28.11.2014 à 12:13

rugbyTournées - Angleterre: Farrell fragilisé, Ford relance le débat de l'ouvreur (MAGAZINE)

Par Colin DRONIOU Londres, 28 nov 2014 (AFP) - L'Angleterre pensait avoir trouvé en Owen Farrell son ouvreur pour le Mondial-2015, mais le début de saison compliqué du N.10 des Saracens et l'émergence de George Ford ont relancé le débat chez les observateurs à ce poste stratégique.

"George a gagné le droit de rejouer contre l'Australie, il a été assez bon" contre les Samoa samedi dernier, a ainsi annoncé cette semaine le sélectionneur Stuart Lancaster, en asseyant sur le banc Farrell, décevant titulaire en 10 pour le deux premiers tests d'automne. En déportant d'abord Farrell au centre contre les Samoa (28-9), le technicien anglais avait d'abord été accusé de ne pas vouloir trancher. L'éviction du XV de départ du fils de son adjoint Andy, ainsi que la deuxième titularisation de l'ouvreur de Bath samedi (15h30) contre les Wallabies, unanimement souhaitée après une première convaincante (13 points), ravivent donc la concurrence au poste. "Si Ford se sort aussi bien du test contre l'Australie, Lancaster devra reconnaître qu'il est le meneur pour le Tournoi et le Mondial, a ainsi écrit dans le quotidien The Sun Will Carling, l'ancien capitaine anglais. Malheureusement, (...) il n'y a aucune certitude que le sélectionneur suivra cette voie. Il a déjà tellement investi sur Farrell que c'est compliqué de dévier maintenant". A 23 ans, Farrell compte déjà 28 sélections avec le XV de la Rose et une autre avec les Lions britanniques. International depuis le Tournoi des six nations 2012, cet efficace buteur et féroce compétiteur semblait confortablement installé depuis le 38-21 passé aux All Blacks il y a deux ans. L'éclosion d'un ex-copain de lycée, cinq sélections seulement depuis mars mais visiblement plus créatif dans l'animation, est donc une sérieuse épine dans le pied. D'autant plus que la presse semble avoir pris le parti de Ford, à l'image de The Times qui a estimé que Ford avait "excellé" contre les Samoa. "Il a été plus rugueux, plus offensif et sent mieux le jeu au pied que Farrell." L'exil en N.12 a même été un cadeau empoisonné pour Farrell qui, selon Will Carling (72 sél.), "ne mérite même pas une place au centre tellement il est en méforme. Le conserver, c'est envoyer un mauvais signal, les joueurs peuvent ressentir du favoritisme" "Ford(...) n'a pas peur des risques et pense vite. C'est un métal précieux", poursuit l'ancien centre. "C'est malheureux d'avoir mis autant de temps pour choisir le bon N.10, jugeait encore dans The Guardian l'ex-N.8 international Dean Ryan. Maintenant, la question c'est: que faire de Farrell, doit-il continuer de jouer au centre?" Même s'il voit Farrell se "dégripper" rapidement, Ryan pense également que le "charitable" Lancaster a forcé le retour d'un joueur longtemps blessé depuis septembre. Champion du monde en 2003, l'entraîneur Clive Woodward prend lui le contre-pied. Plus nuancé, il est le seul à ménager Farrell et désigner là où Ford doit progresser. "Individuellement, Ford a été bien meilleur que Farrell mais ils doivent rejouer ensemble le plus possible, assure-t-il. Mon grand regret, c'est que Farrell ait été remplacé car ce duo doit avoir le temps de grandir". "A Ford, qui a admis son erreur, je ferais le reproche constructif d'avoir trop cherché à produire du jeu d'entrée. L'Angleterre aurait dû d'abord s'installer", poursuivait-il. "Farrell, lui, aime trop le combat physique dans les regroupements et cela me préoccupe. Mais l'avantage d'avoir deux joueurs semblables, c'est que vous avez toujours une solution", concluait-il en souhaitant plutôt la titularisation d'un centre moins lent que Brad Barritt pour les aider. cd/jgu

(AFP)

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