13.11.2014 à 13:56

rugbyTournées/Ecosse-Nouvelle-Zélande: Cotter se jauge contre son équipe de coeur (MAGAZINE)

Par Colin DRONIOU Londres, 13 nov 2014 (AFP) - Après six premiers mois intéressants comme sélectionneur de l'Écosse, le Néo-Zélandais Vern Cotter pourra jauger des progrès de sa méthode, mêlant touche écossaise et style personnel, lors du choc contre les All Blacks samedi, son premier test majeur.

Ian Foster, actuel adjoint néo-zélandais et ancien adversaire avec Waikato, décrypte le style Cotter: "Il a fait du très bon boulot avec Bay of Plenty (équipe néo-zélandaise où Cotter a fait ses premiers pas d'entraîneur, de 2000 à 2004). Avec lui, l'équipe arrivait à produire un jeu travaillé, mais également physique et rude. Je vois des similitudes avec ce que l'Ecosse essaie de faire." Après Bay of Plenty, Cotter a affiché un excellent bilan d'adjoint chez les Crusaders, double vainqueurs du Super-12 (2005 et 2006), avant de quitter en 2006 son pays de naissance, qu'il retrouvera sans doute avec émotion samedi. Ensuite, le technicien de 52 ans était revenu en France pour entraîner Clermont jusqu'au printemps dernier, après avoir déjà fini sa carrière de N.8 en écumant de 1990 à 1999 des clubs du terroir comme Rumilly, Castelnau ou Lourdes. En Auvergne, Cotter a procédé par étapes pour finir par apporter à l'ASM le premier Bouclier de Brennus de son histoire en 2010, après trois finales d'affilée. Mais il a ensuite buté au niveau européen, avec deux demi-finales en 2012 et 2014, entrecoupées d'une défaite en finale à l'arraché contre Toulon en 2013 (16-15). S'il a façonné Clermont à son image, lui donnant la réputation d'une équipe joueuse, imposant de longues séquences et capable de tout emporter dans un tourbillon de folie, l'aventure s'est terminée en eau de boudin, avec notamment la fin de la série de 77 matches d'invincibilité dans la forteresse Marcel-Michelin, juste avant son départ pour l'Écosse. A la tête du XV du Chardon, il a remplacé l'intérimaire australien Scott Johnson, au bilan peu reluisant, même si le vivier écossais peut difficilement rivaliser avec celui des meilleures nations. Les premiers pas de Cotter cet été lors d'une tournée éreintante ont ramené un peu de l'honneur perdu, grâce à trois victoires serrées mais sans prestige contre les États-Unis (24-6), le Canada (19-17) et l'Argentine A (21-19). Ensuite, son équipe a coulé en Afrique du Sud (55-6), mais était alors privée de ses meilleurs joueurs. La victoire de samedi contre les Pumas (41-31) est en revanche bien plus probante. Il s'agit, en effet, de la première à domicile de l'Écosse depuis celle contre le Japon en novembre 2013. Elle n'avait également plus passé cinq essais à une nation majeure depuis août 2007. Mais c'est bien après le test déséquilibré face à la Nouvelle-Zélande, également pays natal des joueurs du XV du Chardon Sean Maitland et Blair Cowan, que pourront vraiment être évalués les premiers effets de la méthode Cotter. "Vern essaye de réintroduire la touche écossaise, tout en apportant son propre style personnel, précise le centre écossais Mark Bennett, déjà sous les ordres de Cotter à Clermont en 2011-2012. L'équipe pensait que l'on s'éloignait un peu du modèle écossais. On essaye de retrouver cela, les racines de notre jeu, notre héritage." "Vern connaît la psychologie des Blacks bien plus que nous, Ecosssais, poursuit son capitaine Graig Laidlaw. Si le match est serré, ils s'en sortent toujours et ce n'est pas un hasard. Il a vraiment envie que l'Ecosse retrouve un peu ses racines. Avec lui, il est avant tout question de courage et de détermination, et de coller à ça. On ne pas va se poser de questions. On va essayer de se jeter sur le ballon quand on pourra et de resserrer les lignes derrière." cd/nk/sk

(AFP)

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