Festival de Cannes - «Titane» remporte la Palme d’or 
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Festival de Cannes«Titane» remporte la Palme d’or

Le Festival de Cannes a frappé un grand coup en couronnant samedi soir Julia Ducournau pour une oeuvre furieusement contemporaine, «Titane». La Française devient la deuxième réalisatrice de l’histoire du festival à recevoir la Palme d’or.

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La réalisatrice française Julia Ducournau pose avec sa Palme d’or.

La réalisatrice française Julia Ducournau pose avec sa Palme d’or.

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L’Américain Caleb Landry Jones, sacré meilleur acteur. 

L’Américain Caleb Landry Jones, sacré meilleur acteur.

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La Norvégienne Renate Reinsve, sacrée meilleure actrice.

La Norvégienne Renate Reinsve, sacrée meilleure actrice.

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Vingt-huit ans après «La leçon de Piano» de Jane Campion, première réalisatrice primée, le jury présidé par Spike Lee, premier artiste afro-américain à ce poste, vient récompenser la benjamine de la compétition, 37 ans. Le cinéaste new-yorkais a gaffé, faisant cette annonce d’emblée, alors qu’il était censé annoncer le prix d’interprétation masculine...

La place des femmes

Cannes envoie ainsi un signal majeur dans une industrie qui s’interroge plus que jamais depuis quatre ans sur la place des femmes, et l’égalité entre les genres, dans le sillage de l’affaire Weinstein puis du mouvement #MeToo. Seules quatre réalisatrices étaient en compétition cette année, pour 24 films au total. Le prix le plus prestigieux, attribué à «Titane», récompense un cinéma transgressif et défricheur, empreint de féminisme.

«Titane», qui n’est pas destiné à tous les publics, mêle hybridation femme/machine, d’amour pour les voitures et de quête de paternité. C’était le film le plus violent et trash de la compétition, loin de faire l’unanimité parmi les critiques. Il met en scène une nouvelle venue bluffante, Agathe Rousselle, et l’acteur français Vincent Lindon, en pompier sous stéroïdes.

«Un de mes buts a toujours été d’amener le cinéma de genre ou des films +ovniesques+ dans des festivals généralistes pour arrêter d’ostraciser un pan de la production française», a déclaré à l’AFP Julia Ducournau pendant le festival. «Le genre permet aussi de parler de l’individu et très profondément de nos peurs et de nos désirs».

La réalisatrice avait déjà laissé un souvenir mémorable à Cannes avec son premier long-métrage, «Grave», une histoire brute de décoffrage d’étudiante en médecine vétérinaire qui devient cannibale, qui lui permettait de devenir la cheffe de file d’un renouveau du film de genre tricolore. De l’autre côté de l’Atlantique, elle a été adoubée par un maître de l’épouvante, Night Shyamalan.

Deux acteurs trentenaires sacrés

Autre signe en direction de la jeunesse, les prix d’interprétation vont également à deux trentenaires. Côté féminin, c’est la Norvégienne Renate Reinsve, 33 ans, qui l’emporte pour sa performance dans «Julie en 12 chapitres» de Joachim Trier, dans lequel elle incarne une jeune femme en quête d’elle-même.

Le désir, la fidélité, la maternité, la relation aux parents, les différences générationnelles... toutes les questions qui agitent Julie sont explorées dans de film, à l’aune des grands sujets contemporains : place des femmes dans la société, écologie, invasion numérique.

Côté masculin, le jury a couronné un Américain, Caleb Landry Jones, 31 ans pour sa performance dans «Nitram», où il incarne un jeune homme borderline qui s’apprête à commettre l’une des pires tueries de l’histoire de l’Australie. Le film offre une plongée dans la tête du tueur, qu’il incarne magistralement: Martin Bryant, condamné à la perpétuité.

Plus largement, à l’image d’une industrie travaillée par les évolutions sociétales, les films cannois, dans la compétition et au-delà, ont fait souffler un vent frais : malgré seulement quatre réalisatrices en compétition, le féminisme est omniprésent. Des réalisateurs s’en sont emparé, et les relations lesbiennes par exemple ont désormais toute leur place.

Des films sur l’environnement

Le climat aussi a occupé une place plus importante que jamais, avec une sélection spéciale de films sur l’environnement, allant au-delà du manifeste, comme avec Aïssa Maïga qui s’est connectée à son histoire familiale dans «Marcher sur l’eau», pour aborder la question de l’accessibilité de cette ressource. Le sujet reste une grosse question pour le festival, qui a encore du chemin à faire pour continuer de réduire son empreinte écologique.

La soirée a aussi été l’occasion de remettre une Palme d’or d’honneur au cinéaste italien Marco Bellocchio, qui après cinq décennies de carrière engagée, n’épargnant ni l’armée ni la religion, qui a présenté un documentaire très personnel, «Marx peut attendre».

Et après l’émotion du palmarès, la Croisette va pouvoir décompresser. Cannes projette en clôture et en avant-première la comédie française la plus attendue de l’été, «OSS 117, Alerte rouge en Afrique noire», signée Nicolas Bedos avec Jean Dujardin toujours, en Hubert Bonisseur de La Bath, rejoint par Pierre Niney et Fatou N’Diaye.

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Emotion pour Julia Ducournau, lauréate de la Palme d'or: «Je sais que mon film n'est pas parfait. On dit même qu'il est monstrueux. Mais la monstruosité est une force», a lancé la réalisatrice française de 37 ans. (Samedi 17 juillet)

Emotion pour Julia Ducournau, lauréate de la Palme d'or: «Je sais que mon film n'est pas parfait. On dit même qu'il est monstrueux. Mais la monstruosité est une force», a lancé la réalisatrice française de 37 ans. (Samedi 17 juillet)

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L'actrice norvégienne Renate Reinsve, émue après avoir reçu le Prix d’interprétation féminine pour «Julie (en 12 chapitres)». (Samedi 17 juillet 2021)

L'actrice norvégienne Renate Reinsve, émue après avoir reçu le Prix d’interprétation féminine pour «Julie (en 12 chapitres)». (Samedi 17 juillet 2021)

AFP
L'acteur américain Caleb Landry Jones a reçu le Prix d’interprétation masculine pour «Nitram». (Samedi 17 juillet 2021)

L'acteur américain Caleb Landry Jones a reçu le Prix d’interprétation masculine pour «Nitram». (Samedi 17 juillet 2021)

AFP
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