Publié

CyclismeTour de France - 10e étape: Kittel de plus en plus grand (PAPIER GENERAL)

Par Jean MONTOIS SAINT-MALO (Ille-et-Vilaine), 09 juil 2013 (AFP) - Marcel Kittel, l'un des grands gabarits (1,89 m) du peloton, s'est imposé pour la deuxième fois depuis le départ du Tour de France, mardi à Saint-Malo, en conclusion d'une étape bretonne festive.

Mark Cavendish, à l'origine de la chute du Néerlandais Tom Veelers, le "lanceur" de Kittel, a pris la troisième place de cette 10e étape. Derrière le champion d'Allemagne Andre Greipel, devancé dans les derniers mètres par le vainqueur du jour. "Si je suis fautif, je suis désolé", a réagi ensuite sur son compte twitter "Cav", accusé par les images et les commentaires bien plus que par ses adversaires et les faits. Car le champion de Grande-Bretagne, qui a touché de l'épaule son adversaire (à terre dans la seconde suivante) en pleine décélération, a surtout cherché à garder le sillage des deux coureurs qui le précèdent (Greipel, Kittel). "Tout d'un coup, Cavendish m'est rentré dedans", a raconté Veelers, dont la chute n'a pas eu heureusement de conséquences dramatiques, tant pour lui-même ("j'ai plein d'ecchymoses mais ça ira") que pour les coureurs qui le suivaient. Son chef de file s'est montré fair-play. "Cavendish a voulu passer par la droite alors que Tom était en train de ralentir. Je ne peux pas imaginer qu'il l'ait fait exprès. On était près de l'arrivée et c'était chaotique", a estimé Kittel. Le jury des commissaires, loin de se fier à l'émotion du moment, a d'ailleurs absous Cavendish qui a gardé son rang au classement de l'étape. "La faute est commise par Veelers qui ralentit et fait un mouvement comme pour se retourner. Cavendish le heurte à ce moment-là", a relevé le directeur de course, Jean-François Pescheux, en plein accord avec le président du jury. Le champion de Grande-Bretagne, qui est passé à une époque pour le "bad boy" du sprint, s'est montré fataliste: "Je sais que vous avez tous envie de dire que Mark Cavendish est un sprinteur méchant. Il y aura des forums sur internet avec des gens qui deviendront fous sur le sujet. Mais tout ce que j'ai fait, c'est de suivre ma route." En revanche, Cavendish a reconnu sa défaite sportive. Son train, avec le Belge Get Steegmans pour dernier élément, n'a pu le lancer vers la 25e victoire d'étape attendue, du fait pour l'essentiel d'une concurrence de très haut niveau. Kittel et Greipel disposent eux aussi d'un environnement de choix et chaque sprint massif -il y en a eu trois depuis le départ, à Marseille, Montpellier et Saint-Malo- se transforme en un championnat du monde de la discipline. Pour l'heure, l'avantage appartient à Kittel, déjà vainqueur à Bastia lors de la journée d'ouverture. Mais le puissant coureur de l'équipe Argos n'avait pas eu alors de rivaux à sa mesure. Greipel et Cavendish avaient été retardés par la maxi-chute survenue dans les derniers kilomètres. Quels écarts peut creuser Froome dans le contre-la-montre du Mont-Saint-Michel ? Le porteur du maillot jaune, étonnamment isolé dans le final de l'étape de Saint-Malo -deux coéquipiers seulement près de lui dans les 20 derniers kilomètres !- doit creuser les écarts sur ses rivaux directs. Le profil, relativement plat, et la distance (33 km) lui conviennent. Sur un parcours comparable dans l'étape chronométrée du Critérium du Dauphiné, le 5 juin dernier, il avait pris la troisième place derrière deux spécialistes (T. Martin et Dennis). Il avait surtout repoussé ses adversaires espagnols pour le classement général à plus de deux minutes et demie. Ce jour-là, Alejandro Valverde avait lâché 2 min 37 sec sur 32,5 kilomètres et Alberto Contador 8 secondes supplémentaires. Quant à Joaquim Rodriguez, il avait lâché près de 3 minutes. Si l'addition était aussi élevée à l'arrivée au Mont-Saint-Michel, le retard du camp espagnol atteindrait la cote d'alerte. Reste à savoir ce que peut faire le grimpeur colombien Nairo Quintana, mieux armé (il a gagné le titre espoirs dans son pays en 2009) que son lointain prédécesseur Lucho Herrera dans cet exercice. Invité à désigner son principal adversaire, Froome s'est basé sur la logique mathématique en citant le nom du deuxième, Valverde, distancé pour l'instant de 1 min 25 sec. Mais l'écrin superbe du Mont-Saint-Michel a toutes les chances d'accueillir une nouvelle vérité. jm/ep

(AFP)

Votre opinion