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rugbyTournées - Australie: facile comme "Izzy" Folau (MAGAZINE)

Par Nicolas KIENAST Paris, 12 nov 2014 (AFP) - Talent hors du commun, imprévisible dans les un-contre-un et impressionnant sur les ballons hauts, l'arrière de l'Australie Israel Folau sera une nouvelle fois l'une des principales menaces pour le XV de France, samedi au Stade de France.

La désastreuse tournée du mois de juin aura au moins permis aux Français de découvrir Folau, "une individualité pas mal", selon l'ailier français Yoann Huget, évidemment ironique: "Israel Folau est sur une autre planète, à l'image de Sonny Bill Williams (le centre des All Blacks, NDLR)." Avant les Bleus, qui ont encaissé trois essais de Folau en juin, les Lions britanniques avaient déjà fait connaissance avec le phénomène australien, auteur de deux essais contre eux pour sa première sélection, en juin 2013, alors qu'il n'avait que quelques mois de pratique du rugby à XV derrière lui ! Car avant d'affoler les compteurs à XV, Folau (25 ans, 17 essais en 26 sélections) avait battu des records de précocité à XIII, où il fut le plus jeune joueur à être sélectionné pour l'Australie, à 18 ans, avant de basculer vers le football australien. "En 2009, je me brise la cheville à un moment où je me perdait dans l'alcool, les sorties et les filles. Quand je suis rentré au vestiaire, j'ai su que c'était une punition de Dieu, un message pour me permettre de repartir de zéro en AFL (football australien)", révélait dans la presse australienne Folau, élevé dans la foi chrétienne par ses parents originaires des Tonga. Il y connaîtra le succès, comme à XIII puis désormais à XV grâce, notamment, à "des capacités innées, particulièrement dans les un-contre-un", d'après l'ancien sélectionneur australien Ewen McKenzie: "Il est capable de faire jouer derrière lui même quand il est plaqué. C'est un joueur imprévisible et sans limites." L'arrière est ainsi en quelque sorte l'électron libre des Wallabies, plutôt habitués à développer un jeu reposant sur des temps de jeu bien déterminés, celui qui "ralentit les montée défensives adverses" selon Robbie Deans, qui l'a lancé en sélection. "Je joue dans un style similaire à celui des Français: je m'adapte à ce qu'il se passe durant le match, sans que cela soit trop structuré", relevait-il devant la presse française en juin. "C'est un joueur clé des Wallabies. J'ai aussi joué contre lui en club, et c'est une personnalité qui fait peur à une équipe! Si tu relâches l'attention sur lui, il peut te surprendre à tout moment. Il adore prendre les espaces pour percer les défenses", appuie Nick Phipps, le demi de mêlée australien. "Quand on le regarde jouer sur le Four Nations, je ne pense pas qu'il ait perdu un seul un-contre-un au contact", poursuit Huget, admiratif de sa "faculté à se sortir du plaquage", héritée du XIII comme Williams. Perce-murailles en force ou, le plus souvent, en évitement grâce à des appuis déroutants, habile manieur de ballon, Folau est également très impressionnant sur les ballons hauts, bien aidé par son mètre 93, ainsi que par sa pratique du football australien et du XIII. "(Le football australien) m'a aussi bien aidé, dans ma transition vers le XV, au niveau du jeu au pied et du positionnement. Et le XIII sur ma capacité de réaction", soulignait Folau l'année dernière dans la presse australienne. En dehors des terrains, il est décrit par Phipps comme "particulièrement à l'écoute des jeunes de l'équipes, à qui il apporte des conseils", et "très humble". "Il serait probablement énervé contre moi si je vous disais pas qu'il est le meilleur du monde", rigole ainsi le demi de mêlée. Humble et talentueux: on comprend pourquoi la Fédération australienne a cassé sa tirelire, l'année dernière, pour lui faire prolonger de deux ans l'aventure à XV. Avec en ligne de mire les jeux Olympiques de 2016 à VII, ce qui ne devrait, encore une fois, lui poser aucun problème d'adaptation. nk/jcp

(AFP)

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