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Migrants naufragésTragédie de Lampedusa: «Plus jamais ça!»

La ministre italienne de l'Intégration Cécile Kyenge a lancé un appel dimanche depuis Lampedusa pour qu'il n'y ait «plus jamais de telles tragédies» et que l'accent soit mis à l'avenir sur la «prévention».

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Des immigrés clandestins africains effectuant la traversée jusqu'à  Lampedusa.

Des immigrés clandestins africains effectuant la traversée jusqu'à Lampedusa.

AFP
Eurosur doit permettre «d'éviter des tragédies» comme celle qui vient de se produire à Lampedusa.

Eurosur doit permettre «d'éviter des tragédies» comme celle qui vient de se produire à Lampedusa.

AFP
Le drame de Lampedusa: d'après les garde-côtes, il semblerait que le bateau transportait entre 400 et 500 immigrés clandestins lorsqu'il a coulé.

Le drame de Lampedusa: d'après les garde-côtes, il semblerait que le bateau transportait entre 400 et 500 immigrés clandestins lorsqu'il a coulé.

Keystone

La ministre italienne de l'Intégration Cécile Kyenge a remercié les équipes de secours qui sont intervenues dans le tragique naufrage qui a coûté la vie à plus de 300 migrants au large de Lampedusa, alors que dans la journée une quinzaine de nouveaux corps ont été repêchés.

Cécile Kyenge s'exprimait devant la presse après avoir assisté à l'arrivée dans le petit port sicilien de seize corps de migrants retrouvés quatre jours après le naufrage de leur bateau clandestin. La remontée des corps, interrompue vendredi pour cause de gros temps, a recommencé ce dimanche.

«Nous ne pouvons plus accepter de telles tragédies, il faut une politique de prévention», a-t-elle préconisé. Elle a ensuite remercié toutes les forces (pompiers, garde-côtes, police douanière, etc) qui s'activent depuis jeudi pour récupérer les corps après avoir déjà sauvé 155 passagers du bateau.

L'Italie demande «une attention particulière à l'Europe», a indiqué Cécile Kyenge, sans donner davantage de détails, alors que les ministres européens de l'Intérieur doivent débattre de la question de l'immigration mardi à Luxembourg. «Chacun doit agir en fonction de son rôle», a-t-elle déclaré.

La ministre a répété son souhait que l'Italie modifie une loi qui considère actuellement comme des «suspects» tous les immigrants clandestins. Selon elle, des changements «seront discutés» prochainement au sein du gouvernement gauche-droite d'Enrico Letta.

Elle a aussi dénoncé «l'absurdité» de voir les rescapés du naufrage de Lampedusa faire l'objet d'une enquête comme des délinquants. «Quelqu'un qui fuit la guerre ou un conflit ne peut pas se retrouver dans cette situation, nous avons des normes sur le droit d'asile et la Constitution» qui devraient les protéger, a-t-elle argué.

Couloirs humanitaires

CécileMme Kyenge a aussi raconté avoir vu, dans le hangar de l'aéroport, les cercueils des défunts et rencontré les rescapés qui lui ont demandé de tout faire pour récupérer les corps, car «ils veulent pouvoir pleurer leurs proches».

En provenance surtout d'Erythrée, passés par la Libye, ils lui ont expliqué «l'enfer dont ils proviennent, les situations traversées», a-t-elle dit, soulignant avoir rencontré les représentants d'associations qui ont réclamé des «couloirs humanitaires» pour les migrants.

Il faut des réponses «non seulement au niveau européen mais aussi au niveau international», a-t-elle dit. Cécile Kyenge a enfin remercié les habitants de Lampedusa, «une île pleine du sens de l'accueil et qui doit être aidée». Elle a enfin estimé qu'il fallait «sortir de la situation d'urgence (en matière d''immigration)» que vit la petite île sicilienne depuis maintenant plus de dix ans.

(ats)

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