Santé: Toujours plus de mélanomes

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SantéToujours plus de mélanomes

Si le taux de mortalité dû à ce cancer a explosé aux États-Unis, ce n'est pas le cas chez nous. Toutefois, la Suisse est l'un des pays les plus touchés du monde par la maladie.

par
Pascale Bieri
L'exposition intense aux rayons du soleil reste le principal facteur de mélanome.

L'exposition intense aux rayons du soleil reste le principal facteur de mélanome.

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Le soleil n'est pas encore au zénith, que déjà, on nous reparle de mélanomes, ce cancer principalement dû à l'exposition aux rayons solaires. Ainsi, selon une étude, tout fraîchement publiée aux États-Unis, les cas de mortalité y ont explosé ces trente dernières années. De même, pour les nouveaux cas détectés. 76 380 Américains ont été diagnostiqués de la maladie en 2016 et plus de 10 000 en sont morts.

Et qu'en est-il chez nous? Eh bien, on est particulièrement concerné par le problème. «Nous ne savons pas pourquoi, mais la Suisse a le deuxième plus fort taux de mélanomes du monde, derrière l'Australie», souligne le Dr Olivier Gaide, spécialiste en dermatologie et vénérologie au CHUV, en avançant quelques pistes: «Peut-être est-ce dû à la précision des registres helvétiques et au haut pouvoir d'achat qui permet des voyages dans des pays à forte photo-exposition.» D'autres spécialistes ajoutent que la faible réglementation qui a longtemps prévalu dans les solariums y est aussi pour quelque chose.

Les hommes plus touchés

Bref, concrètement, les risques d'être atteint d'un mélanome au cours d'une vie, en Suisse, sont estimés entre 1 sur 8 et 1 sur 40. Mais si l'incidence a fortement augmenté entre 1984 et 2013 (dernières statistiques) tant chez les hommes (+98%) que chez les femmes (+66%), le taux de mortalité est, en revanche, resté stable. «La prise en charge et les traitements sont les mêmes qu'aux États-Unis. Mais je pense que leur accès est plus répandu en Suisse», souligne le Dr Gaide, pour expliquer l'écart du nombre de décès entre les deux pays.

En revanche, on peut s'interroger sur l'efficacité des campagnes de prévention, organisées dès que les beaux jours reviennent. «Tout d'abord, le vieillissement de la population et l'amélioration du dépistage augmentent le nombre de cas, relève le spécialiste. Ensuite, le délai entre une campagne et son impact peut prendre des décennies. Finalement, une grande proportion de personnes ayant des mélanomes a été exposée avec excès au soleil avant que les campagnes ne commencent.»

Quant au soleil, s'il est le facteur principal de mélanome, d'autres s'y ajoutent: la génétique, les problèmes immunitaires, l'âge, ainsi que «la faute à pas de chance».

Cela étant, à titre préventif, il est important d'éviter les expositions intenses aux rayons, de surveiller ses grains de beauté et de les faire contrôler en cas d'évolution. Car plus le cancer est dépisté tôt et plus il a de chances de guérir.

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