Motocyclisme: Tom: erreur interdite
Publié

MotocyclismeTom: erreur interdite

Le titre mondial Moto2 se jouera sur la régularité, pour celui qui, quand il sentira qu’il n’est pas au top, fera le nécessaire pour marquer des points. Comme Lüthi, malade, sous la chaleur du Mugello.

par
Jean-Claude Schertenleib
Mugello

«Je sais que certains auront de la peine à le croire, mais je suis très heureux de cette troisième place. Et si je ne le montre pas, c’est simplement parce que je n’ai plus de force»: Thomas Lüthi transpire plus qu’habituellement après une course.

Ses yeux brillent et ses premiers mots expriment son désir immédiat: «Rentrer à la maison, me reposer.» Brillant tout au long des essais sur ce circuit du Mugello qu’il adore, Tom a été le meilleur au départ et dans les premiers tours. Mais... «Rapidement, j’ai compris que je n’étais pas le plus rapide aujourd’hui. Quand Marcel (ndlr: Schrötter, son équipier) m’a attaqué, j’ai pu contrer, mais lorsqu’Alex Marquez a passé, j’ai compris que, comme au Mans, il était trop fort pour nous. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais dès le réveil, je me suis senti mal. Après le petit déjeuner, j’ai presque vomi. J’ai pu faire mon travail au warm-up, ma préparation d’avant-course a été normale, mais il me manquait quelque chose. Le plus important? J’ai pu rester concentré, car ce ne fut pas facile de résister à Navarro, puis à Baldassari. Je suis même légèrement revenu sur Marini dans les derniers tours, mais l’écart était trop important pour le reprendre à l’aspiration. Cette année, le mondial Moto2 est d’un niveau très élevé. Beaucoup de gens se sont focalisés sur mon duel face à Baldassari, mais nous ne sommes pas seuls: Alex est un candidat très solide, lors de ces deux derniers GP, il a piloté d’une façon parfaite. Et Navarro n’est pas loin. Et je suis persuadé qu’il ne faut pas plus oublier Schrötter. Ce championnat est encore très long et l’erreur nous est interdite.»

----------

PETRUCCI, HEUREUX, ÉMU ET... TRISTE

Il vient de réaliser son rêve. Il a pleuré sous son casque, pleuré encore quand il a retrouvé les siens, pleuré toujours en grimpant sur la plus haute marche du podium: Danilo Petrucci s’était fixé deux buts, cette année: «Gagner un GP, parce que si je ne gagne pas cette saison, avec la Ducati officielle, jamais plus je ne gagnerai. Et puis, aider Andrea Dovizioso à devenir champion du monde», racontait cet hiver ce garçon qui est resté naturel. Et qui a eu besoin de beaucoup de temps pour croire en ses réelles possibilités.

Ducati a encore gagné au Mugello, au terme d’une course totalement folle. Il est heureux, Danilo, il est ému. Mais, tout aussi rapidement, on le découvre presque triste. Parce que, pour défendre son bien, pour concrétiser enfin son rêve, il s’est précipité dans un trou de souris à l’entame du dernier tour, obligeant Dovizioso à relever sa moto: «Je m’excuse, je m’excuse, je m’excuse. Andrea est la dernière personne à qui je voulais faire cela. Mais il faut me comprendre, c’était mon jour, c’était aujourd’hui ou jamais.»

----------

UN PACTE POUR JOUER LE TITRE

Ces deux dernières années, la cohabitation Dovizioso-Lorenzo n’avait pas été facile chez Ducati. Pas plus qu’elle ne le fût à l’époque chez Yamaha entre Lorenzo et Rossi et qu’elle ne l’est aujourd’hui chez Honda, où «Monsieur Georges» aimerait qu’on l’écoute et qu’on change tout, persuadé qu’il détient la clef pour rendre la RC213V efficace pour d’autres pilotes que Marquez.

Bref... Chez Ducati, donc, on a écouté les vœux de Dovizioso et en faisant confiance – contrat d’une année, seulement – à Danilo Petrucci, on savait que les deux hommes travailleraient dans la même direction. Ils ont fait plus: «J’aimerais dédier cette victoire à Andrea, qui m’a adopté comme un fils – enfin, plutôt comme un frère – cet hiver», dira le vainqueur du jour. Et que répond l’équipier-psy? «Le principal problème de Danilo, c’est qu’il n’a jamais vraiment compris l’étendue de son talent, c’est ce que je lui répète chaque jour que nous passons ensemble à l’entraînement. Alors oui, même si j’ai perdu des points aujourd’hui face à Marquez, je suis content pour lui.»

La suite? «Je n’ai pas encore totalement réalisé ce qui m’arrive, mais je sais que j’ai gagné. Chez moi. C’était mon premier but cette année, il y en a un second: aider Andrea pour la quête du titre», reprend Petrucci. Dans deux semaines, en Catalogne, Marc Marquez pourrait encore avoir beaucoup de rouge autour de lui...

----------

ROSSI, LE SCÉNARIO CATASTROPHE

Il n’a pas trouvé la solution de tout le week-end, il n’a pas pu éviter une sortie de piste alors qu’il tentait de passer Joan Mir au niveau de la treizième place, puis il est tombé quelques tours plus tard: Valentino Rossi ne gardera pas un souvenir glorieux de son GP d’Italie 2019, quand bien même une fois encore, sa couleur jaune était la plus présente dans les tribunes et sur les gradins. C’est aussi un nouvel échec pour le team officiel Yamaha de Lin Jarvis, qui sauve certes l’honneur avec Viñales (sixième), mais loin, très loin même de la Honda de Marquez, des Ducati de Petrucci et Dovizioso et de la Suzuki d’Alex Rins.

Votre opinion