BD - Titeuf fait sa rentrée, mais pour une fois, pas scolaire
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BDTiteuf fait sa rentrée, mais pour une fois, pas scolaire

Zep innove en envoyant son héros en colonie de vacances: l’occasion de découvrir de nouvelles têtes, mais aussi de nouveaux pieds (qui puent). Explications de l’auteur.

par
Michel Pralong
Intitulé «La grande aventure», ce nouvel album est disponible dès le 3 juin.

Intitulé «La grande aventure», ce nouvel album est disponible dès le 3 juin.

Zep/Glénat

D’habitude, quand Zep sort un nouvel album de Titeuf, c’est au mois d’août, juste avant la rentrée scolaire. Mais pas cette fois. Le 17e tome du fameux héros à la mèche paraît ce 3 juin, un peu avant les vacances d’été. Pourquoi? Parce que, pour la première fois, Titeuf ne va pas à l’école dans cette BD, il est envoyé en colo! Ses parents lui avaient promis un camp de jeux vidéo, mais comme il est complet (prétendent-ils), ce sera un camp vert à la place. Nature et découverte, quoi, avec nuit sous tente en prime.

Judicieusement intitulé «La grande aventure», cet album est le troisième de la série à se présenter sous forme d’une seule longue histoire et non d’une suite de gags. C’est aussi le premier à bouleverser totalement son casting. Zep peut grâce à ce changement de décor laisser de côté pour un temps tous les camarades d’école de Titeuf pour en inventer des nouveaux. Cela donne un bol d’air frais et pas seulement parce que tout se passe en extérieur. Bon, pour rassurer les lecteurs – et surtout Titeuf, soulagé de voir qu’il y aura au moins une tête connue en colo - coup de bol, Manu, son meilleur pote a également été inscrit au camp. Ah, et il y a aussi Thérèse que l’on retrouve, mais ça, ça enthousiasme déjà moins Titeuf vu qu’elle est, comment dire, un peu mentalement bizarre.

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On retrouve Titeuf, Manu et Thérèse, ainsi que l’art du dialogue de Zep.

On retrouve Titeuf, Manu et Thérèse, ainsi que l’art du dialogue de Zep.

Zep/Glénat
L’écriture d’une carte postale aux parents est un grand moment du récit!

L’écriture d’une carte postale aux parents est un grand moment du récit!

Zep/Glénat
Parmi les nouveaux, il y a Anthony, sorte de double de Titeuf.

Parmi les nouveaux, il y a Anthony, sorte de double de Titeuf.

Zep/Glénat

Zep a été moniteur de colo

Mais pourquoi, après 4 ans d’absence, Zep a-t-il choisi d’envoyer Titeuf en pleine nature: un besoin de vacances? «Dans mon album «The End», j’ai beaucoup dessiné les arbres qui étaient au cœur de l’histoire. Et j’adore cela, alors que c’était ma hantise au début de ma carrière. C’est pour cela qu’on ne voit que quelques platanes dans les premiers Titeuf. Du coup, j’ai eu cette fois envie d’emmener mon petit héros là-bas, dans la forêt».

Des colos, Zep n’en a pas fait quand il était enfant. «Mais j’ai été moniteur à 20 ans. Je faisais déjà des dessins aux enfants de la colo, mais j’avoue que j’ai beaucoup plus de patience avec des personnages de papier qu’avec de vrais mômes». Après quatre ans sans Titeuf, Zep dit avoir retrouvé avec bonheur son personnage et s’être beaucoup amusé sur cet album. «Quand j’écris un scénario de Titeuf, j’ai plutôt l’impression d’être son scribe à lui: c’est lui qui vit l’histoire et moi je me contente de la raconter. Ça vient tout seul».

Pour «La grande aventure» l’auteur s’est même emballé, allant jusqu’à faire une version de 85 pages, qu’il a bien fallu raccourcir ensuite. «Chaque personnage y avait alors son moment, mais ce n’est plus le cas. C’est pour cela que l’on ne fait que croiser certains enfants, comme Julie, cette petite fille qui ne dit rien, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Mais c’est aussi souvent comme cela en colo. Il y a des gamins qu’on ne fait qu’entrevoir».

Un double de Titeuf, version tête à claques

Parmi les nouvelles têtes, il y en a une qui ressemble beaucoup à celle de Titeuf, avec une grande mèche blonde. «C’est Anthony, qui est un peu une version tête à claques de Titeuf, avec d’épais sourcils et un appareil dentaire». Un double qui ne va pas plaire au héros. «C’est le principe des colos: tu ne choisis pas avec qui tu te retrouves, mais tu dois faire avec et cela peut même devenir un pote de circonstance».

Ce long récit a de multiples avantages. D’abord, il permet à Zep de jouer avec les gags à répétition, comme les pieds qui puent de Jimmy (situation comique incontournable quand on dort à plusieurs sous une tente) ou le fait que tous les gamins se retrouvent privés d’un objet qui leur était devenu indispensable dans la vie: leur smartphone! Et autre bonheur: une histoire longue permet à Zep de faire des dessins sur une page entière, voire carrément une double. Et, mis en couleurs à l’aquarelle, ils sont superbes. «Je m’étais octroyé le plaisir d’en faire une dizaine dans la version longue, mais il n’en reste que trois ou quatre».

«La grande aventure» se déguste avec gourmandise, confirmant l’art des dialogues de Zep, son sens du gag, de l’observation et, bien sûr, sa virtuosité graphique. Et même si, en dernière page, un personnage qui ressemble étrangement à l’auteur fait un signe d’au revoir de la main à Titeuf qui s’éloigne, ce n’est pas un adieu du dessinateur à son héros. «Pas du tout, cela me fait toujours du bien de retrouver Titeuf. Je ne sais pas quand je ferai le prochain, mais je le ferai».

Une série sur Jésus pour la RTS

En attendant, Zep, lui, ne s’est pas mis au vert puisqu’il a écrit une série télé pour la RTS, que l’on devrait voir en septembre. «C’est sur la vie de Jésus, mais version humoristique, avec notamment Vincent Veillon et Yann Marguet». Et côté BD, il sortira en octobre un album d’anticipation autour du cerveau numérique, inspiré par ce fameux projet de l’EPFL. Ça bouillonne, dans le sien!

«Titeuf: la grande aventure», Tome 17, par Zep, Éditions Glénat, 64 pages

«Titeuf: la grande aventure», Tome 17, par Zep, Éditions Glénat, 64 pages

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