Motocyclisme: Tom Lüthi: «J’ai appris à ne plus rien planifier»
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MotocyclismeTom Lüthi: «J’ai appris à ne plus rien planifier»

Les traditionnels tests de Jerez déplacés au Qatar, le GP de Thaïlande renvoyé à 2022: à chaque jour, sa surprise. Thomas Lüthi en devient philosophe. Notre interview.

par
Jean-Claude Schertenleib
Thomas Lüthi, lors du GP de Valence, le 13 novembre 2020.

Thomas Lüthi, lors du GP de Valence, le 13 novembre 2020.

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Alors que le coup d’envoi des championnats du monde motocyclistes est agendé à fin mars, les pilotes se lancent dans leur préparation. Mais avec la situation sanitaire actuelle, ils nagent en plein flou. Thomas Lüthi raconte.

Thomas, comment prépare-t-on une saison avec autant d’inconnues?

J’ai appris à ne plus rien planifier. Il faut être spontané, réactif. S’adapter à chaque nouvelle situation.

Exemple?

Je devais partir en Espagne pour m’entraîner, j’ai déjà eu deux vols annulés. Là, je commence à en avoir marre. Donc, je m’adapte: la semaine dernière, le travail a été intense sur le plan physique, cette semaine, je récupère.

Mais on est loin des circuits?

Malheureusement, oui. Mi-février, je prends la route avec mon bus direction l’Espagne. J’aurai ma BMW 1000 avec moi.Je ferai une visite à ma nouvelle équipe dans la banlieue de Barcelone, avant de continuer plein sud, pour aller rouler sur le circuit d’Almeria.

On sait depuis mardi soir que les traditionnels tests de Jerez de la Frontera sont annulés. Cela bouscule aussi les habitudes?

Avec mon nouveau team, nous avons programmé deux jours de travail avec la Kalex Moto2, en principe les 1er et 2 mars, sur le circuit de Valence. Ensuite, ce sera le départ pour le Qatar, où nous devrions rester trois semaines (tests du 19 au 21 mars, puis deux GP à suivre le 28 mars et le 4 avril).

Suffisant?

Nous sommes tous logés à la même enseigne. Le développement ayant été gelé, la Kalex 2021 sera la moto que nous utilisions en fin de saison dernière, avec quelques modifications. Je bénéficierai du même matériel que tous les autres et l’équipe n’arrête pas de travailler.

On va vivre une saison encore particulière?

Oui. Le système d’une «bulle» à l’accès limité a bien fonctionné l’an dernier. Mais les soucis, ce sont les voyages. C’est pour cela que l’on va squatter le circuit de Losail pendant plus d’un mois – les teams MotoGP y auront également leurs seuls tests officiels quelques jours avant les équipes Moto2 et Moto3. Tout le monde restant sur place, le début de la saison devrait ainsi être assuré.

Et après?

Je le répète, il va falloir s’adapter. Après les deux GP au Qatar, on devrait lancer la saison européenne à Portimão, mais on sait qu’actuellement la situation de la pandémie est très compliquée au Portugal. Est-ce que ça ira mieux dans deux mois? Personne ne peut le dire.

Il semblerait que le GP de Thaïlande (programmé le 10 octobre) soit d’ores et déjà annulé…

Vous me l’apprenez. Ne rien planifier, telle est désormais notre tâche.

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