Actualisé 26.03.2020 à 08:06

Toto Morand: «Là, on pousse les gens à s'endetter»

PME

Le plafonnement de l' indemnité de chômage pour les entrepreneurs indépendants fait sortir de ses gonds le politicien vaudois.

Pour Toto Morand, la Conseil fédéral pousse les gens à s'endetter encore davantage pour tenir le choc de l'épidémie. Pour lui, la seule manière de garantir la pérennité des entreprises, c'est une aide à fonds perdu.

Pour Toto Morand, la Conseil fédéral pousse les gens à s'endetter encore davantage pour tenir le choc de l'épidémie. Pour lui, la seule manière de garantir la pérennité des entreprises, c'est une aide à fonds perdu.

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«On nous répète année après année que les PME sont le moteur de ce pays, mais quand ça tourne mal, alors on nous lance des cacahuètes...» L'entrepreneur et politicien vaudois Toto Morand se joint à la colère de nombreux entrepreneurs en Suisse qui estiment que le Conseil fédéral se moque d'eux lorsqu'il prévoit de limiter l'aide temporaire du chômage à une somme forfaitaire de 3320 francs par mois (qui sera pas réduite à 2650 francs, comme le Conseil fédéral l'a précisé mercredi).

Sur le même sujet, le «Tableau noir» hebdomadaire de Vallot.

Emprunter quand ça va bien

Pour Toto Morand, le Conseil fédéral court après la réalité: «J'ai déjà dit qu'avec 10 milliards, cela ne suffisait pas. Maintenant avec 42 milliards, cela ne suffira pas non plus. Il faut dire aussi que dans ces milliards beaucoup sont des cautionnements pour des prêts. Une véritable aide serait à fonds perdu. Là, on pousse les gens à s'endetter. Mais après? A fin avril ou à fin mai, on ne sait pas ce qui va se passer. La Confédération cautionne, bien, mais si on fait faillite, cela ne change rien... Personnellement je veux bien emprunter, mais quand ça va bien, pas quand ça va mal!»

Commerce de détail menacé

A la tête d'une entreprise de 80 personnes dans la chaussure, Toto Morand est inquiet: «Le commerce de détail est menacé avec cette crise et il n'est pas certain qu'il va se relever. La semaine dernière on a écouté Guy Parmelin et Ueli Maurer, tout le monde a dit que c'était super... Mais cette crise va nous coûter 200 milliards. Personnellement, je vais griller toutes mes réserves pour tenir... Mais cette situation ne me donne vraiment pas envie de continuer...»

Eric Felley

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