Tourisme: Toujours plus de Suisses appellent Berne à l'aide

Publié

TourismeToujours plus de Suisses appellent Berne à l'aide

La soif de voyages des Suisses se double d'une hausse constante de la demande de protection consulaire en cas de problème. Et attention, car ces services sont souvent payants.

par
Pascal Schmuck
Zurich
La protection consulaire peut être demandée dans les ambassades suisses mais à certaines conditions.

La protection consulaire peut être demandée dans les ambassades suisses mais à certaines conditions.

Keystone

Les vacances à l'étranger des Suisses n'ont pas été de tout repos en 2018. Tout du moins pour le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et sa protection consulaire, ainsi que le révèle jeudi la Neue Zürcher Zeitung.

En 2018, le DFAE est intervenu à 901 reprises, dont 280 fois pour des Suisses placés en détention. Un des exemples les plus récents vient du Maroc, où un Genevois est soupçonné de participation à l'assassinat de deux touristes scandinaves.

Les cas de décès ont nécessité une intervention à 227 reprises, contre 138 pour les maladies et 64 pour les accidents. En outre, 26 Suisses ont été victimes de crimes et le DFAE a soutenu 36 personnes lors de rapatriements.

Voyages en forte hausse

Les chiffres montrent que les services consulaires sont toujours plus sollicités. A titre d'exemple, ils n'étaient intervenus que 470 fois en 2008. Le DFAE explique cette forte hausse par l'augmentation des voyages à l'étranger effectués par les Suisses, qui sont passés de 11,5 millions en 2012 à 15,6 millions en 2017.

En outre, toujours plus de citoyens suisses résident de façon permanente à l'étranger. Les dossiers sont devenus plus «complexes», comme l'explique un porte-parole puisqu'il faut prendre en compte la situation sécuritaire ou encore les soins médicaux sur place. Les outils statistiques se sont également adaptés avec la mise en place d'un nouveau programme informatique qui enregistre régulièrement les cas depuis 2010.

Des services payants

La protection consulaire est la plus demandée lors de voyages en Thaïlande. Les cas sont également nombreux en Espagne, en Afrique du Sud, en Turquie, aux Etats-Unis, en République dominicaine, au Sri Lanka ainsi que dans les pays voisins de la Suisse.

En 2018, le DFAE a tenté à 39 reprises de localiser un Suisse à l'étranger suite à une plainte de disparition déposée par des proches. Dans la plupart des cas, ces personnes sont retrouvées. Mais comme le rappellent les affaires étrangères, leurs prestations sont payantes.

Si un citoyen suisse à l'étranger est victime d'infractions graves, il n'a en règle générale rien à payer. Berne évalue toutefois si la personne concernée a agi avec négligence, en ne tenant pas compte par exemple des instructions de voyage du DFAE ou en violant la législation de l'Etat d'accueil. Le cas échéant, il devra payer les frais de l'intervention.

Le cas délicat de la prison

  • En prison - Comme le rappelle le DFAE, ses prérogatives sont limitées pour les citoyens en détention. En règle général, il informe le détenu de ses droits de la défense et veille à ce que des conditions de détention décentes, les garanties de procédure et le droit de la défense soient respectés.
  • Visite - Le DFAE peut également informer les proches à la demande du détenu. Et une fois par an, un représentant de la représentation suisse dans le pays concerné rend visite au détenu - si celui-ci le souhaite.
  • Condamnation- Quant au transfèrement dans une prison suisse, il ne peut être demandé qu'après une condamnation, ce qui peut prendre beaucoup de temps selon les Etats.

Ton opinion