22.07.2014 à 15:28

Toujours plus de Suisses souffrent de stress au travail

Santé

Les Suisses sont de plus en plus nombreux à souffrir du stress au travail et de ses conséquences sur la santé.

Le stress peut avoir de graves conséquences sur la santé.

Le stress peut avoir de graves conséquences sur la santé.

(photo d'illustration), Reuters

Troubles de l'audition, allergies aux produits chimiques, maladies pulmonaires: la Suva recense chaque année quelque 3000 cas de maladies professionnelles. Ce n'est que «la partie émergée de l'iceberg» met en garde la Confédération. En réalité, les Suisses sont toujours plus nombreux à souffrir de stress et de manque d'exercice physique au travail.

«De plus en plus de personnes souffrent de problèmes de santé liés au stress ou au manque d'activité physique dans le cadre du travail», indique l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans son magazine Spectra publié mardi. Ce sont des «troubles de la santé associés au travail».

Même si ces troubles ne sont pas imputables qu'au travail, ils sont particulièrement répandus dans la population active. Les chiffres de l'Enquête suisse sur la santé de 2012 sont révélateurs: 60% des personnes interrogées ont indiqué «souffrir de stress» et environ 20% estiment que «le stress chronique affecte leur santé».

La carrière avant la santé

Selon une étude du SECO, 34% des personnes interrogées en 2010 affirmaient se sentir fréquemment ou très fréquemment stressées, contre 26% en 2000. Or «le stress favorise toute une série de souffrances physiques et psychiques, telles que les troubles cardio-vasculaires, l'épuisement professionnel ou la dépression», écrit l'OFSP.

La pression imposée en termes de performance, de flexibilité et de rapidité s'est accrue, poursuit-il. «Il devient toujours plus difficile de séparer vie professionnelle et vie privée». L'individu est prêt à sacrifier son bien-être au profit de sa carrière.

Environ 4% des personnes interrogées dans le cadre de l'étude du SECO reconnaissent ainsi avoir pris des stimulants pour accroître leurs performances physiques dans les douze derniers mois, et 4% avoir consommé des médicaments, comme la Ritaline pour améliorer leurs performances.

«Il est temps d'en appeler à la morale des entrepreneurs et des dirigeants pour prévenir leurs propres excès de travail et ceux de leurs collaborateurs en mettant en place une culture d'entreprise bienveillante et respectueuse des valeurs», s'insurge l'OFSP.

Douleurs dorsales

Des enquêtes effectuées auprès d'actifs révèlent que 18% d'entre eux souffrent de douleurs dorsales liées au travail et 13% de troubles musculosquelettiques, notamment de douleurs au dos et aux articulations.

L'activité physique passe souvent à la trappe, car le travail est exercé essentiellement en position assise, explique l'OFSP. A noter que l'inactivité augmente le risque de surcharge pondérale qui peut entraîner l'hypertension ou le diabète.

Une réalité qui a aussi d'importantes répercussions économiques. Le SECO estime que le stress coûte 10 milliards de francs par an aux employeurs. Les douleurs dorsales représentent entre 1,6 et 2,3% du produit intérieur brut (PIB).

Miser sur la prévention

Contrairement aux maladies dites professionnelles, clairement définies et recensées par la Suva, les «troubles de la santé associés au travail» n'entrent pas dans les statistiques. Il est difficile de pointer du doigt un responsable, «car des dispositions individuelles ou des problèmes privés et sociaux peuvent également jouer un rôle déterminant».

Toute la difficulté consiste, dans la prévention, à démontrer ce qui a pu être évité, observe le médecin-chef de la division médecine du travail à la Suva Claudia Pletscher dans une interview accordée à «Spectra».

Les absences, les rentes pour maladie ou incapacité de travail coûtent cher. Chaque franc investi dans la prévention «revient sous forme de coûts économisés» à long terme, conclut-elle.

(ats)

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