Actualisé 20.01.2017 à 20:42

Avalanche en ItalieTous les enfants ont pu être sortis des décombres

Les opérations pour retrouver des rescapés dans l'hôtel englouti par la neige ont porté leur fruits, vendredi.

1 / 58
La justice italienne a ouvert jeudi une enquête criminelle pour «négligence, imprudence et insouciance» à l'encontre de six personnes, dont des responsables locaux, après l'avalanche meurtrière survenue dans les Abruzzes, en janvier. (Jeudi 27 avril 2017)

La justice italienne a ouvert jeudi une enquête criminelle pour «négligence, imprudence et insouciance» à l'encontre de six personnes, dont des responsables locaux, après l'avalanche meurtrière survenue dans les Abruzzes, en janvier. (Jeudi 27 avril 2017)

AFP
Les pompiers italiens ont annoncé jeudi matin avoir extrait les deux derniers corps de l'hôtel enseveli la semaine dernière par une avalanche dans les abruzzes. Ce qui porte le nombre de victimes à 29 personnes. (26 janvier 2016)

Les pompiers italiens ont annoncé jeudi matin avoir extrait les deux derniers corps de l'hôtel enseveli la semaine dernière par une avalanche dans les abruzzes. Ce qui porte le nombre de victimes à 29 personnes. (26 janvier 2016)

AFP
Le décompte macabre se poursuit sous l'hôtel dévasté en Italie. Désormais, la catastrophe a fait 24 morts et cinq personnes sont toujours disparues. (25 janvier 2016)

Le décompte macabre se poursuit sous l'hôtel dévasté en Italie. Désormais, la catastrophe a fait 24 morts et cinq personnes sont toujours disparues. (25 janvier 2016)

AFP

Des dizaines de secouristes fouillaient vendredi sans relâche l'hôtel dévasté par une avalanche mercredi dans le centre de l'Italie. Ils ont retrouvé au moins onze survivants, près de 48 heures après le drame. Et tous les enfants ont pu être sauvés. A Berne, le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a indiqué vendredi qu'il n'a pas «pour l'instant connaissance de blessés ou de victimes suisses.»

Jeudi, les secouristes avaient retrouvé deux premiers rescapés, un client et un employé qui attendaient, chauffage allumé, dans l'unique voiture épargnée par la coulée. Le total de ces survivants entre jeudi et vendredi atteint donc 13 personnes.

Une trentaine de personnes, dont quatre enfants, ont été ensevelis par l'avalanche qui a détruit une grande partie de l'hôtel Rigopiano, un établissement de 43 chambres et quatre étages. Il est situé à 1200 m d'altitude dans les Abruzzes.

Quatre corps ont pour le moment été extraits des décombres. Ils ont été transportés à la morgue de l'hôpital de Pescara, sur la côte, où le parquet a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire.

Les quatre enfants qui étaient portés disparus ont été sauvés, a confirmé la Croix-Rouge vendredi en début de soirée, après le sauvetage de trois d'entre eux dans l'après-midi. Un petit garçon de 7 ans, de même que sa mère, avaient déjà été arrachés vivants en fin matinée de l'amas de neige et de débris.

Les pompiers ont diffusé des images de la mère et de l'enfant émergeant, sous les applaudissements des secouristes, d'un trou creusé dans la neige pour atteindre l'hôtel enseveli.

Toujours une quinzaine de disparus

Six survivants ont été retrouvés dans une poche d'air, dont un blessé. Les secours tentaient d'extraire cinq autres personnes encore en vie, et cherchaient toujours plus d'une quinzaine de disparus. Un des deux rescapés des premières heures, épargné d'un cheveu par l'avalanche, a ainsi pu retrouver sa femme et ses deux enfants miraculés.

Un secouriste de la police ayant participé au sauvetage des six survivants en fin de matinée a raconté: «Nous avons vu de la fumée, il y avait des petits feux dans les décombres, et là où il y a du feu c'est qu'il y a de l'air alors nous avons commencé à creuser». «Leurs visages disaient tout, c'était comme une nouvelle naissance pour eux», a-t-il expliqué, en évoquant aussi «l'euphorie de les avoir retrouvés vivants» après tous les efforts fournis.

