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CyclismeTour de France - Deux têtes d'affiche pour le match de l'année (PRESENTATION)

Par Jean MONTOIS Leeds (Royaume-Uni), 4 juil 2014 (AFP) - Une semaine terriblement piégeuse attend les coureurs du Tour de France, qui débute samedi sur les terres anglaises de Leeds, avant la montagne et le match attendu entre Chris Froome et Alberto Contador, les deux têtes d'affiche de la 101e édition.

Piment indispensable au menu de la Grande Boucle, le suspens règne, au moins à l'entame des 3664 kilomètres, dans le lointain Yorkshire. Froome ou Contador? Contador ou Froome? "C'est un match mais ils ne sont pas les seuls", affirme, ou plutôt espère, le directeur du Tour Christian Prudhomme, qui a tout fait pour que le parcours 2014 incite à l'inattendu, aux surprises, aux coups de théâtre. "On fera le point au pied des Vosges", résume Marc Madiot, le manager de la FDJ.fr, quand on lui parle classement général pour son grimpeur Thibaut Pinot, l'un des espoirs du cyclisme français avec Romain Bardet. Ils sont nombreux, comme lui, à croiser les doigts pour franchir sans encombre le premier tiers du Tour, éviter les chutes et les cassures dans les sprints, passer les (neuf) secteurs pavés de Paris-Roubaix sans perdre trop de temps. Chaque groupe a entouré son chef de file (Bennati pour Contador, Eisel et Thomas pour Froome) afin de parer au danger. Mais une journée de grand stress attend les candidats au maillot jaune mercredi prochain, au départ de la ville d'Ypres où le roi des Belges a prévu de venir. Ce Tour, qui attire les familles royales (William, Kate et Harry sont annoncés pour la première journée), accorde aussi une large place au nord et à l'est de la France. En attendant l'entrée en montagne, il rendra hommage aux victimes de la guerre de 1914-1918 dans cette partie du pays martyrisée voici un siècle. Premier massif de cette édition, les Vosges sont visitées trois jours durant jusque dans leurs recoins. Avec pour point culminant la première vraie arrivée au sommet, le 14 juillet à la Planche des Belles Filles, où les Britanniques avaient fait main basse sur le Tour en 2012. L'étape pour Chris Froome, le maillot jaune pour son coéquipier Bradley Wiggins, qui allait devenir ensuite le premier Anglais vainqueur du Tour. Deux ans plus tard, le cyclisme fait tourner la tête aux Britanniques, devenus une puissance du cyclisme. Ils comptent le dernier lauréat (Froome) et le coureur le plus souvent victorieux (Cavendish). Mais, dans le peloton des 198 participants, quatre seulement présentent un passeport britannique puisque Wiggins a été laissé sur la touche. Sans que cela diminue pour autant l'enthousiasme du Yorkshire, un comté qui s'est habillé de jaune pour le "Grand départ" le plus septentrional de l'histoire du Tour. Avec, pour remettre le premier maillot de leader samedi soir à Harrogate, une certaine Kate Middleton, Duchesse de Cambridge et épouse de William, peut-être futur Roi. "Ce sera une grande bataille jusqu'au bout", a annoncé Froome, qui se dit au moins en aussi bonne forme que l'an passé, malgré divers contretemps. Autrement dit, jusqu'aux Pyrénées, avec deux courtes mais très dures étapes (Saint-Lary, Hautacam) en conclusion de la haute montagne, et le contre-la-montre -le seul de cette édition- dans le Périgord, sur 54 kilomètres, à la veille de l'arrivée le 27 juillet sur les Champs-Elysées. Cette bataille fait fantasmer les autres candidats au podium, rejetés dans l'ombre des deux favoris. Le nouveau champion d'Italie Vincenzo Nibali, transcendé par son maillot national, l'Espagnol Alejandro Valverde, le Portugais Rui Costa, champion du monde en titre, aussi rusé que discret, les jeunes Américains Andrew Talansky et Tejay Van Garderen, et quelques autres (Rolland, Mollema, Van den Broeck, Péraud). Car le Tour, qui aime les duels à même d'entretenir sa légende, est loin de se résumer à deux hommes. Dès la journée d'ouverture, les sprinteurs accaparent l'attention. Cavendish, qui suscite encore plus d'intérêt que Froome dans le Yorkshire, abat sa meilleure carte s'il veut endosser, à 29 ans, le maillot jaune qui fait défaut à son très riche palmarès. Sous l'oeil des objectifs et des caméras, qui contribuent au rayonnement du Tour, épreuve mondiale -avec pour la première fois un Chinois dans le peloton!- en même temps que fantastique vitrine pour la France, le "Cav" affronte les meilleurs sprinteurs du monde, et surtout l'Allemand Marcel Kittel, vainqueur à quatre reprises l'an passé. L'enjeu est écrasant pour Cavendish, qui sait l'ampleur du défi. "Le Tour, a-t-il répété à Leeds, est la course la plus dure au monde". jm/ol/gv

(AFP)

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