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FootballTous les secrets de la photo d'équipe

Les Suisses ont été «shootés» cette semaine à Lugano. Laurent Gilliéron, l’un des trois photographes responsables, raconte le moment.

par
Tim Guillemin
à Lugano
Keystone

Mercredi, peu avant l’entraînement du soir, les vingt-trois sélectionnés pour la Coupe du monde se sont présentés dans une salle de gym de Lugano, pas loin du Cornaredo. Accompagnés du staff de l’équipe nationale, bien sûr. POur une fois, le but n’était pas de travailler le physique sous les ordres d’Oliver Riedwyl, mais bien de faire une belle photo d’équipe, celle qui sera utilisée pour tous les posters officiels dans les prochains jours à l’approche de la Coupe du monde en Russie.

Dans la salle les attendait Gaëtan Bally, photographe réputé de Keystone, qui a notamment effectué les portraits officiels du Conseil fédéral, entre autres mandats prestigieux. «Et il y avait des enfants, invités pour l’occasion. On a eu un peu peur, mais ça va, ils ont été sages», sourit Laurent Gilliéron, photographe et responsable du bureau romand de Keystone, l’agence mandatée pour ce shooting particulier. «Il y a pas mal de boulot de préparation, raison pour laquelle nous étions trois. Mais celui qui a pris les photos, c’est Gaëtan», précise le Romand.

Les trois spécialistes avaient installé dix flashes, un nombre conséquent. «Pour un sujet normal, c’est plutôt deux ou trois», précise Laurent Gilliéron. En arrivant dans la salle, les joueurs ont vite su où se placer: le nom de chacun était inscrit à l’endroit où il devait se trouver. En France par exemple, le sujet du placement est très sensible: les stars doivent être au milieu de la photo, le plus près possible du sélectionneur. Le positionnement sur la photo donne une vraie idée de la hiérarchie du groupe. Avec la Suisse, rien de tout ça. «Non, pas du tout. C’est l’ASF qui a décidé. Xherdan Shaqiri, par exemple, s’est retrouvé sur une extrémité. Rien à voir avec le statut ou le talent du joueur. Evidemment, pour des raisons de couleurs de maillot, les trois gardiens étaient ensemble, c’est logique», explique Laurent Gilliéron.

Plié en dix minutes

Gaëtan Bally n’a pas eu énormément de temps pour réaliser le cliché parfait. «En dix minutes, c’était plié. Il a pris environ quarante photos, pas plus», continue le spécialiste. Sur ces 40 clichés, il a fallu en sortir un bon, qui a ensuite été envoyé aux graphistes. La raison de cette «post-production» est simple: l’image a été prise devant un fond vert il a fallu effectuer un montage pour que les joueurs et le staff se retrouvent devant un stade.

Tiens, au fait, comment se sont comportés les joueurs? Se sont-ils chambrés, comme cela peut arriver dans un tel shooting? «Ah non, pas du tout. Rien de tout ça. Ils sont restés très sages», sourit Laurent Gilliéron. Les Suisses étaient (et sont) donc concentrés sur l’objectif. Celui de Gaëtan Bally. Et celui qui les attend en Russie, à savoir sortir du groupe.

«Xherdan Shaqiri s’est retrouvé sur une extrémité. Rien à voir avec le statut ou le talent du joueur»

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