Les recherches continuent

Juste après le drame, aucun signe de vie n'émanait des décombres. Mais les secouristes, dont les premiers étaient arrivés dans la nuit de mercredi à jeudi après 7 km à ski sous les bourrasques de neige et la menace d'autres avalanches, n'ont pas ménagé leurs efforts.

De nouvelles pelleteuses sont arrivées sur le site. «Les recherches vont se poursuivre. Nous espérons qu'il y a d'autres poches d'air et que la neige a évité que les gens aient trop froid, en les isolant comme un igloo», a expliqué Marco Bini. Les décombres sont ensevelis sous jusqu'à cinq mètres de neige, a déclaré un secouriste présent sur place.

Autre signe d'espoir: Lupo et Nuvola, les deux chiens de l'hôtel, de grands bergers des Abruzzes blancs, ont été retrouvés sains et saufs jeudi soir dans un hameau à 4 km et recueillis par une voisine qui venait d'adopter leurs chiots.

La progression des secours est cependant difficile. Les décombres sont ensevelis sous jusqu'à cinq mètres de neige, a déclaré un secouriste présent sur place. Et la structure risque de s'écrouler et qu'un radoucissement des températures augmente encore un peu plus le risque de nouvelle avalanche au-dessus de l'hôtel.

Ce risque était élevé dans tout le centre de l'Italie, qui a connu depuis une dizaine de jours des chutes de neige historiques et a été frappé mercredi par quatre fortes secousses d'une magnitude de 5,2 à 5,7.

Les premières images de l'intérieur de l'hôtel

Un des deux premiers rescapés est un client de l'hôtel, Giampiero Parete, un cuisinier de 38 ans. Il a raconté que beaucoup voulaient partir après les fortes secousses sismiques qui ont frappé la région mercredi à la mi-journée. «A 14h, on était dans le hall à attendre qu'un chasse-neige nous ouvre la route jusqu'à la vallée», a-t-il expliqué. Annoncé d'abord à 15h, le chasse-neige a été reporté à 19h.

Peu après 17h, il est sorti prendre des médicaments pour sa femme dans la voiture. «A peine je suis sorti, je sens le vent et j'entends un bruit sourd et très fort d'arbres qui se cassent, de troncs qui roulent. Puis l'hôtel s'est écroulé, abattu par une énorme vague de neige et de morceaux de la montagne», a-t-il expliqué.

Ce sont finalement sa femme et son fils qui ont été sortis en premier des décombres vendredi, apparemment en bonne santé, même si sa fille de 6 ans manque toujours à l'appel.

Enquête en cours

Le parquet de Pescara, sur la côte adriatique, a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire.

Selon les médias italiens, il s'agit d'abord de comprendre pourquoi le chasse-neige n'est pas venu, même si beaucoup reconnaissent que la situation des clients de l'hôtel n'était pas une priorité.

La zone n'était d'ailleurs pas considérée comme à risque d'avalanche, a expliqué à la presse Francesco Peduto, président du Conseil national des géologues.

Cependant, «des chutes de neige comme on n'en avait pas vu depuis 50 ans et un tremblement de terre au même moment représentent une combinaison d'événements que même la géologie a du mal à imaginer», a-t-il ajouté.

L'enquête judiciaire entend aussi faire la lumière sur des témoignages de proches des victimes, qui disent que les autorités ont mis longtemps à les croire lorsqu'ils ont donné l'alerte, ce que les secours démentent.

Quatre morts à cause des séismes

Le gouvernement a débloqué vendredi 30 millions d'euros de fonds d'urgence. Et dans toute la région, près de 7000 personnes, dont 3000 militaires, sont mobilisées pour venir en aide aux sinistrés des dernières secousses, aux centaines d'habitants de hameaux isolés et aux dizaines de milliers de foyers privés d'électricité.

En plus des victimes de l'hôtel, les secousses ont fait au moins quatre morts, dont trois retrouvés vendredi.

De nombreuses écoles sont restées fermées, soit pour des vérifications après les secousses, soit à cause de la neige.

Et ces deux urgences ont frappé une région qui peinait déjà à se relever après les séismes plus puissants d'août et octobre: à Amatrice, la localité la plus touchée par le tremblement de terre qui avait fait près de 300 morts le 24 août, un tirage au sort doit avoir lieu à la mi-journée pour sélectionner les bénéficiaires des 25 premières habitations temporaires en bois.

(ats-aec)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!