Football: «Tout à coup, t'as le petit bras au moment de servir...»

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Football«Tout à coup, t'as le petit bras au moment de servir...»

Antoine Rey était à Lugano quand les Tessinois, possédant 14 points d'avance à sept journées de la fin, s'étaient fait hara-kiri. Le Vaudois aimerait tellement que le LS monte...

Antoine Rey (à gauche) ne souhaite pas aux Lausannois qu'ils revivent son cauchemar de 2011...

Antoine Rey (à gauche) ne souhaite pas aux Lausannois qu'ils revivent son cauchemar de 2011...

KEYSTONE

Le Lausanne Sport est-il en train de se faire hara-kiri? Les Vaudois qui comptaient 15 points d'avance avant que la pandémie du Covid leur coupe leur élan, ne savent plus gagner, ni marquer. Quatre matches, trois points depuis la reprise tandis que Grasshopper lancé à leurs trousses revient depuis l'arrière comme un boulet de canon. Le LS, qui a dépensé beaucoup d'énergie lors de son match de coupe face au FC Bâle, manque-t-il d'essence dans son moteur tandis que les parties s'enchaînent comme par désenchantement? Plus dure est la chute.

Cette grosse baisse de régime, le Vaudois Antoine Rey l'avait connue alors qu'il était capitaine du FC Lugano. Lors de cette saison 2010-2011, les Tessinois possédaient alors six longueurs d'avance sur Vaduz mais surtout un viatique intéressant de 14 unités sur... Servette et Lausanne à sept journées de la fin. Cela ne les avait pas empêché de se faire coiffer sur le fil par les deux clubs lémaniques. De quoi se poser ensuite plein de questions.

«J'ai bien pensé que vous m'appeliez pour me reparler de ça, se marre l'ancien milieu de terrain du LS et des Bianconeri. Mais il serait préférable que je ne m'exprime pas sur ce mauvais souvenir, car j'ai vraiment envie que Lausanne monte!»

Une question de dynamique

Agé désormais de 33 ans, le bon blond ignore encore aujourd'hui, les raisons pour laquelle son équipe avait coincé dans le sprint final avec ce gros trou noir, dont notamment une lourde défaite 6-0 à domicile face à Servette aussi incompréhensible que suspecte. «Je pense qu'on peut comparer ce phénomène au joueur de tennis, qui possède plein de balles matches et qui a tout à coup le petit bras au moment de servir pour gagner, estime celui qui est devenu employé de banque à Mendrisio. Tu te dis que la prochaine sera la bonne, que tu en as encore d'autres derrière et puis après tu les manques et c'est une question de dynamique qui change de côté.»

On appelle ça «le momentum»

Au hockey sur glace, on appelle ce phénomène assez récurrent dans une saison le «momentum». Antoine Rey se souvient aussi que les Luganais restaient sur douze matches et douze victoires avant d'enchaîner ensuite six revers d'affilée. «D'un autre côté, Lausanne et Servette avaient eu le mérite de renverser la tendance pendant que Vaduz allait également, comme nous, s'effondrer. C'était violent car à la fin on avait le même nombre de points que les Genevois mais on avait été privé du match de barrage à la différence de buts!» Cette année-là, le LS avait été promu et Servette avait remporté le match d'appui contre Bellinzone.

La peur de mal faire, de décevoir, de ne pas y arriver: cela ne s'explique pas. Tout ce qui était facile avant devient tout à coup compliqué, tout le contraire de l'équipe qui revient fort derrière à qui tout réussi. «On encaissait des buts incroyables d'adversaires euphoriques, on perdait des matches sans savoir pourquoi, renchérit le Vaudois. Je me rappelle qu'on gagnait 1-0 à Lausanne et qu'un point nous aurait suffi pour être promu. Eh bien on s'était fait remonter, la baraka n'était plus de notre côté.» Ou quand le ciel vous tombe sur la tête.

Antoine Rey espère bien que l'histoire ne se répétera pas et que le club si cher à son coeur, celui de la Pontaise, rejoigne au plus vite l'élite. «Maintenant les joueurs doivent faire corps pour conclure cette balle de match le plus vite possible. Je sais bien que c'est facile à dire mais il suffirait d'un petit rien pour qu'ils retrouvent cette dynamique. Il y a de la qualité dans cette équipe, des buteurs, la machine ne peut que repartir.» C'est dans tous les cas que l'ancien coéquipier d'Alexandre Pasche à Lausanne espère vivement. «Comme ça je pourrai aller voir jouer le LS en Super League à Lugano la saison prochaine», conclut celui qui a terminé sa carrière pro à Chiasso en 2019.

Maintenant c'est au LS, qui se rend à Aarau vendredi, de ne pas se faire hara-kiri.

Christian Maillard

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