20.05.2013 à 14:52

CyclismeTour d'Italie - Les coureurs du Giro, rescapés de la neige et du froid (PAPIER D'ANGLE)

Par Jean MONTOIS VALLOIRE (Savoie), 20 mai 2013 (AFP) - Les coureurs du Giro, rescapés de la neige et du froid, ont cherché à récupérer sous le soleil enfin présent, lundi, dans la station française de Valloire, après une semaine qui a éprouvé les organismes, surtout les plus maigres.

Le Britannique Bradley Wiggins et le Canadien Ryder Hesjedal, qui pouvaient être les opposants principaux de l'Italien Vincenzo Nibali, bien placé désormais pour s'imposer dimanche prochain à l'arrivée à Brescia, ont abandonné, pour raisons de santé, durant la deuxième semaine de course. Tous deux ont pour point commun de figurer parmi les coureurs les plus maigres du peloton, même si leurs mensurations présentées ici ou là sont sujettes à caution (1,90 m et 69 kg pour Wiggins, 1,89 m et 67 kg pour Hesjedal). "Un sportif de haut niveau est exposé aux infections virales plus que le sportif amateur", rappelle le médecin de l'équipe FDJ, le Dr Yann Mossler, qui travaille avec le Dr Gérard Guillaume. "Des modifications se passent au niveau hormonal et le sportif très entraîné devient plus fragile que le quidam". L'obsession du poids a-t-elle des conséquences sur la santé ? "C'est un ensemble de facteurs qui joue", répond le Dr Mossler. "Si la maigreur se fait aux dépens de la masse musculaire... En-dessous d'un certain poids, les coureurs peuvent être plus fragiles. Tout dépend aussi de ce qu'ils ont fait avant, de leur état de fatigue. Beaucoup de courses ont été très dures cette année à cause de la météo. Sur ce Giro, j'ai des coureurs malades qui ne sont pas spécialement maigres". Le médecin se garde en réalité de privilégier les taux de masse grasse: "On sait que les coureurs descendent jusqu'à 6 ou 8 %, ce qui semble être la limite supportable, alors qu'un homme non-sportif est aux alentours de 15-20 %. Ce sont des estimations car cela dépend de la façon dont on mesure. On ne cherche pas à ce que le coureur ait un chiffre précis. Il s'agit plus d'un suivi sur la même balance d'indépendancemétrie pour voir l'évolution." Dans ce Giro rendu très éprouvant par le mauvais temps, 27 coureurs seulement ont abandonné après 15 étapes. "Ils peuvent être un peu faibles au niveau masse grasse, ils sont en bonne santé", relève le Dr Mossler. "Sur la durée, un sportif de haut niveau peut présenter une petite baisse de l'immunité, suite à la modification de ses hormones, et être plus sensible à des affections virales. Mais, après, il va récupérer plus vite que vous ou moi". Pour déterminer l'état de fatigue, crucial dans la course de grand fond que représente un grand tour de 21 jours de course, l'entourage du coureur utilise d'autres indicateurs. Principalement, la puissance qu'il est possible de mesurer en permanence et aussi un marqueur au niveau cardiaque, l'intervalle R-R. "Ce marqueur est l'intervalle de fréquence cardiaque", explique le médecin. "Il est très simple à utiliser et permet de voir l'état de forme au long cours. C'est en somme un indicateur de fatigue chronique, le reflet de l'état de santé intrinsèque du coureur". jm/eb

(AFP)

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