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CyclismeTour du Qatar: des coureurs et les Soul Riders, Hell's Angels version qatarie (MAGAZINE)

Par Olivier LUCAZEAU DOHA, 8 fév 2013 (AFP) - Au Tour du Qatar, Cavendish a fait le show avec quatre victoires d'étapes, mais il y avait aussi les Soul Riders, ces Hell's Angels version qatarie, intégrés à l'organisation de l'épreuve et inratables parmi les motards de la caravane avec leurs Harley-Davidson chromées.

Vendredi, avant l'arrivée des coureurs sur la corniche, les Champs-Elysées de la capitale émiratie, pour le verdict final du Tour, ils ont été une cinquantaine à défiler face à la baie de Doha, derrière leur leader Khaled Al Hamadi. Officiellement partie prenante de l'organisation du Tour du Qatar, leur rôle était pourtant bien flou. "Ouvrir et fermer la route", a expliqué à l'AFP M. Al Hamadi, "aider les officiels, transporter des photographes". "Bénévolement", précise-t-il. Concrètement, ils ont surtout été vus sur leurs impressionnantes machines, des choppers parfois, accompagnant le convoi des coureurs et des voitures suiveuses, jusqu'au départ des étapes, musique à fond. Seul et unique mot d'ordre de ces motards: "One Passion, One Heart, One Soul" ("Une seule passion, un seul coeur, une seule âme"). Et une certitude: au Qatar, royaume de la démesure, les Soul Riders font eux aussi dans l'excès. Comme avec ce modèle, monté par Abdulla Al Hajjaj, réplique exacte de la Harley d'un des protagonistes de la série télévisée "Sons of Anarchy". Pour être Soul Rider, une seule condition requise en fait: avoir une Harley, ou au moins une énorme cylindrée. Sinon, ce groupe compte des hommes comme des femmes, des Qataris comme des étrangers, à l'instar de Rania Al Ashker la Palestinienne ou Rutavi Mehta l'Indienne, des musulmans comme des juifs ou des chrétiens. "Nous sommes tous frères", insiste Khalid Al Hamadi en souriant, "quelles que soient nos différences". A ses côtés, une des membres du groupe, chargée de prendre des photos de l'épreuve, porte d'ailleurs le voile. Avec leurs blousons de cuir noir frappés de leur logo, un bédouin le visage partiellement caché par un keffieh, ces motards détonnent à Doha. Dans le hall du luxueux hôtel où était basée l'organisation du Tour de l'émirat, ils tranchaient avec les Qataris vêtus de la traditionnelle dishdash, cette longue tunique blanche, ou avec les femmes en abayas noires, le visage souvent totalement couvert par leur hidjab. Créée il y a à peine cinq mois, l'association des Soul Riders est déjà incontournable à Doha. Et ils sont invités à toutes les manifestations d'ampleur dans la capitale. Pour faire le spectacle. A écouter Khalid Al Hamadi, ils ne seraient pourtant que des citoyens normaux. "Certains sont policiers, d'autres travaillent pour le gouvernement", explique-t-il. Et d'éluder en souriant quand on lui demande où exactement: "Pour le gouvernement, cela suffit." En attendant leur prochain rendez-vous public, les Soul Riders vont continuer leurs virées rugissantes à travers l'émirat. Dont ils postent régulièrement les vidéos sur le Net. ol/mam

(AFP)

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