Votations 15 mai: tout sur Frontex et la participation de la Suisse
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Votations fédéralesTout sur Frontex et la participation de la Suisse

Dans le cadre des Accords de Schengen, la Suisse doit augmenter sa participation au corps de garde-frontières Frontex. La gauche a lancé un référendum pour dénoncer les maltraitances envers les migrants.

par
Eric Felley
Le sigle officiel de l’Agence européenne des garde-frontières et garde-côtes, Frontex. Le peuple suisse votera le 15 mai prochain sur une augmentation de son soutien.

Le sigle officiel de l’Agence européenne des garde-frontières et garde-côtes, Frontex. Le peuple suisse votera le 15 mai prochain sur une augmentation de son soutien.

Frontex

Depuis 2011, la Suisse participe à Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, qui surveille les frontières extérieures de l’espace Schengen, dont la Suisse fait partie depuis 2008. Après la crise migratoire du milieu des années 2010, l’Union européenne a décidé de renforcer cette agence en lui donnant davantage de ressources financières et de personnel. En dix ans, son budget a quintuplé passant de quelque 100 millions d’euros à plus de 500 millions d’euros en 2021.

La Suisse paiera jusqu’à 61 millions de francs par année

En tant que membre de l’espace Schengen, la Suisse est appelée à augmenter sa contribution. Jusqu’ici, elle a fourni en moyenne l’équivalent de six postes à plein temps par an et sa contribution financière s’est élevée à 24 millions de francs en 2021. Cela pourrait passer, d’ici 2027, à 40 postes et 61 millions de francs par année. Le Conseil fédéral et le Parlement soutiennent cette évolution. Cette contribution qui permet de poursuivre la coopération de la Suisse avec les États Schengen et Dublin.

En cas de non, cette coopération serait mise en péril et cela aurait des conséquences sur la sécurité, l’asile, le trafic transfrontalier, le tourisme et l’économie dans son ensemble. Même le conseiller fédéral en charge du dossier, Ueli Maurer, UDC et opposé à l’époque aux Accords de Schengen, a déclaré lors de sa conférence de presse, que la Suisse ne pourrait plus se passer aujourd’hui de cette coopération avec ses voisins. 

Le procès humanitaire de Frontex

Le référendum contre Frontex est venu de la gauche et des milieux proches de l’asile. Selon eux, «Frontex est coresponsable de la politique violente menée contre les personnes migrantes aux frontières extérieures de l’UE». L’agence serait également complice «de violations des droits de l’homme et de refoulements illégaux». Enfin Frontex coopère systématiquement «avec les soi-disant garde-côtes libyens, qui interceptent nombre de bateaux pour les renvoyer de force en Libye». Dans ces conditions: «Des personnes bloquées, violentées et privées de leurs droits fondamentaux se noient, meurent de froid et succombent à des blessures et à des maladies».

1,2 milliard d’euros de Budget Frontex d’ici 2027

Les opposants contestent le développement de cette agence qui a pour vocation de «barricader» l’Europe et de procéder à des renvois forcés: «Pour accomplir ses tâches, elle devra disposer d’ici 2027 d’une armée permanente de 10 000 garde-frontières et de ses propres armes, drones, bateaux et avions. Le budget de Frontex continuera d’augmenter et atteindra 1,2 milliard d’euros par an d’ici 2027».

La question des droits de l’homme n’est pas niée par les partisans de Frontex, mais ils précisent que cette réforme contient aussi un volet humanitaire. Un «officier aux droits fondamentaux» disposera de 40 observateurs qui pourront se rendre sur les zones d’intervention pour constater les éventuelles violations. Le cas échéant, ils feront en sorte que des mesures soient prises.

Pour en savoir plus, la vidéo officielle du Conseil fédéral.

Conseil fédéral

Les votations fédérales du 15 mai 2022

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