13.11.2014 à 16:10

rugbyTournées - Australie: Michael Cheika, expert en redressement (MAGAZINE)

Par Nicolas KIENAST Paris, 13 nov 2014 (AFP) - Appelé au chevet de l'Australie, Michael Cheika s'est forgé une réputation d'entraîneur à poigne et à succès, adepte de la méthode forte pour ramener sur la voie du succès des équipes en déliquescence.

Il fallait bien un pompier pour éteindre le feu dans la maison des Wallabies, qui se dresse devant la France samedi après avoir été incendiée par la démission mi-octobre d'Ewen McKenzie à la suite d'une affaire extra-sportive. Décrivant le profil qui avait guidé son choix, le président de la Fédération australienne Bill Pulver avait ainsi mis en avant, lors de la nomination de Cheika, le caractère "extrêmement passionné" d'un technicien qui a "démontré, par le passé, sa capacité à faire gagner les équipes qu'il a menées, à force de motivation et de travail acharné". Agé de 47 ans, Cheika a effectivement su redresser un Leinster moribond pour lui apporter sa première Coupe d'Europe, en 2009, puis les Waratahs, vainqueurs du Super-15 début août. Seul entraîneur à avoir gagné ces deux compétitions majeures, il s'est d'emblée montré en accord avec sa réputation. "Il ne faut pas se mentir, des choses vont changer et cela va faire mal, je vous le garantis. C'est comme ça. Les résultats viendront si l'équipe comprend son identité et là où on veut aller (...) Cette tournée doit servir à renforcer le mental", a-t-il ainsi prévenu à l'arrivée en Europe des Wallabies. Cela a dû piquer, comme l'a confirmé à demi-mots le demi de mêlée Nick Phipps: "L'arrivée de Cheika est vivifiante. Même s'il ne change pas notre culture de jeu. Il connaît parfaitement notre identité mais il apporte des nouveautés au niveau de la mentalité notamment. Il est très exigeant. Avec lui tu dois tenir le ballon, tu ne dois jamais reculer. Jamais marcher." Alors, Cheika, qui a écopé de plusieurs amendes par le passé pour ses coups de sang, est-il dur avec ses troupes ? "Il a peut-être cette réputation, mais il faut s'y habituer. C'est peut-être dur au début, mais c'est bien: il a amené ce qu'il a fait avec les Waratahs, et quand on voit ce qu'il a réussi à faire avec eux...", a témoigné l'ailier Joe Tomane. S'il est désormais prophète en son pays, le technicien d'origine libanaise s'est cependant forgé sa réputation à l'étranger: ancien troisième ligne centre de bon niveau mais jamais sélectionné chez les Wallabies, Cheika a notamment évolué au début des années 90, à Castres, au Stade Français puis en Italie, où il a débuté sa carrière d'entraîneur. Après un retour au pays, c'est donc au Leinster qu'il acquiert ses lettres de noblesse, avant de retrouver le Stade Français, cette fois comme entraîneur, afin d'enrayer le déclin du club parisien. Une fois encore, en imposant sa méthode: "Dans toutes les équipes, dans toutes les entreprises, dans tous les gouvernements, il y a des mauvaises périodes. L'important, c'est comment on réagit quand ça ne marche pas bien pour remettre les choses dans l'ordre", expliquait-il ainsi à son arrivée. Mais les "décisions difficiles" prises par Cheika, en terme de management, de choix de joueurs ou de stratégies, ont fini par susciter le mécontentement de l'effectif, qui a obtenu sa tête en 2012. Deux ans plus tard, il revient en France dans un nouveau costume mais avec la même étiquette d'expert en redressement. nk/jmt/jde

(AFP)

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