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CyclismeTour de France - Dans les pas d'un chaperon, "petite main" de la lutte antidopage (REPORTAGE)

Par Simon VALMARY TOURS, 11 juil 2013 (AFP) - Il est 16h58 à Tours, sur la ligne d'arrivée de la 12e étape du Tour de France.

Gilles Cheveau est aux aguets, il essaie d'entendre le nom du vainqueur qu'il devra emmener au contrôle antidopage: "C'est Kittel ! On y va !" Dans la nuée de journalistes, photographes et coureurs qui envahit la ligne d'arrivée, le chaperon se fraye un passage sans s'affoler en essayant de garder un oeil sur le sprinteur allemand, noyé sous les sollicitations. Mais il ne fait pas obstacle aux interviews, ni aux nombreuses accolades du sprinteur allemand avec ses équipiers. "On reste discret. On est les petites mains du contrôle antidopage mais on est indispensables", explique ce retraité de la Marine Nationale, employé par la Société Sport Ethics et coordinateur des chaperons sur le Tour. "Sur une arrivée au sprint, c'est le plus compliqué pour nous parce que le peloton arrive groupé et derrière ça bloque très vite. Il faut ouvrir les yeux, mettre le grand angle pour repérer les coureurs dans la masse. Pour le vainqueur, c'est assez simple parce qu'il sait qu'il doit aller au contrôle et son soigneur le prend en charge sur la ligne. Je n'ai qu'à le surveiller", explique-t-il. Quand Kittel fait demi-tour pour rejoindre le podium, Gilles Cheveau reste dans son sillage. Habillé d'un polo noir, il passe inaperçu. Seul un brassard arc-en-ciel marqué UCI (Union cycliste internationale) le distingue. "Depuis ce Tour de France, on nous a enlevé les chasubles jaunes marquées Chaperon . Tout le monde en est content, même les équipes et les coureurs nous le disent", explique-t-il. Après le "coup de feu" de l'arrivée, Gilles Cheveau doit ensuite patienter pendant que le vainqueur satisfait aux obligations protocolaires et médiatiques. Pendant une heure, il suit le colosse allemand à distance, ne le quitte pas des yeux pendant que Kittel enchaîne les interviews. Il attendra que toutes soient finies pour le guider vers le local antidopage installé à proximité. "Jamais de souci avec les coureurs" Son rôle est de remettre le coureur à l'inspecteur UCI et au médecin de l'AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) qui effectueront le prélèvement des 100 ml d'urine requis. "Ça peut être long, ça dépend des physiologies. Pour certains, surtout après des contre-la-montre ou des prologues (des épreuves courtes, ndlr), ça peut durer une heure et demie ou deux. Parfois, il faut qu'il sorte, marche, sautille, se détende... Nous on reste à côté, on est leur dame de compagnie", sourit-il. "Il n'y a jamais de souci avec les coureurs, assure-t-il. Parfois un mouvement d'humeur, genre Encore moi ? , sur des contrôles du matin aux hôtels quand on les réveille. Mais ils nous connaissent et comprennent. Avant, ils faisaient l'amalgame entre nous et la décision de contrôler. Or ce n'est pas nous qui choisissons: moi on me dit on contrôle untel et untel . Je le sais à 10-15 kilomètres de l'arrivée, et je ne sais même pas si c'est ciblé ou tiré au sort". Sur la 12e étape, outre le vainqueur et le maillot jaune obligatoirement contrôlés, deux coureurs ont été désignés: l'Espagnol Jonathan Castroviejo (Movistar) et l'Australien Richie Porte (Sky). Kittel sera le dernier à arriver au contrôle, à 18h00. Heureusement pour Gilles Cheveau, il en ressortira à peine plus de cinq minutes plus tard. "C'est bon, on a fini". Mais la journée ne l'est peut-être pas: "On saura au repas s'il y a des contrôles à opérer dans les hôtels ce soir, auquel cas ça pourra nous mener jusqu'à 23h00". sva/bvo

(AFP)

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