Tennis: «Timea est à nouveau compétitive face aux meilleures»
Publié

Tennis«Timea est à nouveau compétitive face aux meilleures»

Timea Bacsinszky défie Garbiñe Muguruza samedi à Melbourne (9 h). Resté en Suisse, son coach Erfan Djahangiri fait le point.

par
Mathieu Aeschmann
Timea Bacsinszky et son coach Erfan Djahangiri (en médaillon) se parle tous les jours.

Timea Bacsinszky et son coach Erfan Djahangiri (en médaillon) se parle tous les jours.

Keystone

Erfan Djahangiri, avant le début de saison vous souhaitiez à Timea Bacsinszky une série de victoires pour lancer son année. Mission accomplie?

Trois matches à Sydney, trois à Melbourne, cet enchaînement me rend très heureux. D'autant plus que ses tirages au sort n'avaient rien de facile. Quand vous héritez de Sharapova (Shenzhen) puis Sevastova à Sydney (12e mondiale) et Kasatkina à Melbourne (10e), il est tout à fait possible de très bien jouer et de perdre. Or même si on savait, elle et moi, qu'elle jouait à un très bon niveau, un sportif cherche toujours la preuve de sa valeur. Le seul examen valable, c'est le match. Donc pour valider tous les efforts consentis à l'intersaison, on avait besoin de cet enchaînement de victoires. Il fait du bien, tout de suite et pour la suite de la saison.

À quel niveau joue Timea Bacsinszky actuellement?

J'ai toujours été partisan de dire que, sur une période assez longue, les résultats ne mentent pas. Or entre la fin de la saison 2018 et ce début d'année, elle a battu Sabalenka, Sevastova et Kasatkina, des filles classées 10, 11 et 12 mondiales. Ces résultats ne veulent pas forcément dire que Timea joue «Top 10». Mais ils prouvent qu'elle est à nouveau compétitive face aux meilleures ce qui était notre objectif prioritaire.

Un niveau qu'il faudra sans doute encore élever face à Garbiñe Muguruza. Après trois défaites, Timea Bacsinszky avait battu l'Espagnole en 2017 à Madrid. Ce succès peut-il l'aider?

On ne va pas se mentir, c'est toujours mieux d'avoir déjà battu une adversaire. Demandez à tous ceux qui alignent 100% de défaites contre Federer (rire). Après, cette victoire à Madrid a eu lieu sur terre battue ce qui change un peu la donne. Et puis, Timea connaît parfaitement le style de jeu de Muguruza. Elle va entrer sur le terrain pour gagner; ce qui aurait été le cas même sans le souvenir de Madrid.

L'Espagnole s'est qualifiée au bout de la nuit, vendredi matin (3h12), contre Konta. Cette étrange programmation peut-elle être un atout pour Timea Bacsinszky?

Je pense que cette nuit blanche aurait pu avoir un impact si le match avait été programmé en session de jour. Enchaîner la journée après avoir littéralement sauté une nuit, cela peut être compliqué pour l'organisme. Là, elle a pu rester décalée. Donc je ne pense pas que Muguruza paiera son match contre Konta.

Vous êtes rentré à Lausanne après le tournoi de Shenzhen. Comment échangez-vous avec votre joueuse?

On se parle une fois par jour, on a pris nos petites habitudes. Après Sydney, je lui ai dit en rigolant: «on va faire un break d'un jour sans se parler» (rire). La règle, c'est d'organiser le briefing d'avant-match la veille au soir pour elle. Aujourd'hui, on a donc mis en place les orientations tactiques pour samedi en début d'après-midi, heure de Lausanne. L'idée, c'est de lui permettre de gérer sa journée de match sans stress. Sur place, Stéphane Robert l'accompagne dans sa routine. Il me laisse des messages et on se parle régulièrement. Pour l'instant, tout se passe parfaitement.

Dernière question, comment allez-vous suivre ce match?

Devant ma télévision et je peux vous dire que c'est difficile. En tournoi, j'ai l'habitude de choisir ma place, de parfois fixer qu'une seule joueuse. Là, je suis dépendant de l'angle des caméras et de la réalisation. En plus, il y a le commentaire – parfois pertinent, parfois moins – qui crée une interaction. C'est assez étrange, j'ai l'impression que tout cela me rend un peu moins coach et un peu plus supporter. Mais c'est comme ça, il faut que je m'habitue.

Votre opinion