Irlande du Nord - Tony Blair appelle à créer une commission de réconciliation
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Irlande du NordTony Blair appelle à créer une commission de réconciliation

Alors que l’usage de la force par l’armée britannique en 1971 a été dénoncé, l’ex-Premier ministre Tony Blair souhaite s’inspirer de l’Afrique du Sud pour la réconciliation en Irlande du Nord.

Selon Tony Blair, la décision de la justice d’Irlande du Nord de dénoncer l’usage excessif de la force de la part de l’armée britannique, en 1971, a «justifié» le combat des familles des dix victimes, qui «défendaient l’innocence de leurs proches».

Selon Tony Blair, la décision de la justice d’Irlande du Nord de dénoncer l’usage excessif de la force de la part de l’armée britannique, en 1971, a «justifié» le combat des familles des dix victimes, qui «défendaient l’innocence de leurs proches».

Reuters

L’ancien premier ministre britannique Tony Blair a appelé, mercredi, à créer une commission «Vérité et réconciliation», à l’image de celle constituée en Afrique du Sud après l’apartheid, pour traiter des crimes commis pendant la sanglante période des «Troubles» en Irlande du Nord.

Pour l’ex-dirigeant travailliste, cette commission constituerait une meilleure approche que les poursuites judiciaires sur les crimes commis pendant les «Troubles». Ces trois décennies de violences dans la province britannique, entre catholiques partisans de la réunification avec l’Irlande et protestants favorables à la couronne britannique ont fait près de 3500 morts jusqu’à l’accord de paix de 1998, négocié par le gouvernement de Tony Blair.

Pas de soutien «à l’époque»

Tony Blair a dit avoir «essayé» de mettre en place une telle commission, grâce à laquelle les victimes et auteurs d’infraction auraient leur mot à dire sur de possibles amnisties, mais «il n’y avait pas de soutien pour ça à l’époque». «Je pense que c’est possible qu’on ait besoin de revenir à quelque chose comme ça», a-t-il ajouté.

Le gouvernement britannique compte légiférer pour mettre fin aux poursuites visant les soldats britanniques qui sont intervenus pendant ce conflit, malgré l’opposition de son voisin irlandais et des proches de victimes.

Combat des familles justifié

Mardi, la justice d’Irlande du Nord a dénoncé l’usage excessif de la force de la part de l’armée britannique lors d’une série de fusillades, en 1971, qui ont fait dix morts «complètement innocents» à Belfast.

Cette décision a «justifié» le combat des familles, qui défendaient l’innocence de leurs proches, estime Tony Blair, «mais je crois honnêtement que si vous essayez de passer en revue toutes ces affaires et que vous avez des procès et des poursuites pénales, cela ne va pas régler le problème».

Tensions ravivées par le Brexit

Ce débat intervient dans un contexte de tensions communautaires ravivées par le Brexit. Le secrétaire d’État chargé du dossier, David Frost, et le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Brandon Lewis, se sont rendus dans la province cette semaine, pour faire le point sur le «Protocole nord-irlandais» entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Ce texte a entraîné la mise en place de contrôles douaniers entre la province nord-irlandaise et l’île de Grande-Bretagne, pour éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande, membre de l’UE. Il suscite de fortes tensions en Irlande du Nord.

«Il ressort clairement de ma visite que le protocole présente des défis importants pour de nombreuses personnes en Irlande du Nord», a déclaré David Frost mardi soir. «Il est difficile d’imaginer que le mode de fonctionnement actuel du protocole puisse être viable à long terme.»

(AFP)

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