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cyclismeTour de France/20e étape - Quintana: "l'Alpe" n'a pas fait oublier la Zélande (PAPIER D'ANGLE)

Par Benoît NOEL L'Alpe d'Huez (France), 25 juil 2015 (AFP) - Le Colombien Nairo Quintana, auteur d'une somptueuse ascension de L'Alpe d'Huez samedi, maudira sans doute longtemps le temps perdu lors de l'étape de Zélande en début de Tour, mais voulait déjà se tourner vers l'avenir à la veille de l'arrivée aux Champs-Élysées.

"J'ai perdu le Tour lors de la première semaine", regrettait le leader de la formation Movistar, 2e samedi derrière le Français Thibaut Pinot. La deuxième étape de la Grande Boucle a en effet pesé lourd dans la balance finale. Le 5 juillet, sous la pluie et dans les coups de bordures entre les provinces néerlandaises d'Utrecht et de Zélande, Quintana avait concédé une minute et vingt-huit secondes au Britannique Chris Froome. Samedi soir, l'écart le séparant du maillot jaune était moindre: une minute et douze secondes après qu'il ait refait dans L'Alpe d'Huez une partie de son retard (1 minute 20, plus 6 secondes de bonification). "Aux Pays-Bas, je me suis retrouvé seul face au vent quand les autres leaders étaient accompagnés d'équipiers. Ça me coûte le Tour", estimait le Colombien sans pour autant jeter la pierre à ses équipiers. "Mon équipe a été merveilleuse. Je me suis senti soutenu comme jamais. Je n'ai qu'un mot: merci". Quintana sait aussi que l'on ne refait pas le scénario d'une course a posteriori. Qui sait si Froome et ses autres adversaires n'auraient pas adopté une autre stratégie si les évènements ne lui avaient pas été aussi défavorables en première semaine ? Équipier de Quintana et troisième du général, l'Espagnol Alejandro Valverde estimait d'ailleurs que la victoire de Froome était "amplement méritée". "Chris était le plus fort. Il a fait face à beaucoup de difficultés avec maîtrise. Il faut l'en féliciter", déclarait le vétéran (35 ans) de l'équipe Movistar. Quant à Froome lui-même, il refusait de refaire la course "avec des si...". "Si je n'avais pas possédé cet avantage à ce moment de la course (en Zélande), ma stratégie aurait alors été différente, assurait le Britannique à la veille de l'arrivée à Paris. J'aurais sans doute été plus agressif. On ne refait pas la course avec des si . Cela dit, chapeau à Nairo qui a affiché une mentalité exemplaire durant ces trois semaines." Déjà deuxième du Tour en 2013, vainqueur du Giro en 2014, Quintana s'est sans doute posé en principal adversaire de Froome pour les prochaines années. "J'ai prouvé que je peux rivaliser sur la durée", jugeait le Colombien, "finalement satisfait du résultat final". "Contador n'est pas encore parti, des jeunes vont arriver mais c'est vrai que Nairo est bien lancé pour m'embêter quelques années encore", concédait Froome, soulignant que son adversaire avait "l'avantage de l'âge. Il n'a que 25 ans, cinq de moins que moi." Car Quintana, qui se dit "patient", ambitionne encore de devenir le premier Colombien a dominer la Grande Boucle. "J'ai une belle occasion cette année. Mais si ce n'est pas pour cette fois, ce sera plus tard. Je suis jeune", a-t-il martelé pendant trois semaines. Reste que, quand l'occasion se présente de s'imposer dans la plus grande course du monde, il faut savoir la saisir. Le grimpeur Quintana sait mieux que personne que le parcours de ce Tour était taillé pour lui. Même s'il répondra que le vent de Zélande n'avait rien d'aimable pour un Sud-Américain. bnl/pyv

(AFP)

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