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Ski alpin«Tina a toujours recherché la perfection»

Tina Maze, qui a été battue en géant par la Française Tessa Worley ce jeudi à Schladming, a toujours pu compter sur le soutien de ses parents et de sa sœur. Ceux-ci témoignent.

Gaëlle Cajeux
par
Gaëlle Cajeux
Maja, Sonja et Ferdo Maze sont fiers de la réussite de Tina.

Maja, Sonja et Ferdo Maze sont fiers de la réussite de Tina.

Keystone

C'est sur la colline, derrière leur maison de Crna na Koroškem (Slovénie), que Ferdo et Sonja Maze ont fait découvrir le ski à leur fille Tina. «Au début, c'était drôle parce qu'elle avait peur de la neige, raconte sa maman. En fait elle avait surtout peur de tomber. Aujourd'hui encore, c'est sa grande peur et elle sait être prudente.» Mais son talent se révèle vite. «Je taillais des petits bouts de bois que je peignais en bleu ou en rouge pour faire les piquets et les enfants du village avaient l'impression d'être sur une vraie piste de course. Tina se débrouillait déjà bien, sourit son père. Les entraîneurs du ski club l'ont remarquée.»

«C'est ainsi que cela a commencé, poursuit Sonja. Nous n'avons jamais poussé Tina, nous avons suivi cette envie de skier qu'elle avait en elle.» Qui l'a amenée, à force de travail acharné, à dominer à 29 ans la Coupe du monde de ski. A s'offrir l'or en super-G et l'argent en super-combiné et en géant aux Mondiaux de Schladming.

«Jamais nous n'aurions pensé qu'elle serait un jour aussi forte», avouent ses parents qui ont depuis longtemps oublié les temps difficiles, où Ferdo passait des heures dans le ski-room à préparer les skis de sa fille. Où, sans sponsor, une bonne partie du budget familial était avalée par ses besoins sportifs (matériels, voyages,…).

Des gens têtus

«Mais Tina savait qu'elle avait ce formidable potentiel en elle. Elle y a cru et je suis tellement heureuse qu'elle puisse finalement montrer ce dont elle est vraiment capable», se réjouit sa petite sœur, qui poursuit ses études d'économie dans une université hollandaise.

«Tina a 10 ans de plus que moi et quand j'ai commencé le ski, comme tous les enfants du village, tout le monde me comparaît à elle car elle était déjà très forte. Je ne voulais pas être une copie de ma sœur. Je suis très fière de ce qu'elle accomplit, mais j'ai décidé de faire quelque chose qui soit vraiment moi», explique Maja. «En la comparant tout le temps à Tina, les gens mettaient beaucoup de pression sur Maja, confirme sa mère. Nous avons essayé de l'en protéger le plus possible. Maintenant elle fait sa vie, nous la soutenons comme sa sœur. Nous sommes très fiers de Tina et Maja.»

Le caractère volcanique de Tina Maze est, selon ses proches, «celui d'une championne». Celui d'une enfant de Crna na Koroškem, minuscule village slovène qui a produit huit olympiens. «Il y a quelque chose dans l'air, sourit Sonja. Chez nous, les gens sont habitués à travailler très dur dès le plus jeune âge.» Maja poursuit: «Au village, il n'y a pas grand-chose d'autre à faire que du sport. Si tu décides de t'y consacrer, tu ne risques pas d'être distrait. Et puis nous sommes des gens têtus. Chacun veut se prouver quelque chose. On se connaît tous et je crois que tout le monde est un peu en compétition.»

Tina Maze n'a rien de la peste parfois décrite par les médias. «Tina veut être parfaite, dit son père. Tout d'abord pour elle-même, pour atteindre le niveau d'excellence qu'elle recherche. Alors elle est aussi très exigeante avec les gens qui travaillent avec elle.» Et sa mère de conclure «Lorsque Tina est concentrée sur quelque chose, elle est totalement dedans. Mais lorsqu'elle est relaxe, c'est une fille très souriante.»

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