31.01.2013 à 15:39

RugbyTournoi- Italie: Lo Cicero, un "Baron" presque centenaire (MAGAZINE)

Par Emmanuel BARRANGUET ROME, 31 jan 2013 (AFP) - A 36 ans, le pilier Andrea Lo Cicero va fêter sa 99e sélection contre la France, dimanche, et devrait battre le record en équipe d'Italie au cours du Tournoi des six nations, une réussite que le parfois fantasque "Baron" doit à sa persévérance.

"Je ne suis pas fou. Si j'étais fou, je n'y serai jamais arrivé", affirme Lo Cicero, qui n'est plus qu'à trois sélections du record d'Alessandro Troncon (101 sélections), devenu entraîneur des avants de la "Nazionale". "Je ne suis pas comme on croit, il y a beaucoup de superficialité, des gens pensent nous connaître à travers quelques interviews", ajoute le joueur du Racing-Métro, un des chouchous des tifosi. Côté fantaisie, Lo Cicero est une des têtes d'affiche du rugby italien. D'un strip-tease --partiel-- dans un spectacle de variétés à la télévision italienne à une émission culinaire, il incarne son sport dans un pays historiquement plus porté par le ballon rond. Mais il y a aussi son côté sérieux. "C'est un personnage", sourit Jacques Brunel, qui l'a presque toujours titularisé depuis un an qu'il dirige l'Italie. "Je lui fais confiance parce qu'il donne tout. Même s'il est plus près de la fin, même s'il sait qu'il ne fera pas le prochain Mondial, il est toujours exemplaire", ajoute le Français. Il est encore trop tôt pour penser à son meilleur moment en équipe nationale, l'historique victoire contre la France en 2011 ou son essai contre la Nouvelle-Zélande (8 essais en 98 sélections). "Pour l'instant, je joue, je n'ai pas de souvenir, je veux m'amuser, j'y penserai après." Ce record en vue lui fait plaisir, "mais je serai fier seulement quand j'aurai arrêté", explique-t-il. "J'aurais pu être proche des 120 sélections si je n'avais pas perdu ces deux ans" où l'entraîneur Sud-Africain de la sélection, Nick Mallett, ne le convoquait plus. "Ç'aurait été bien pour les Italiens d'avoir un joueur à 120 capes", plus près du record du monde de l'Australien George Gregan (139). S'il se retourne sur son passé, il évoque l'enfance à Catane , où il est né dans une famille de vieille noblesse du temps des Bourbons, Lo Cicero Vaina, d'où il tient son surnom, "Il Barone". Il a "frôlé" la délinquance. "J'ai eu un passage difficile, comme beaucoup de jeunes, des amitiés un peu diverses vers 13, 14 ans". Mais "le rugby comme les autres sports m'a aidé à grandir, m'a appris à m'impliquer." Champion d'Italie avec Rome en 2000, Lo Cicero repasse par la France, après un échec au Stade Toulousain en 2003, quand l'entraîneur Pierre Berbizier l'emmène dans le projet du Racing-Métro, en 2007. Il y est toujours et a gardé une grande fidélité à "Berbize". "Nous avons un lien spécial, j'ai découvert une personne forte, quelqu'un qui compte dans le rugby, et il m'a fait progresser", l'adoube le Baron. Il a toujours eu "un bon feeling" avec les entraîneurs français, George Coste, Berbizier et maintenant Brunel. "Ils sont plus proches de nous, Italiens, dans le jeu, la mentalité. Il faudrait peut-être que les Sud-Africains ou les Néo-Zélandais connaissent mieux notre culture. Avec Mallett, je n'ai pas eu de vrai rencontre quand il m'a mis hors de la Nazionale. Mais je n'ai rien dit." Parce qu'il "respecte le jeu, le travail et les coéquipiers. C'est la loi du rugby". Et celle du Baron. eba/sva/we

(AFP)

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