13.11.2014 à 18:23

rugbyTournées - Australie: Michael Cheika, expert en redressement (MAGAZINE-ACTUALISATION)

Par Nicolas KIENAST Paris, 13 nov 2014 (AFP) - Appelé au chevet de l'Australie, Michael Cheika s'est forgé une réputation d'entraîneur à poigne et à succès, adepte de la méthode forte pour ramener sur la voie de la victoire des équipes en déliquescence.

Il fallait bien un pompier pour éteindre le feu dans la maison des Wallabies, qui se dresse devant la France samedi après avoir été incendiée par la démission mi-octobre d'Ewen McKenzie à la suite d'une affaire extra-sportive. Âgé de 47 ans, Cheika était déjà venu au secours du Leinster, moribond avant qu'il lui apporte sa première Coupe d'Europe, en 2009, puis des Waratahs, vainqueurs du Super-15 début août. Seul entraîneur à avoir gagné ces deux compétitions majeures, il a d'emblée mis les choses au clair. "Il ne faut pas se mentir, des choses vont changer et cela va faire mal, je vous le garantis. C'est comme ça. Les résultats viendront si l'équipe comprend son identité et là où on veut aller (...) Cette tournée doit servir à renforcer le mental", a-t-il ainsi prévenu à l'arrivée en Europe des Wallabies. Détaillant sa méthode, il a encore enfoncé le clou jeudi: "La seule façon d'unir vraiment une équipe, c'est de la faire travailler dur ensemble. Qu'elle soit soudée, qu'elle lutte et perde du sang ensemble." "J'aime être le chef", a ajouté Cheika qui, interrogé sur les nouvelles règles instaurées, a simplement répondu: "Respect, respect. Si un joueur n'est pas au maximum à l'entraînement, il sait qu'il ne jouera pas, pas besoin d'autres règles." Cela a dû donc piquer, comme l'a confirmé à demi-mots le demi de mêlée Nick Phipps: "L'arrivée de Cheika est vivifiante. Même s'il ne change pas notre culture de jeu. Il connaît parfaitement notre identité mais il apporte des nouveautés au niveau de la mentalité notamment. Il est très exigeant. Avec lui tu dois tenir le ballon, tu ne dois jamais reculer. Jamais marcher." Alors, Cheika, qui a écopé de plusieurs amendes par le passé pour ses coups de sang, est-il dur avec ses troupes ? "Il a peut-être cette réputation, mais il faut s'y habituer. C'est peut-être dur au début, mais c'est bien: il a amené ce qu'il a fait avec les Waratahs, et quand on voit ce qu'il a réussi à faire avec eux...", a témoigné l'ailier Joe Tomane. "Je laisse beaucoup de responsabilités au joueur, dans la vie ou sur le terrain, mais en retour lui je lui demande d'être mieux préparé, de mieux prendre des décisions en match", a souligné le sélectionneur. S'il est désormais prophète en son pays, le technicien d'origine libanaise s'est cependant forgé sa réputation à l'étranger: ancien troisième ligne centre de bon niveau mais jamais sélectionné chez les Wallabies, Cheika a notamment évolué au début des années 90, à Castres, au Stade Français puis en Italie, où il a débuté sa carrière d'entraîneur. Après un retour au pays, c'est donc au Leinster qu'il acquiert ses lettres de noblesse, avant de retrouver le Stade Français, cette fois comme entraîneur, afin d'enrayer le déclin du club parisien. Une fois encore, en imposant sa méthode: "Dans toutes les équipes, dans toutes les entreprises, dans tous les gouvernements, il y a des mauvaises périodes. L'important, c'est comment on réagit quand ça ne marche pas bien pour remettre les choses dans l'ordre", expliquait-il ainsi à son arrivée. Mais ses décisions, en terme de management, de choix de joueurs ou de stratégies, ont fini par susciter le mécontentement de l'effectif, qui a obtenu sa tête en 2012. "Pour moi, il y a une manière de réussir: tout le monde doit être en ligne, le chef (le président), le coach, le capitaine et les joueurs. Le coach doit avoir une ligne directrice que personne ne peut couper. Au Stade Français, ce n'était pas comme ça", a-t-il expliqué. Deux ans plus tard, il revient en France dans un nouveau costume mais avec la même étiquette d'expert en redressement. nk/jmt/jde/adc

(AFP)

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