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MarocTirs de la Marine contre un bateau de migrants

Une migrante est décédée mardi, après que la marine marocaine eut ouvert le feu sur un «go fast» piloté par des passeurs en Méditerranée.

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Trente-quatre personnes, en majorité des femmes, ont perdu la vie lors du naufrage d'une embarcation clandestine de migrants au large des îles Kerkennah en Tunisie. Douze corps supplémentaires ont été retrouvés mercredi. (10 juin 2020)

Trente-quatre personnes, en majorité des femmes, ont perdu la vie lors du naufrage d'une embarcation clandestine de migrants au large des îles Kerkennah en Tunisie. Douze corps supplémentaires ont été retrouvés mercredi. (10 juin 2020)

Keystone
Les gardes-frontières iraniens sont accusés d'avoir refoulé des migrants Afghans qui seraient morts noyés. L'Iran nie ces accusations. (Vendredi 8 mai 2020)

Les gardes-frontières iraniens sont accusés d'avoir refoulé des migrants Afghans qui seraient morts noyés. L'Iran nie ces accusations. (Vendredi 8 mai 2020)

AFP
Le bébé d'une migrante africaine est né et mort pendant la traversée entre l'Afrique et l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune. (Mercredi 8 janvier 2019) (Image d'illustration)

Le bébé d'une migrante africaine est né et mort pendant la traversée entre l'Afrique et l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune. (Mercredi 8 janvier 2019) (Image d'illustration)

AFP

La Marine royale marocaine a ouvert le feu mardi sur une embarcation de migrants en Méditerranée qui refusait de répondre à ses sommations, faisant un mort, une Marocaine de 22 ans, et trois blessés, dont un dans un état critique.

Migrants «pas visibles»

La Marine a été «contrainte» d'ouvrir le feu sur un «go fast» (puissante embarcation à moteur), piloté par un Espagnol qui «refusait d'obtempérer» dans les eaux marocaines au large M'diq-Fnideq (nord), ont annoncé les autorités locales dans un communiqué.

Quatre migrants, qui se trouvaient à bord, ont été blessés, dont une Marocaine qui a succombé à ses blessures à l'hôpital, a précisé un représentant des autorités locales joint par l'AFP.

Ils «voyageaient couchés et n'étaient pas visibles», selon la même source.

La personne décédée avait 22 ans et était originaire de Tétouan (nord), a déclaré à l'AFP le président de l'Observatoire du nord pour les droits de l'Homme Mohamed Benaïssa, basé à Fnideq.

Les deux autres blessés sont originaires de la même ville, a-t-il précisé. Le troisième blessé vient d'Al-Hoceïma, la capitale régionale du Rif (nord) et se trouve dans un «état critique, le bras amputé» et a été transféré à Rabat, a indiqué M. Benaïssa.

Au total, quelque «25 personnes naviguaient à bord du bateau, dont les passeurs qui sont espagnols», a-t-il souligné.

Le pilote espagnol n'a pas été touché par les tirs et a été arrêté, a déclaré le représentant des autorités locales. Une enquête a été ouverte.

7'100 Marocains depuis le début de l'année

Depuis début 2018, l'Espagne a enregistré plus de 38'000 arrivées par voie maritime et terrestre, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les autorités marocaines ont pour leur part indiqué avoir fait avorter 54.000 tentatives de passage vers l'Union européenne, depuis janvier.

Ces tentatives ont concerné 7'100 Marocains à fin août 2018, selon des chiffres présentés jeudi dernier par le porte-parole du gouvernement marocain.

Depuis début septembre, les réseaux sociaux marocains sont inondés de vidéos montrant des jeunes Marocains en route vers l'Espagne à bord de bateaux pneumatiques.

Selon des statistiques officielles, le Maroc est marqué par de grandes inégalités sociales et territoriales, sur fond de chômage élevé chez les jeunes.

Ceux-ci, qui représentent le tiers de la population, sont particulièrement touchés par l'exclusion sociale, avec 27,5% des 15-24 ans --soit près de 1,7 million de personnes-- hors du système scolaire et sans emploi.

(AFP)

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