Présidentielle française – «Tous les candidats débattent, sauf lui. C’est un paradoxe»

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Présidentielle française«Tous les candidats débattent, sauf lui. C’est un paradoxe»

À 26 jours du premier tour, la campagne présidentielle française peine à susciter des débats. Un candidat est prêt à déposer les plaques, a-t-il même annoncé mardi.

Le président français Emmanuel Macron est critiqué pour sa campagne.

Le président français Emmanuel Macron est critiqué pour sa campagne.

AFP

Le président du Sénat qui interroge la «légitimité» d’un président qui serait élu sans campagne, un petit candidat – Jean Lassalle – qui menace de jeter l’éponge: à défaut de débats, la campagne présidentielle connaît quelques remous mardi, à 26 jours du premier tour.

L’attaque n’est pas nouvelle, mais elle est frontale. Et émane du deuxième personnage de l’État, Gérard Larcher (LR): «Le président de la République veut être réélu sans jamais avoir été réellement candidat, sans campagne, sans débat, sans confrontation d’idées».

«C’est un paradoxe»

«Tous les candidats débattent, sauf lui. C’est un paradoxe!» a lancé le président du Sénat dans un entretien au Figaro, estimant qu’Emmanuel Macron «n’a sans doute pas envie de confronter son bilan aux réalités». Et «s’il n’y a pas de campagne, la question de la légitimité du gagnant se posera», selon lui.

Cette attaque en règle du président-candidat, grand favori dans les sondages pour un second mandat, intervient juste après la première grande soirée électorale de la campagne, lundi soir sur TF1, avec la participation de huit candidats sur 12. Ce vrai-faux débat, très policé et sans surprise, n’a pas permis une confrontation directe entre les prétendants à l’Elysée, qui ne sont même jamais croisés sur le plateau.

«Propos irresponsables»

Le camp présidentiel est très vite monté au créneau après les attaques de la droite, dont la candidate Valérie Pécresse est en difficulté dans les sondages autour de 11/13%. Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a ainsi dénoncé sur France Inter des «propos irresponsables», qui font «courir une petite musique qui serait un procès en illégitimité».

«Dès lors qu’il le peut», le chef de l’État «participe à cette campagne», a également riposté le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France 2, rappelant qu’Emmanuel Macron doit présenter jeudi lors d’une conférence de presse «de trois heures» son projet pour un second quinquennat.

Sous le feu des critiques

Mobilisé par la guerre en Ukraine et ses fonctions de président en exercice du Conseil de l’UE, Emmanuel Macron n’a pourtant pour l’heure participé à aucun meeting de campagne. À Marseille, il s’est ainsi fait représenter samedi par Gabriel Attal et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Il avait alors expliqué être retenu par le dossier ukrainien, dans une vidéo de 22 minutes diffusée pour la première fois en public et appelée à être projetée dans plusieurs meetings régionaux.

Le président, donné à quelque 30% d’intentions de vote au premier tour, refuse également de débattre directement avec les autres candidats avant le premier tour, justifiant sa décision par le fait que les autres présidents sortants en lice pour un second mandat ne s’étaient pas prêtés à cet exercice.

Cette attitude le place sous le feu des critiques de ses rivaux, notamment la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, donnée par les enquêtes d’opinion à la deuxième place (17/18%), donc qualifiée pour le second tour, comme en 2017.

Pour le député et porte-parole du RN Sébastien Chenu, Emmanuel Macron «aimerait enjamber l’élection, être reconduit de façon tout à fait tacite pour accélérer sa politique de déconstruction de notre pays», estimant que «les Français ne vont pas laisser faire, ils vont s’emparer de cette élection et aller voter massivement pour dire stop à Emmanuel Macron».

«Ne plus faire semblant»

Un des quatre candidats non invités à la soirée de TF1, le candidat iconoclaste Jean Lassalle s’était déjà étranglé d’être traité comme un «candidat de merde et inutile». Lors d’un grand oral sur la décentralisation mardi, il a haussé le ton, envisageant de se retirer de la course à l’Elysée, irrité de ne pas être invité aux débats électoraux.  «Je l’envisage fortement à l’heure qu’il est», a expliqué le député des Pyrénées-Atlantiques, promettant de prendre une décision dans la journée.

Dans son intervention, Jean Lassalle s’en est pris à la «famille Bouygues», propriétaire de TF1 et qui avait passé, selon lui, un «contrat» avec François Mitterrand et Jacques Chirac pour donner la parole à tout le monde. «Tout cela a volé en éclats», a-t-il déploré.

Réagissant aux déclarations de Jean Lassalle qui la précédait lors de l’audition, la candidate RN Marine Le Pen a jugé «absolument inadmissible (…) qu’à l’issue de l’obtention de ces parrainages, il y ait des candidats qui continuent à ne pas être traités comme les autres».

(AFP)

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