06.08.2020 à 11:58

Jura«Tout va mieux à la piscine, sans les fauteurs de troubles français»

L’agent de sécurité posté à l’entrée est très satisfait de l’interdiction de baignade signifiée aux non-résidents, même si les familles en pâtissent. Reportage dans la piscine qui provoque des remous.

par
Vincent Donzé
L’agent de sécurité Jean-Marc Vallat a retrouvé le sourire à l’entrée de la piscine de Porrentruy.

L’agent de sécurité Jean-Marc Vallat a retrouvé le sourire à l’entrée de la piscine de Porrentruy.

V.Dé

Le beau temps est revenu à la piscine de Porrentruy, et depuis mercredi, l’affluence va en augmentant. Une semaine après l’interdiction d’accès signifiée aux non-résidents, il n’y avait pas foule. «LeMatin.ch» paie six francs son entrée, sans sortir sa carte d’identité. «Pas la peine, on est physionomiste», sourit la caissière. L’agent de sécurité Jean-Marc Vallat était tout sourire: «Tout va mieux à la piscine, sans les fauteurs de troubles français».

Exclure les étrangers? La mesure prise par le Conseil municipal de Porrentruy est jugée discriminatoire par une frange de la population et par des politiciens qui ne sont pas tous de gauche. Mais à la piscine, les habitués ajoulots applaudissent: «Ouste, les casseurs! C’est mal fait pour les familles, mais c’est mieux comme ça», disent trois retraités en sortant de la piscine.

Mercredi à 14 heures, ce n’était pas encore la foule dans les bassins et sur les pelouses.

Mercredi à 14 heures, ce n’était pas encore la foule dans les bassins et sur les pelouses.

V.Dé

À la police municipale, aucune dénonciation n’est parvenue au commissaire Dominique Vallat. «Aucun contrevenant n’a été refoulé. La mesure a été bien comprise», indique ce policier. À l’entrée de la piscine, c’est son frère qui surveille les entrées à l’enseigne «ProtectSécurité»: «Avant l’interdiction, on a expulsé des jeunes frontaliers entrés en enjambant le grillage. On les repérait facilement», indique Jean-Marc Vallat.

Responsable de la piscine, Thomas Schaller est satisfait: «Les utilisateurs nous disent «merci» tous les jours». Jean-Marc Vallat renchérit: «Les gens sourient en mode vacances, alors qu’avant, à cause des fauteurs de troubles, ils étaient tendus. Certains détenteurs d’un abonnement renonçaient à venir.»

Bagarre générale

Il est moins question de contamination que d’incivilités: on s’insultait, on se poussait, mais pas seulement: le 30 juin 2018, les perturbateurs interdits de périmètre à Porrentruy se sont rabattus sur la piscine de Delémont, où ils ont provoqué une bagarre générale qui s’est conclue par un traumatisme crânien et une fracture d’un doigt. La justice jurassienne a prononcé douze condamnations. «À Delémont, ce n’était chaud qu’un jour, mais à Porrentruy, c’était tous les jours», rapporte Jean-Marc Vallat.

«Tu as du boulot?» demande un baigneur à l’agent de sécurité. «Non, le gros est passé», répond Jean-Marc Vallat. Sans les frontaliers, c’est un tiers du public en moins. Son soulagement est véritable: «Avec ou sans les casseurs, c’est de l’eau ou du vin!» glisse-t-il.

Responsable de la piscine, Thomas Schaller est satisfait: «Les utilisateurs nous disent «merci» tous les jours».

Responsable de la piscine, Thomas Schaller est satisfait: «Les utilisateurs nous disent «merci» tous les jours».

V.Dé

Rencontrée sur le parking, une famille française hausse les épaules: «On accepte la mesure». Pardon? «Nous la regrettons, mais nous la comprenons: il nous reste les lacs et les rivières», précise l’épouse. Et les piscines françaises? «Elles sont fermées! Et quand elles sont ouvertes, l’entrée est trop chère vu la vétusté des infrastructures».

À la place d’un plongeon, cette famille venue en voisin d’Hérimoncourt (F) a pris du bon temps à côté de la patinoire qui jouxte la piscine, chez le concessionnaire suisse de Lamborghini. «La Suisse a raison d’être stricte avec la pandémie. La France ne l’est pas assez», disent ces touristes d’un jour.

Sur les chemins d’accès à la piscine, il est indiqué que l’accès est réservé aux personnes domiciliées en Suisse.

Sur les chemins d’accès à la piscine, il est indiqué que l’accès est réservé aux personnes domiciliées en Suisse.

V.Dé

Au parking, mercredi autour de midi, les immatriculations étaient jurassiennes pour l’essentiel, avec un VD, un ZH et un BS et quelques plaques françaises. Pas uniquement des Francs-Comtois venus en voisins, mais des Bretons, des Lorrains, des Bourguignons et des Alsaciens qui, s’ils dorment à l’hôtel ou au camping, ont accès à la piscine.

Le week-end s’annonce chaud, avec une capacité maximale de 1 300 personnes. Mercredi en début d’après-midi, l’eau avait 24° et l’air était mesuré à 33° sur un mur orienté plein Sud. «Ce thermomètre est déjà monté à 45°», précise Jean-Marc Vallat, en montrant les barrières enfoncées dans le bitume ramolli. Mais la fréquentation de la piscine reste suspendue à une décision du gouvernement jurassien, qui a demandé un avis de droit sur la légalité de l’interdiction faite aux non-résidents.

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85 commentaires
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ViveLaSuisse

07.08.2020 à 22:47

Le triste résultat du socialisme en France, de l'immigration non choisie. D'ailleurs la jeunesse socialiste suisse et les verts jurassiens sont contre cette interdiction, donc pour le sacrifice du bonheur des suisses. Les choses sont claires, pour des idées soit-disant humanistes, on sacrifie son propre pays... Bravo au maire qui protège les habitants de sa commune !

Rom

07.08.2020 à 18:17

Regarder un peu l'actualité et les problèmes de banlieue à Montbéliard : 30 voitures d'incendié durant le seul mois de juillet 2020! Nous n'avons pas à subir les problèmes que la France ne sait pas gérer depuis plusieurs dizaines d'années. Nous sommes ouvert à tous, pour autant qu'ils soient un minimum civilisés!

Gauchecuck

07.08.2020 à 17:53

Merci à Mohktar et à Sofiane