Motocyclisme: Tom Lüthi bluffé par son coéquipier Schrötter
Publié

MotocyclismeTom Lüthi bluffé par son coéquipier Schrötter

Deuxième des deux séances d’essais libres du GP des Amériques Moto2, le Bernois aimerait savoir... comment fait son équipier allemand.

par
Jean-Claude Schertenleib
Austin (EU)

C’est une domination totale du team Dynavolt Intact GP: deux séances, deux doublés. Les deux fois dans l’ordre Marcel Schrötter-Thomas Lüthi. Problème: l’écart, une demi-seconde entre le pilote allemand et Tom. De quoi interpeller le garçon, bien sûr, qui d’un côté se réjouit de cette double réussite – c’est la preuve qu’il a fait le bon choix l’an dernier, que le team allemand est désormais la meilleure adresse de la catégorie -, mais qui aimerait diminuer l’écart.

«Marcel nous montre qu’on doit encore travailler. Il est extrêmement rapide, plus vite que tout le monde, spécialement dans le premier secteur. Je dois comprendre», confie Lüthi. Le patron du team, Jürgen Lingg, apprécie: «Aujourd’hui, Marcel était sur une autre planète; nous devons analyser avec précision ce qu’il fait de différent par rapport à Tom dans ce fameux premier secteur. Le problème, ce n’est pas seulement la cassure à gauche au sommet de la montée, c’est peut-être le placement juste après, qui influence les enfilades en descente.» Clair, le travail ne va pas manquer d’ici la course.

----------

UNE PISTE EN PITEUX ÉTAT

Autre problème, l’état de la piste, de plus en plus en plus bosselée: «En certains endroits, c’est franchement dangereux. Je me rappelle très bien de la ligne droite, l’an dernier, avec la Honda MotoGP, il était impossible de rouler à fond, tellement ça sautait. Or cette année, c’est pire, explique encore Lüthi. Je me réjouis de savoir ce que diront les pilotes MotoGP lors de leur séance habituelle de la commission de sécurité. Physiquement, c’est très exigeant, mais je me sens bien. Reste ce point d’interrogation essentiel: pourquoi un tel écart? Mon meilleur chrono, je l’ai réussi avec un pneu qui avait 17 tours – la course en comptera 18. Ne pas réussir à faire mieux avec un pneu neuf, ce n’est pas normal. C’est la preuve qu’on doit encore travailler sur la balance de la moto.»

----------

AEGERTER, PILOTE DE TEST

Dominique Aegerter et toute l’équipe MV-Agusta ont besoin de temps. Problème, dans ce métier, «on n’a jamais de temps», grimace Dominique Aegerter. Impressionné de ce qu’il a vu juste devant son hôtel à Rio de Janeiro la semaine dernière – les affrontements entre supporters de Flamengo et du club uruguayen de Peñarol -, le Bernois doit se multiplier à Austin. «MV a apporté une quantité de nouvelles pièces, mais nous n’arrivons pas à tout essayer sur un week-end de course. Comme mon équipier habituel – Stefano Manzi – est absent (fracture du poignet, en Argentine) et que son remplaçant roule 2,5 secondes au tour plus lentement que moi, il n’est malheureusement d’aucune aide. La journée a bien commencé, j’aime toujours autant ce tracé, qui me correspond, mais dans l’après-midi, la sanction a été terrible (23 e chrono). Un châssis et un bras oscillant différents sont encore à disposition, mais s’il pleut samedi, on n’aura pas le loisir de l’essayer», soupire Domi.

----------

ROSSI PRIVÉ DE SON MÉCANICIEN

Le Belge Bernard Ansiau est un personnage du paddock. Fidèle au service de Valentino Rossi depuis l’arrivée de l’Italien en 500, puis en MotoGP, il avait auparavant travaillé notamment pour Wayne Rainey. Las, mercredi, alors que les équipes installaient les stands et leur matériel, Bernard a été victime d’un accident qui semblait banal dans un premier temps, mais dont les conséquences sont sérieuses: le technicien belge souffre de coupures profondes de trois doigts et il a dû subir une intervention chirurgicale à Austin. Après quelques jours de repos, il devrait être de retour à Jerez, dans trois semaines, pour l’ouverture de la saison européenne.

----------

LE 69 RETIRÉ DU MOTOGP

Moment d’émotion à Austin: Carmelo Ezpeleta, le patron de Dorna et Jorge Viegas, le président de la FIM, la Fédération internationale de motocyclisme, ont officiellement retiré le numéro 69 du MotoGP et l’ont remis à Earl Hayden, le papa de Nicky, victime d’un accident de bicyclette il y a deux ans – il s’était fait renverser par un automobiliste dans un carrefour, à Misano Adriatico.

Lui-même profondément marqué dans sa santé, Earl a laissé son fils ainé, Tommy, parler au nom de la famille: «En plus des succès sportifs de Nicky, nous avons toujours été très fiers de l’impact qui était le sien en-dehors de la course.» Avant le 69, d’autres numéros ont été retirés, comme le 74 (Daijiro Kato, mort en course à Suzuka en 2003), le 58 (Marco Simoncelli, tombé en Malaisie en 2011) et le fameux 34, décerné à jamais à un Kevin Schwantz bien sûr présent dans le paddock de COTA et le 65 de Loris Capirossi. En Moto2, les numéros 39 (Luis Salóm, mort en Catalogne en 2016) et 48 (Shoya Tomizawa, décédé à Misano en 2010) ne sont plus attribués.

Votre opinion