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cyclismeTour de France/10e étape - Froome, le retour du perfectionniste (PORTRAIT)

Par Benoît NOEL La Pierre Saint-Martin (France), 14 juil 2015 (AFP) - Un peu plus d'un an après son abandon dans la 5e étape du Tour-2014, le Britannique Chris Froome a revêtu le costume qu'il avait endossé une première fois en 2013: celui de patron d'un Tour de France qui semble lui tendre à nouveau les bras.

Le "Kenyan blanc", impressionnant vainqueur au terme de la première ascension de la Grande Boucle mardi à La Pierre Saint-Martin, avait prévenu: "dès la minute qui avait suivi mon abandon l'an dernier, j'avais déjà le regard tourné vers l'édition 2015. Ma préparation avait débuté !" Froome est "un perfectionniste", selon son directeur sportif français, Nicolas Portal. Dans son esprit, tout doit être réglé comme du papier à musique. Et au sein de la formation Sky, qu'il a rejointe lors de sa création en 2010 en provenance de Barloworld, il a trouvé un environnement qui correspond à son style méticuleux. Froome, le diamant brut, sera taillé et poli par le manager Dave Brailsford, malgré des débuts contrariés par une grave infection parasitaire contractée lors d'un voyage en Afrique du Sud et qui aurait pu précipiter la fin de sa carrière. C'eût été un gâchis: Froome va se révéler en pleine lumière lors du Tour d'Espagne 2011. Il termine 2e d'une Vuelta qu'il aurait pu gagner, si l'équipe Sky n'avait pas privilégié la carte de son compatriote Bradley Wiggins. Cette performance va toutefois convaincre sa formation de poursuivre avec lui, notamment sur le Tour 2012. Il s'y effacera de nouveau en faveur de Wiggins avant de revenir comme leader unique en 2013, l'année de sa victoire après avoir remporté cette saison-là le Tour d'Oman, le Critérium international, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné Christopher Froome devance au classement général le Colombien Nairo Quintana de plus de trois minutes. De quoi augurer d'une domination sans partage de Froome sur le Tour ? Pas si vite ! Car le cyclisme est aussi fait d'impondérables, comme sa chute et son abandon en 2014. Le 26 juillet prochain à Paris pourrait sonner comme une revanche sur cette fatalité. Fromme pourrait alors reprendre sa marche en avant vers de nouveaux grands succès colorés de jaune. Pourtant, rien à l'origine ne laissait présager un tel destin au natif de Nairobi, au Kenya, qui a grandi en Afrique du Sud. Lui-même a longtemps cru qu'il ne serait qu'un coureur moyen. "Avant le Tour d'Espagne 2011, j'avais des performances fluctuantes mais cette année-là, je me suis dit qu'un jour, je pourrais gagner un grand Tour", avait-t-il expliqué. De coureur moyen à vainqueur du Tour: le soupçon s'est rapidement invité dans la vie de ce champion qui n'a de cesse de répéter qu'il est un coureur propre. "Je demande que l'on me respecte à ce titre, pour le travail énorme que j'ai accompli pour en arriver là", a-t-il encore dit mardi à La Pierre Saint-Martin. bnl/bvo

(AFP)

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