Publié

cyclismeTour de France - 10e étape: le peloton sonné par Froome mais pas surpris (PAPIER D'ANGLE)

Par Benoît NOEL La Pierre Saint-Martin (France), 14 juil 2015 (AFP) - La démonstration de Chris Froome dans l'ascension de La Pierre Saint-Martin mardi a assommé le peloton du Tour de France mais les acteurs ou suiveurs de la course n'étaient guère surpris par la performance du Britannique.

"Chris s'est comporté en patron. Il est déjà et sans doute définitivement le boss de la course", déclarait sur la ligne l'Espagnol Miguel Indurain, ancien quintuple vainqueur du Tour qui avait suivi le final de l'étape, les yeux rivés sur un écran géant au côté de son alter ego français Bernard Hinault. "Froome est vraiment sur une autre planète", déclarait de son côté le Français Tony Gallopin, brillant 9e de l'étape, qui avait longtemps pu suivre le rythme des meilleurs. "A mi-côte, j'étais encore tout content d'être avec Froome. D'habitude, je dois attendre les résumés à la télé pour voir ses performances en montagne. Pour une fois, j'étais avec lui pour voir ça de près. Je dis bien pour une fois, car il évolue vraiment sur une autre planète", plaisantait le coureur de l'équipe Lotto. Le leader de la formation Sky avait déjà "impressionné" Marc Sergeant le directeur sportif de Lotto lors de la première semaine. "Il marche très fort. On avait pu le voir lors des étapes de plat, il était déjà très agressif sur le vélo", notait-il. Yvon Madiot, directeur sportif à la FDJ embrayait: "Pour moi, c'était déjà fini après le chrono par équipes. On voyait que Froome était au-dessus du lot". Plutôt que d'évoquer les soupçons de dopage, toujours présents dans le cyclisme après une performance comme celle de mardi, les observateurs interrogés préféraient louer la force collective de Sky pour expliquer l'exploit de Froome. "Il est entouré par des garçons qui seraient tous leaders dans d'autres équipes. Quand on voit que Richie Porte va partir pour être leader dans une autre grande équipe, cela situe le niveau des Sky, racontait Jean-René Bernaudeau, le patron d'Europcar. Ils étaient encore quatre à aider Froome à huit kilomètres du but. C'est un luxe pour un leader". Le manager français se disait aussi "admiratif" devant le Kenyan blanc: "Sa réussite ne m'étonne pas. Il fait preuve de beaucoup de professionnalisme. Il ne s'est pas raté. Il a attaqué de très loin; ce n'est pas ce qu'il fait d'habitude. Chapeau !" Avant d'ajouter: "Froome ne peut plus être battu que par lui-même". L'admiration faisait aussi de la place à la résignation, notamment parmi les principaux rivaux de Froome. Nibali: "Il a frappé un grand coup". Contador: "Chris a montré toute son autorité". Quintana: "Froome a été plus fort". Pour le Colombien , il n'est pas encore question de capituler. Mais le coureur de la Movistar qui estimait avoir effectué "une bonne montée", doit se dire, comme tous les autres, que bousculer Froome pourrait bien être mission impossible. bnl/bvo

(AFP)

Votre opinion