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cyclismeTour de France - Froome "soulagé" après s'être "battu contre tellement d'éléments" (ENTRETIEN)

L'Alpe d'Huez (France), 25 juil 2015 (AFP) - Le Britannique Chris Froome, en passe de remporter dimanche à Paris son deuxième Tour de France, s'est dit "fier et soulagé" samedi à L'Alpe d'Huez après s'être "battu contre tellement d'éléments" durant une Grande Boucle "terriblement dure".

Q: Quels sentiments sont les vôtres à la veille de ce nouveau succès au Tour ? R: "Gagner le Tour une première fois, c'était un rêve. Ici, c'est encore un autre sentiment très fort. J'ai l'impression d'avoir tout combattu, tout vaincu. Et je n'aurais pu le faire sans une grande équipe, sans la structure Sky. Je pense aujourd'hui à tous ces petits détails qui me permettent de posséder cette avance (1 minute 12 secondes, ndlr) sur Nairo Quintana." Q: Quelle était votre stratégie et quand l'aviez-vous mise au point ? R: "J'avais choisi l'étape de La Pierre Saint-Martin pour attaquer. J'avais averti mes équipiers que j'attaquerais à cet endroit. C'était planifié depuis trois semaines. Ce jour-là (la 10e étape), j'ai pris une avance qui m'a ensuite permis de contrôler Quintana. Bien sûr, si j'en avais eu l'occasion, j'aurais peut-être attaqué davantage. Quintana avait lui un autre plan: attaquer dans les Alpes. Mais à ce moment, moi, je n'avais plus qu'à m'accrocher et à contrôler. J'ai frappé un grand coup à La Pierre Saint-Martin mais la véritable clé du succès, ce fut ma constance. En Zélande, vers Huy, dans la montagne..." Q: Avez-vous vécu ce samedi l'ascension la plus difficile de votre carrière ? R: "A chaud, je répondrais oui. Mais j'ai vécu bien d'autres montées très dures. Aujourd'hui, je suis passé par différentes émotions. J'ai vraiment cru que cela pourrait ne pas fonctionner. J'étais inquiet, je ne vais pas mentir. J'étais occupé à mourir mille morts. Mais j'ai aussi été rassuré car les écarts n'augmentaient pas de façon trop importante. On a réussi à maîtriser. Wout (Poels) et Richie (Porte) on fait un travail formidable en imposant le bon tempo. Je me sens privilégié d'avoir ces gars à mes côtés. C'est un soutien irréel pour moi, comme si je ne le méritais pas, c'est trop." Q: Sans le temps perdu par Nairo Quintana dans la bordure de l'étape de Zélande, aurait-il pu gagner ? R: "Avec des si... Si je n'avais pas possédé cet avantage à ce moment de la course, ma stratégie aurait alors été différente. J'aurais sans doute été plus agressif. On ne refait pas la course avec des si . Cela dit, chapeau à Nairo qui a affiché une mentalité exemplaire durant ces trois semaines." Q: Avec Nairo, vous terminez loin devant tous les autres. Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir ? R: "Je ne suis pas devin. Mais dans tous les grands tours il y a de gros écarts au sein du top-10. Et, cette année, tous les coureurs vous diront qu'ils ont vécu le Tour le plus dur de leur carrière. C'est aussi ce qui explique de tels écarts. Concernant Nairo, il est clair qu'il sera présent dans les prochaines années. Il va m'embêter encore longtemps et en plus, il a l'avantage de l'âge" (25 ans pour 30 ans à Froome, ndlr). Q: Vous avez été visé par des comportements hostiles de certains spectateurs. Ce maillot jaune a-t-il été un poids ? R: "Non, jamais. Cela a été un honneur. Ce maillot est un rêve pour tous les coureurs. En aucun cas, cela ne peut être un poids à supporter. Mais c'est vrai que cette année, on a du se battre contre tellement d'éléments. On aurait pu se déconcentrer, oublier ce qu'il fallait faire en terme de course. Mais les événements ont soudé davantage l'équipe." Q: Mais des spectateurs vous ont encore craché dessus ce samedi. Qu'est-ce que ça vous inspire ? R: "Il y avait à nouveau des personnes agressives. Mais 99% de la foule a été fantastique. C'est cela que je veux retenir du Tour de France ! Ces milliers de fans au bord de la route et qui nous encouragent. C'est dommage quand certains individus ont un comportement déplorable qui nuit à la majorité des vrais supporters. Mais je n'ai rien fait de mal et je ne mérite pas ça. Je ne prends d'ailleurs pas les huées à titre personnel. C'est circonstanciel. Et ça n'enlève rien à ma joie d'être à Paris en jaune." Propos recueillis en conférence de presse bnl/pyv

(AFP)

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