 et 2052, selon les experts sur le climat de l'ONU (Giec).

Même si les États tiennent leurs engagements de réduction d'émissions, ce sera au moins 3°C d'ici à la fin du siècle, alors que chaque demi-degré supplémentaire augmente l'intensité et/ou la fréquence de catastrophes météo comme les canicules, les tempêtes, les sécheresses ou les inondations.

En outre, des scientifiques qui travaillent sur de nouveaux modèles climatiques qui serviront de base au prochain rapport du Giec de 2021 laissent présager un réchauffement encore plus prononcé que prévu, avec un scénario du pire de 7°C en 2100 (contre des prévisions au pire de 4,8°C précédemment).

«Nous marchons comme des somnambules vers la catastrophe climatique. Nous devons nous réveiller et agir de façon urgente», dénonce Alden Meyer, expert de l'Union of Concerned Scientists, réclamant que cette COP prenne la mesure de la «crise climatique».

Catastrophes multipliées

Canicules exceptionnelles en Europe, incendies monstres en Sibérie ou en Australie, cyclone Idai au Mozambique, Venise sous l'eau... Même s'il est difficile d'attribuer une catastrophe spécifique au dérèglement climatique, la multiplication déjà en cours des phénomènes extrêmes reflète les prévisions des scientifiques. Et l'avenir sera encore plus sombre.

Dans un monde à 1,5°C, les épisodes de fortes précipitations seront plus fréquents, intenses et/ou abondants, selon le Giec. La fréquence et l'intensité des sécheresses devraient aussi augmenter. Et encore un demi-degré supplémentaire causerait des différences d'impact «nettes».

Ainsi par exemple, même si le plafond de 2°C, objectif minimal de l'Accord de Paris, est respecté, les cyclones, ouragans ou typhons deviendront plus puissants et la proportion des cyclones de catégorie 4 et 5 devraient encore augmenter.

Un million d'espèces menacées

L'Homme n'est pas responsable uniquement du climat détraqué. Son exploitation sans précédent des ressources naturelles, en particulier pour nourrir une population croissante, conduit en parallèle à un déclin de la nature plus rapide que jamais.

Pratiques agricoles, exploitation forestière, pollution... Selon les experts sur la biodiversité de l'ONU (IPBES), 75% de l'environnement terrestre et 66% de l'environnement marin sont dégradés. Résultat, un million d'espèces animales et végétales sont en danger de disparition, dont beaucoup dans les prochaines décennies.

Sujets de discordes

La COP24 a doté l'an dernier à Katowice (Pologne) le pacte climatique des règles nécessaires à sa mise en oeuvre, sauf sur un dossier compliqué et très controversé, les marchés carbone.

Autre sujet récurrent de discorde qui reviendra sur la table: l'assistance aux pays en développement pour s'adapter aux incidences et réduire leurs émissions. Les pays du Nord ont promis de porter ces financements à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020. Selon le dernier rapport de l'OCDE, ces chiffres sont en hausse, avec 71,2 milliards en 2017.

Mais les pays du Sud réclament aujourd'hui une accélération des négociations sur le financement des «pertes et dommages» subies, qu'un groupe d'ONG a récemment estimé à 300 milliards par an en 2030.

Certains États réclament la mise en place d'un mécanisme spécifique de financement, qui pourrait être alimenté par exemple par une taxe sur les billets d'avion internationaux, selon des observateurs.

(ats)

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