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CyclismeTour d'Italie - Nibali redonne sa fierté au cyclisme italien (PAPIER GENERAL)

BRESCIA (Italie), 26 mai 2013 (AFP) - Vincenzo Nibali, vainqueur pour la première fois du Giro, dimanche, devant la foule des "tifosi" à Brescia, a redonné sa fierté au cyclisme italien, traumatisé par les affaires de dopage et son absence du podium un an plus tôt.

Dans une édition marquée par le mauvais temps, qui a conduit à l'annulation d'une étape entière et de plusieurs grands cols, Nibali est sorti vainqueur par KO du duel annoncé au départ de Naples, le 4 mai, avec le vainqueur du Tour de France, le Britannique Bradley Wiggins (non partant à la 13e étape). Le Sicilien, qui porte depuis l'intersaison les couleurs de l'équipe kazakhe Astana, a surtout éclairé la "course rose", partie sur un rythme frénétique, dans le sud de la péninsule. En tête au soir du contre-la-montre de Saltara (8e étape), qui aurait dû permettre à Wiggins de creuser l'écart, Nibali a porté le maillot rose jusqu'à Brescia (nord), sans jamais faiblir. "Le plus mauvais moment, c'est sur la route de Pescara (7e étape) quand j'ai chuté deux fois", a déclaré l'Italien qui a affirmé encore davantage sa supériorité dans la troisième semaine. Il a gagné les deux derniers rendez-vous majeurs, le contre-la-montre en côte de Polsa (jeudi) puis l'arrivée dans la tourmente de neige aux Trois Cimes de Lavaredo (samedi). Entre-temps, la 19e étape qui devait franchir le Gavia et le Stelvio avait été annulée. Le défi du Tour Nibali, dont les performances chiffrées ont été inférieures à celles des vainqueurs de la décennie précédente, a fait oublier dans les médias italiens l'affaire de dopage du vétéran Danilo Di Luca (37 ans), contrôlé positif à l'EPO avant le départ. Symbole d'un cyclisme qui a fait la part belle aux préparateurs et aux médecins-dopeurs, Di Luca a quitté la course à deux jours de son terme. Il a laissé tout l'espace à Nibali, en qui le cyclisme italien veut voir un rédempteur, susceptible de catalyser l'enthousiasme du public, et peut-être à terme de gagner le Tour de France. Nibali l'a dit à plusieurs reprises depuis le début d'une carrière entamée en 2005, il rêve de gagner les trois grands Tours. La Vuelta et maintenant le Giro en poche, il doit logiquement s'attaquer au défi du Tour, dont il a pris l'an passé la troisième place. Mais, il a déjà prévenu, ce ne sera pas pour cette année: "Je pourrais peut-être être dans le coup les deux premières semaines, la troisième semaine serait de trop". Cavendish l'autre vainqueur Le Sicilien de Messine, dont l'éducation cycliste s'est faite en Toscane à l'adolescence, a rejeté aussi l'hypothèse d'un "doublé": "Je préfère me fixer un objectif à la fois. La préparation du Tour de France n'est pas la même que pour le Giro. Les cols sont plus longs, le rythme n'est pas le même". Pour l'heure, Nibali, très sollicité depuis le début de la saison, songe surtout aux vacances. Histoire de savourer son parcours 2013, ses victoires dans Tirreno-Adriatico, le Tour du Trentin et surtout le Giro, une année après un podium composé entièrement de coureurs étrangers (Hesjedal, J. Rodriguez, De Gent). A Brescia, le grand vainqueur du Giro a cotoyé sur le podium Rigoberto Uran (2e à 4 min 43 sec), symbole de la montée en puissance du cyclisme colombien qui a placé aussi Carlos Betancur à la cinquième place, et l'Australien Cadel Evans, troisième à l'âge de 36 ans. Mais l'autre vainqueur de cette 96e édition s'appelle... Mark Cavendish, qui a enlevé au sprint la 21e et dernière étape. Pour la cinquième fois depuis le départ, le Britannique de l'île de Man s'est adjugé un sprint massif. Depuis ses débuts en 2008, il n'avait encore jamais fait aussi bien sur le Tour d'Italie, dont il a conquis aussi le maillot rouge du classement par points. jm/gv

(AFP)

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