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rugbyTournoi - Irlande: un jeu restrictif à l'épreuve des critiques (MAGAZINE)

Londres, 20 mars 2015 (AFP) - Le jeu de l'Irlande, vanté comme gagnant depuis un an malgré ses imperfections, est désormais dévalué après sa première défaite dans le Tournoi des six nations et avant le dernier match en Ecosse samedi.

Tombé à Cardiff (16-23) où il a plus affiché quelques limites que réellement déjoué dans les grandes largeurs, le XV d'Irlande, pourtant toujours en lice pour un premier doublé depuis 1949, a redécouvert le goût des critiques. Le tenant du titre n'y était plus habitué après une série de dix victoires d'affilée, record égalé. De quoi aussi relativiser l'amertume. L'essentiel des regrets porte sur l'incapacité de l'Irlande à inscrire des essais, ce qu'elle n'a fait que quatre fois dans ce Tournoi, et à s'en remettre à la botte de Jonny Sexton pour enfiler les pénalités. Or, à Cardiff, l'ouvreur a pioché au pied et dans le jeu, ne parvenant jamais à créer des décalages malgré plus de 60% de taux de possession et d'occupation pour son équipe. "Comparé aux autres équipes, on n'est pas largué en ce qui concerne les essais marqués, est cependant monté au front l'arrière Rob Kearney. Jusque-là, c'est moyen partout. Si c'est frustrant de ne pas marquer plus, parfois il faut regarder où en sont les autres équipes. Et si vous voyez qu'une tendance se dégage (les défenses prennent le pas sur les attaques dans ce Tournoi, ndlr), cela apaise un peu la frustration". "C'est normal, quand vous perdez sans avoir bien joué, qu'il y ait des critiques, et elles sont vraisemblablement justifiées. Donc cela ne me surprend pas. Mais on sait quelle est l'ambiance dans le groupe, il n'y a pas de pessimisme", a-t-il ajouté. "Si vous commencez à jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est compliqué de repartir de zéro, a renchéri le sélectionneur Joe Schmidt. Je ne pense pas que l'on doive revenir au tableau noir". "On ne se crée pas beaucoup d'occasions mais cela peut être vu comme un avantage, écrivait aussi l'ancien international Alan Quinlan dans l'Irish Times. Sans bien jouer, on échoue à seulement un essai converti (à Cardiff). On a été pris à notre propre jeu, pressé en touche, fautif au sol, mangé en défense par un adversaire affamé. Ils ont aussi remporté tous les duels aériens. L'Irlande a essayé de porter plus la balle mais le pays de Galles a limité nos transmissions en ciblant nos demis". Dominatrice depuis 12 mois, l'Irlande a aussi encaissé sa troisième défaite sous Schmidt car elle s'est retrouvée dans une situation dont elle n'avait plus l'habitude: courir après le score. "Avec Joe Schmidt, l'Irlande n'en a pas trop eu besoin. Ce territoire inconnu nous a coûté un Grand Chelem", analysait encore Quinlan, regrettant que le XV du Trèfle "se repose sur ses avants", avant de se projeter sur la Coupe du monde (18 septembre-31 octobre): "Pour réussir, il va falloir trouver une nouvelle façon d'inscrire des essais. Car c'est la seule façon de se mettre à l'abri". cd/nk/gv

(AFP)

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