04.09.2020 à 14:16

Cyclisme«Tout le monde a peur des Jumbo-Visma»

Ça devait être un feu d’artifice, c’est un pétard mouillé. Le début montagneux du Tour de France n’a pas inspiré les coureurs.

von
Robin Carrel, Millau
Wout Van Aert et la Jumbo-Visma sont des ogres.

Wout Van Aert et la Jumbo-Visma sont des ogres.

KEYSTONE

Au départ de la 7e étape de la Grande Boucle qui emmène vendredi le peloton sprinter à Lavaur, dans le Tarn, ils étaient encore 22 coureurs à se tenir en 41 secondes au classement général. Une anomalie, en regardant le profil des six premières étapes, dont trois comportaient au moins un col de 1re catégorie sur sa route. Mais un résultat d’une certaine logique, à entendre les coureurs et les suiveurs.

Cette année, aucun contre-la-montre n’est prévu avant le dernier samedi à la Planche des Belles Filles, la veille de l’arrivée à Paris. Le but de tous les cadors est de figurer à son départ avec une chance de victoire finale ou de podium sur les Champs-Elysées. De quoi refréner certaines ardeurs, surtout que l’ultime semaine de course, dans les Alpes, s’annonce corsée.

Un «chrono» aurait permis de creuser des écarts et d’obliger ceux qui s’y sont loupés à aller rattraper le temps perdu dans la montagne, mais les organisateurs en ont décidé autrement. Peut-être que les capacités moyennes des coureurs français dans cet exercice n’y sont pas étrangères, diront les mauvaises langues dont nous ne faisons heureusement pas partie... Dommage, car la course est pour l’instant figée alors que le terrain de jeu proposé était propice à des attaques.

«Même nous dans la voiture, on espérait une petite attaque.»

Julien Jurdie, directeur-sportif d’Ag2r

Julien Jurdie, directeur-sportif d’Ag2r, résume bien le sentiment d’un peu tout le monde sur la Grande Boucle: «Il y a un peu de frustration... On s'attendait à un peu plus de spectacle sur les pentes de la Lusette. Il y avait les ingrédients pour mettre le feu au peloton. L'ensemble des favoris est sur la réserve, on le sent bien. Tout le monde a peur des Jumbo-Visma. Même nous dans la voiture, on espérait une petite attaque. On a vu Fabio Aru sortir, on s'est dit que ça ferait un point d'appui à Tadej Pogacar et que ça allait mettre le feu, mais même pas. Tout le monde est sur un mode d'observation.»

«Les Ineos ont mis un rythme très élevé. Mais pour nous, c’était OK et apparemment aussi pour tous les autres, a dit Roglic jeudi soir. Ce n’était pas totalement plat sur la fin, il y avait du pourcentage, mais ç’a été une bonne journée pour nous. Tout était sous contrôle.» «On n'a pas à se montrer tous les jours, il faut bien choisir ses opportunités, a ajouté son coéquipier Tom Dumoulin. Le Col de la Lusette était trop loin de l'arrivée pour tenter quoi que ce soit. Cette étape a finalement été le scénario idéal pour nous.» Et c’est peut-être bien là le problème. La Jumbo a déjà gagné deux étapes et ses deux leaders seront aussi favoris du contre-la-montre. Elle joue donc sur du velours.

«Tranquille! Tranquille!»

Egan Bernal à son coéquipier Michal Kwiatkowski

Mais voilà, à force de jouer à l’épicier, on peut manquer des opportunités de distancer d’autres favoris pas encore au top de leur forme. Jeudi, c’est Egan Bernal, qui ne semblait pas tout à fait dans son assiette. «J'ai été surpris que le Colombien n'arrive pas à boucher un trou dans la dernière montée, a dit le Néerlandais Bauke Mollema à une télévision de son pays après l'étape. Il n'arrêtait pas de dire 'Tranquille! Tranquille!' à Michal Kwiatkowski dans les 200 derniers mètres. Alors je ne sais pas s'il ne voulait pas aller plus vite ou s'il n'était pas bien...»

Les coureurs testeront-ils le tenant du titre ce week-end, alors que les Pyrénées vont se dresser devant le peloton samedi et dimanche? Ce n’est même pas sûr. Si le sommet de la Lusette était «trop loin de l’arrivée» – selon plusieurs coureurs, dont Thibaut Pinot – que dire des arrivées à Loudenvielle et Laruns? Il y aura 12 kilomètres de descente après le sommet du Col de Peyresourde pour la première et la deuxième se trouvera 18 bornes après le passage du Col de Marie Blanque. La sieste n’est peut-être pas tout à fait terminée...

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2 commentaires
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Mike

04.09.2020 à 15:20

Le tdf est une course d'endurance de 3 semaines. De plus la préparation a été très perturbée cette année et personne ne sait dans quelle forme il sera dans 15 jours. 80% des coureurs sont tombés le 1er jour et toutes les équipes ont des coureurs qui se remettent gentiment. Malgré cela, hier les 2 premières heures de course à 51km/h de moyenne. Peut-être que les journalistes avaient survendu le produit.

Un cycliste en PLS

04.09.2020 à 15:03

Je confirme, nous avons peur des Jumbos Visma. Vraiment.